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CHRONIQUE PAR ...

85
JC
Cette chronique a été mise en ligne le 11 mai 2013
Sa note : 14/20

LINE UP

-Jesse Matthewson
(chant+guitare)

-Andrew LaCour
(chant+basse)

-Shane Matthewson
(batterie)

TRACKLIST

1) Counter Cultur Complex
2) No ; I'm in Control
3) Your Heartwarming Story Make Me Sick
4) The Terror Pulse
5) The Promises of God
6) Romeo Must Never Know
7) Secret Vasectomy
8) Figure Your Life Out
9) Daeodon
10) Why Don't You Just Quit ?
11) Monomyth

DISCOGRAPHIE

Entrench (2013)

Ken Mode - Entrench
(2013) - hardcore Noise hardcore - Label : Season Of Mist



Si pour toi il n'est bon de retenir de la scène rock Canadienne qu'Avril Lavigne et Nickelback, ou pire, si ta connaissance de cette scène musicale se limite à Justin Bieber alors ceci t'es adressé : ne désespère pas ! Car vois tu, en creusant un peu tu pourras te rendre compte que les buveurs de sirop d'érable sont loin d'être à la ramasse niveau « qualité » sonore. Plusieurs formations méritent le coup d’œil et Ken Mode compte parmi celles-ci.


Ce dernier opus offert par les Canadiens aura d'ailleurs été relativement attendu. En vue de la qualité plutôt constante de leur productions passés, il était fort à parier (et à espérer) qu'Entrench ne dérogerait pas à la règle. Pas la peine de passer par trente six mille chemins ; le trio accorde ses violons afin de rentrer directement dans le vif du sujet en offrant une musique barrée, sauvage ("Your Heartwarming Story Make Me Sick") et que l'on sent parfois presque vouloir flirter avec la dissonance. "Counter Cultur Complex", premier titre de l'album ne fait que commencer que la musique du combo arrive déjà à faire mouche. Riffs brutaux, mélodiques, entrecoupés de brèves envolées limite schizophréniques sont de la partie. Sacrée accroche. Mais plus que la brutalité, Ken Mode semble vouloir plus particulièrement entretenir l'atmosphère menaçante de ses compositions ("No ; I'm in Control", superbement paradoxal si l'on compare le titre et la saveur du morceau).


Derrière ces « nappes » quasi atmosphériques de guitares saturées, ces riffs chirurgicaux et une basse gerbante ne se cache effectivement pas que compositions concises et violentes. Une alternative nous est offerte afin de pouvoir nous extirper, l'espace de quelques instants, de ce qui pourrait vite paraître comme un « trop plein ». Ken Mode sait se poser et offrir des compositions plus longues ("Romeo Must Never Know") faisant la part belle à un chant plus doux et à une musicalité posée. L'auditeur voit ses esgourdes épargnées quelques instant sans pour autant être, lui, apaisé. La noirceur est toujours là, cachée derrière quelques accords. Le groupe réussit l'exercice de composer des morceaux plus longs sans perdre l'auditeur mais ne se montre malheureusement pas non plus maître incontesté en la matière ("Daedon", "Figure Your Life Out"). Deux facettes qui montrent que le groupe parvient aussi bien à faire rimer lancinant qu'avec excellent et emmerdant.


L'album pourra souffrir aux yeux de certains de ce que l'on appelle communément l'essoufflement. A commencer trop fort il fallait s'attendre à ce que la fin soit en demie teinte. Mais voilà, le trio parvient à sortir deux dernières compositions accrocheuses, à défaut d'être monstrueuses, et arrive à clôturer son album de manière cohérente et appréciable. "Monomyth" dernier titre de l'opus, se voit être une piste réellement atmosphérique qui tire cette fois plus vers la mélancolie. Idéal pour mettre un terme à cet aspect menaçant et cette noirceur évoquée plus haut. Cette atmosphère justement, se trouve être très bien mise en forme. La production et le mix fait sur l'album se révèle juste et harmonieuse (Le grain de basse rajoutant un réel plus). L'intervention de Matt Bayles (Mastodon, Isis) y a probablement apporté quelque chose et permet de faire dégager à cette musique son petit quelque chose qui lui est propre. Musique que l'on pourrait d'ailleurs assez facilement rapprocher d'un certain combo bostonien
.



Même s'il souffre de longueurs et d'une petite irrégularité Entrench reste un album réussi, solide et doté de certaines perles qui trouveront très certainement preneur pour les aficionados du genre, voir même au delà. Alors tu vois, au Canada aussi ils savent nous botter le derrière.



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