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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 20 mai 2013
Sa note : 16/20

LINE UP

-Fabban
(chant+basse+synthé)

-Paolo
(guitare+claviers+programmation)

-Bard "Faust" Eithun
(batterie)

TRACKLIST

1) Irreversible Crisis
2) Across the Universe
3) Dirty
4) Bleedthrough
5) Raped by Daddy
6) I don't Know
7) The Factory of Death
8) Helter Skelter Youth
9) Face the Reptile
10) The Day the Sun Stopped Shining

DISCOGRAPHIE

Generator (2006)
Psychogrotesque (2010)
Dirty (2013)
Shifting.Negative (2017)

Aborym - Dirty
(2013) - black metal electro - Label : Agonia Records



Aborym, c'est quoi au juste ? La fertilisation du black metal par l'electro/techno ? La rencontre interdite de 2 genres qui n'ont pas le droit de se marier ? Certes, si vous le voulez, mais de tout ça, on s'en contrefout au final car Aborym ça a avant tout et surtout été de la bonne musique extrême. Generator les a apportés au sommet avec l'arrivée, enfin, d'un vrai batteur. Psychogrotesque a transcendé leur côté grand guignol. Dirty se doit donc d'être plus fou s'il veut avoir une chance d'abreuver le moulin.

Heureusement il déboule immédiatement avec un énorme blast qui va mettre les choses directement au clair : Aborym ne rigole pas et ne s'est toujours pas mis à la happy techno. Le son gras des guitares, dans la droite lignée de Psychogrotesque apporte une pointe death. Et les machines... Ah les machines !! Omniprésentes, omnipotentes et inarrêtables, elles ne sont bien évidemment pas en soi une surprise tant le groupe les a incorporées dans sa musique dans le passé, accentuant même leur empreinte sur Psychogrotesque. Pourtant il semble bien que Dirty marque une étape supplémentaire encore tant les claviers, synthés et tout le toutim sont plus qu'un fond sonore mais forment bien l'ossature de l'album. Assez peu black metal, Dirty se démarque surtout par son utilisation intensive de toutes les composantes possibles du monde electro/techno/indus. Les seules indications black metal résident dans le chant, encore une fois raclé, et dans de légers riffs venus du Nord. Légers.
Le plus clair du temps, Dirty se complaît dans un metal généralement extrême, piochant sans vergogne dans le death et sans concession dans un monde d'obédience électronique. Ca a déjà été relevé dans la chronique, et il faut insister ici, les machines sont omniprésentes. Vous ne pourrez pas apprécier cet album si vous n'acceptez pas un tant soit peu cohabiter avec elles. Mais si vous l'acceptez, vous serez récompensés, car Dirty est une mine de musique, riche, complexe et torturé en évitant de plonger dans l'indigeste. Il faut d'ailleurs souligner, et probablement saluer, l'incroyable dynamisme de ce disque qui ne laisse aucun temps mort. Les rythmes s'enchaînent, les mouvements musicaux se succèdent et c'est sans jamais baisser la garde que l'auditeur doit écouter sous peine de laisser passer la substantifique moelle. On doit également remercier les Italiens de n'être pas tomber dans le piège d'oublier d'où ils viennent : le black metal, le metal extrême. C'est naturellement que la violence éclate à tout moment.
Cependant, cette violence n'est pas la composante principale des compositions, c'en est fort heureux. La richesse ici déployée ne l'autorise pas et il faut s'attendre à profiter de passages purement synthétiques où les instruments classiques du metal se taisent. Le chant clair apparaît fugacement en prenant son temps tandis que les claviers ont la bonté de se muer en piano le temps de divines interventions. C'est bien l'ensemble de toutes ces différences qui créent le maelström foisonnant de la musique d'Aborym. S'il faut oser la comparaison, Dirty est plus fou que son prédécesseur, il part plus dans tous les sens mais maintient une cohésion musicale indispensable à sa bonne écoute. Il est d'ailleurs remarquable que les parties où le kiff se fait le plus intenses sont les beats technoïdes excessivement simples de "Dirty" et "Helter Skelter Youth" (rien à voir avec les Stones) qui donnent vraiment envie de bouger dans tous les sens.


Ce Dirty est bel et bien salement bon. Peuplé de machines bien lustrées tout en crachant de la fumée de tous leurs pores, l'album annonce clairement une nouvelle étape dans le mélange des genres dans le metal extrême. Evident, abondant et naturel. Aborym réussit de plus en plus impeccablement à se positionner comme unique.


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