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CHRONIQUE PAR ...

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Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 17 mai 2013
Sa note : 16.5/20

LINE UP

-Mariangela Demurtas
(chant)

-Kjetil Nordhus
(chant)

-Gyri Smørdal Losnegaard
(guitare)

-Anders Høyvik Hidle
(guitare)

-Ole Vistnes
(basse)

-Tarald Lie
(batterie)

TRACKLIST

1) Number
2) Darkest White
3) Himmelfal
4) Requiem
5) Diagnosis
6) Scarling
7) Night on Earth
8) Lavender
9) Cypher
10) Arteries

DISCOGRAPHIE

Beyond the Veil (1999)
Ashes (2005)
Illumination (2007)
Rubicon (2010)
Darkest White (2013)

Tristania - Darkest White
(2013) - gothique - Label : Napalm Records



Une renaissance, une résurrection, j'en sais foutrement rien, appelez ça comme vous voulez. Je ne sais pas ce qu'ils ont pris : non seulement c'est de la bonne, mais on souhaiterait qu'ils en achètent un peu plus et fassent des stocks en prévision. Parce que là, c'est carrément bien et ça fait plaisir ! Avant que vous ne pensiez que je deviens folle, il va falloir que j'explique de quoi je parle : du nouvel opus de Tristania. Je n'attendais plus rien d'eux, surtout après Rubicon qui creusait plus profondément encore la tombe de leur conformisme. Mais ça, je ne l'avais pas vu venir …

Darkest White est totalement différent des prédécesseurs, et surtout de la période Illumination / Rubicon, qui avait tant affecté l'intégrité de leur musique et la beauté des ambiances que seuls ces norvégiens savaient poser. Là, terminé le virage Lacuna Coil période récente, place à un metal bien plus agressif et sombre à la fois. Un peu comme si le combo, parfaitement conscient des échecs des œuvres précédentes, décidait de se remettre dans le bain et de tout faire pour éviter de retomber dans les mêmes pièges. Et, non seulement c'est très réussi mais, en plus, l'ensemble est suffisamment intègre et accrocheur pour ne pas lasser au bout de quelques écoutes. La recette d'un tel succès n'est pas aussi simple qu'elle y paraît, et il fallait une sacré remise en question pour que la formation norvégienne décide de se remettre sur les rails, notamment après les moult changements de line-up de ces dernières années.

En parlant de ces membres, l'un, ou plutôt l'une, contribue clairement à la réussite de ce Darkest White. Mariangela Demurtas assure, et pas qu'un peu. Si certaines atmosphères sont aussi prenantes et aussi belles, c'est d'abord grâce à son interprétation sans faille. En plus de se payer le luxe d'être techniquement impeccable, la jeune italienne sait varier son chant pour y mettre à la fois de la puissance, de la fragilité, de l'émotion, se transformer en ce qu'elle veut selon la nécessité du titre. Preuve en est sur la touchante ballade "Lavender", où elle délivre une performance dans un registre à fleur de peau qui est sublime. Mais pas cet exemple n'est pas isolé. Sa ressemblance avec Anneke dans "Diagnosis" est troublante, et fait rêver. Tristania semble avoir trouvé chaussure à son pied en matière de voix féminine. Alors oui, la demoiselle est complètement différente de Vibeke. Mais elle parvient à ajouter sa touche à elle sans dénaturer ce qui fait la beauté du groupe. Rien que pour ça, on ne peut que l'applaudir.

La réussite globale n'est donc pas seulement vocale, mais repose également sur tout un ensemble. Comme mentionné ci-dessus, la nouvelle direction musicale fait un bien fou à Tristania, qui démontre qu'ils ont la capacité de se renouveler tout en conservant leur identité. "Number", à titre d'exemple, possède la marque de fabrique du combo mais en y apposant un petit quelque chose de plus. Non seulement une bonne dose d'agressivité apportée par des riffs se rapprochant presque du black metal, mais également grâce à un retour en force du chant extrême sur la majorité des pistes. Et ce refrain bourré d'émotions ne fait qu'enfoncer le clou et démontrer que Tristania nous fait un retour en force, bien loin d'un "Year of the Rat" ou d'un "Protection". Le titre de l'album correspond finalement bien à son contenu.

On notera aussi des teintes plus industrielles sur l'éponyme "Darkest White" morceau qui met en valeur le talent de Kjetil Nordhus, dont la voix claire est aussi très bien représentée. Mais ce titre, plus calibré single, est assez éloigné du reste. Pour ainsi dire, on pense pas mal à du Anathema ou à du The Gathering vieille époque. Même quand le propos se veut plus direct avec des refrains entêtants ("Requiem", "Night on Earth"), le groupe parvient à éviter de commettre les erreurs du passé. C'est un peu comme si un nouveau chapitre qui s'ouvrait à eux, grâce à cette exploration de nouvelles teintes musicales. "Scarling" ou "Arteries" ne sont pas vraiment des morceaux qu'on penserait pondus par Tristania au premier abord, mais force est de constater que le résultat est aussi bon qu'il est surprenant.


Voilà, en 2013, la formation norvégienne a pris de très bonnes résolutions et offre avec Darkest White un opus excellent de bout en bout, bien plus inspiré que tout ce qu'ils ont pu faire depuis des lustres. Les nouvelles voix rassurent enfin, et démontrent qu'elles sont en mesure d'être les dignes représentantes de Tristania (avec une mention spéciale pour Mariangela). Certains devraient en prendre de la graine … n'est-ce pas Lacuna Coil ?


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