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CHRONIQUE PAR ...

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Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 18/20

LINE UP

-Rob Halford
(chant)

-K.K.Downing
(guitare)

-Glenn Tipton
(guitare, Piano)

-Ian Hill
(basse)

-Simon Phillips
(batterie)

TRACKLIST

1)Sinner
2)Diamonds and Rust
3)Starbreaker
4)Last Rose of Summer
5)Let Us Prey/Call for the Priest
6)Raw Deal
7)Here Come the Tears
8)Dissident Aggressor
9)Race With the Devil (réédtion)
10)Jawbreaker (Live - réédition)

DISCOGRAPHIE


Judas Priest - Sin After Sin
(1977) - heavy metal - Label : Columbia



Fut un temps où Judas Priest ne se contentait pas seulement de nous pondre des hymnes de heavy-metal avec 2 pauvres riffs (bon j'exagère à peine !!!) dans chaque chanson mais faisait aussi preuve de créativité, comme tous les groupes de metal et de prog dans les années 70 ! Le Priest a toujours été bien ancré dans son époque et celle des 70's en fait heureusement partie. Evidemment, des hymnes metal, il y en a quand même quelques uns comme l'imparable "Dissident Aggressor" (que Slayer reprendra plus tard) mené de main de maître par les riffs acérés de la paire Tipton/Downing et le chant remarquable de Rob Halford, mêlant habilement montée dans les aigues et une grande puissance pour les passages agressifs (puissance que pas mal de chanteurs metal n'ont pas, à commencer par King Diamond, hum, personne n'arrive à la cheville du grand Rob de toute façon. Personne n'est capable de transcender un morçeau de heavy-metal comme lui le fait !). Dissident Aggressor, en plus d'être un hymne, est surement un des morçeaux de metal les plus puissants que je connaisse... et surtout ce qui tue le plus, c'est la recherche de cette composition, bien moins basique qu'on pourrait le croire.

Tout un art dans ces riffs qui tranchent avec autant de finesse qu'une lame de rasoir, et qui sont bien mis en valeur par la production remarquable de Roger Glover. Peut être que le tout sonne un peu "light" quand on compare avec la véhémence du live Unleashed in the East, peut être un peu trop produit pour l'époque, enfin quand même, je crois pas qu'un album de Judas Priest n'ait déja été aussi bien produit. Sin After Sin est donc loin de se limiter à des morçeaux de heavy-rock carrés format 4 minutes, alors que ce groupe a toujours été réputé pour ça ! A part Starbreaker (un heavy-rock un peu simpliste, mais efficace), aucune chanson sur ce disque ne sonne vraiment basique, et surtout, à cette époque, il reignait une grande liberté artistique dans le hard-rock, il n'y avait pas encore de règles et de clichés à respecter coûte que coûte ! Par exemple, quelques titres de cet album n'aurait jamais pu être enregistré dans les années 80 sinon le groupe se serait fait lyncher par ses fans, comme les 2 magnifiques ballades, "Last Rose of Summer", qui aurait presque pu figurer sur un album de progressif de l'époque, et "Here Come the Tears", plus torturée et mélancolique, ainsi que la magnifique reprise de Joan Baez, "Diamonds and Rust", qui est ici dans sa meilleure version (mieux que sur les lives).

On a aussi droit à 3 morçeaux qui s'étendent sur de longues parties instrumentales, pour notre plus grand plaisir : le classique "Sinner", surement la meilleure compo de tous les temps de Judas Priest, tout y est parfait, et son frère-jumeau "Let Us Prey", un peu moins inspiré mais plus speed, qui sont tous les 2 construits sur les mêmes structures, et "Call For the Priest/Raw Deal", moins rentre-dedans, dans un style de heavy assez atypique en fait. Putain, des parties instrumentales comme sur ces titres, le Priest nous en livrera jamais autant dans le futur, et pourtant cela contribue à donner une dimension épique, avec des contrastes toujours bienvenus. Un coup, tout le monde se met à jouer tout doucement, pour après mieux repartir, et boom solos qui tuent, etc... En cela, faut pas chercher bien loin d'où viennent les fameuses parties instrumentales à rallonges d'Iron Maiden, et c'est bien là où sont réunis les moments les plus forts chez Maiden. Seulement chez Judas Priest, les parties chantées suivent et sont aussi très accrocheuses, alors que chez Maiden, cela n'a pas toujours été le cas, et trop souvent à mon avis les couplets sont d'une grande platitude par rapport aux parties instrumentales. La faute à Bruce ?!


Sur tout le disque, la musique est assez austère, comme la pochette d'ailleurs, et au niveau de l'écriture et la diversité des morçeaux, c'est sans conteste le meilleur album de Judas Priest, bien devant British Steel et Painkiller.


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