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CHRONIQUE PAR ...

7
Count D
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Ruoja
(chant+guitare+claviers)

-Atoni
(basse)

-Malakias III
(batterie)

TRACKLIST

1)Hurmasta
2)Raato
3)Säälin koira
4)Lautuma
5)Eksyneet
6)Hirsipuulintu
7)Tahtomattaan syntynyt
8)Koito
9)Syntyni
10)Outro

DISCOGRAPHIE

Äpäre (2006)
Noitumaa (2009)

Ajattara - Äpäre



Ajattara revient pour la quatrième fois avec Äpäre, la pure et sombre lignée de Tyhjyys. Le groupe de l’ex-Amorphis reprend du service et continue son office avec un black/doom/thrash d’apparence simpliste mais baigné d’une ambiance poétique et propre. Assez discret quant à la communication qui entoure ce groupe finlandais, il ne faut pas pour autant se dispenser d’y porter de l’intérêt car il y a de fortes chances que plus d’un soit séduit.

Äpäre s’écoute comme l’expression simple et glauque d’une musique tout de même inspirée, dénuée de toute démonstration technique et de broderies orchestrales, bien que les claviers occupent ici une place importante comme dans les réalisations précédentes. On ne dira pas qu’il y a du génie dans Ajattara mais on sera surpris par l’effet de sa musique sur nos petits esprits, à la fois percutante et insidieuse. Les riffs sont simples, carrés, et les batteries dépassent rarement le mid tempo pour ne pas dire un tempo lourd et plutôt lent. Tantôt bizarre et torturé, tantôt cru, ce Äpäre a de quoi nous offrir tout au long de ses dix titres de longueur moyenne (une bonne demi-heure au total) de bien bonnes choses.

Sur une musique crue, Ajattara écrase l’ambiance avec une ombre atmosphérique constante et lourde, voire inquiétante. C’est le cas dès les premières notes avec "Hurmasta" et son début assez tordu, la petite pointe mélodique intelligente à la The Vision Bleak (en moins orchestral). Les riffs s’imprègnent d’une saveur étrange, inspirée à la fois d’une dynamique scandinave et d’une lourdeur ambiante grecque. Afin d’exprimer l’obscurité de cet album, il faudra se pencher sur "Itse", lourd dès le départ avec son intro de piano et la redondance d’un thème au final assez malsain. Quelques samples ou ambiances particulières sont parsemées sur Äpäre, sans pour autant en faire une vitrine expérimentale. La plus éloignée d’un metal traditionnel est "Syntyni", sans guitare, et ressemble à un mélange de musique de film de peur mêlé à une pincée d’orientalisme bien senti. Une bien belle manière de finir un album! Ces composantes se retrouvent sur d’autres titres de manière plus discrète sous forme de samples électronisant comme "Eksyneet". En plus de se vouloir presque oriental en introduction, ce dernier possède un charisme à la Thyrane avec un métal plus radical et une basse moitié saturée.

Ajatarra n’en oublie pas pour autant son métal et ses riffs puissants, le titre correspondant le plus violent étant "Hirsipuulintu", avec son passage black atmosphérique excellent. Plus carré et presque avec la froideur de SUP, "Raato" débarque sur un riff puissant et sec, bien thrashy, représentant bien le charisme des guitares sur cet album. Il ne faut pas oublier dans tout cela le chant de Ruoja (Pasi Koskinen), vraiment très bon, froid et extrême bercé en même temps d’un poétisme discernable, allant jusqu’à rouler les ‘r’. Concrètement, les vocaux ajoutent une très grande dimension malsaine et agressive, parfois moitié chanté/hurlé. On regrettera que ce disque ne dure pas plus de la demie heure, vu l’énergie qu’il déploie. Ces finlandais montent doucement et discrètement vers une sphère qui dans le futur leur donnera j’espère quelques lauriers. Cet album est à écouter chez soi et plusieurs fois pour être pleinement touché par son attraction singulière, comme tout travail d’Ajattara.




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