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CHRONIQUE PAR ...

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Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 08 mai 2013
Sa note : 14/20

LINE UP

-La Sale Famine De Valfunde
(chant+guitare+harmonica)

-Andy Julia
(batterie)

-Sainte Audrey-Yolande de la Molteverge
(chant+piano+orgue)

-Ragondin
(basse)

TRACKLIST

1) Neire Peste
2) La Mesniee Mordrissoire
3) Ballade Cuntre Les Anemis De La France - De François Villon
4) Concerto Pour Cloportes
5) La France Bouge - Par K.P.N. (Chant de l'Action française)
6) A La Mortaille!
7) Vespre
8) Rance Black Metal De France
9) Requiem Pour Nioka (à un berger-allemand)
10) Soleils Couchants - De Verlaine

DISCOGRAPHIE


Peste Noire - Ballade Cuntre Lo Anemi Francor
(2009) - black metal médiéval nationaliste - Label : De Profundis Editions



Nombreux avaient été ceux que Folkfuck Folie avait déçu, après un La Sanie des Siècles faisant l'effet d'une bombe dans l'underground black metal français. De l'aveu de son auteur, le précédent méfait n'était destiné qu'à dégager les fans d'Alcest qui parasitaient son auditoire. Cette tache accomplie, la question de la succession se pose. Que va pouvoir nous offrir la Sale Famine de Valfunde après les deux disques précédents?

Ballade Cuntre Lo Anemi Francor est l'opus représentant le mieux l'aspect ultra-nationaliste de PN, et par extension, de Famine. L'introductive "Neire Peste" pose le décor avec ce fameux « Il faut que la France redevienne la France », délicatement provocateur. Les chants guerriers scandés au début de "La mesniee Mordrissoire", et "Rance Black Metal de France", ajoutés à la reprise d'un chant de l'Action Française (où le mot juif est remplacé par vil, afin de ne pas encourager ceux qui accusent la formation de nazisme), contribuent à faire de Ballade l'opus le plus franchouillard. Le magnifique « Sieg Hell » de la "Mesniee Mordrissoire", presque inaudible, ne fera d'ailleurs qu'alimenter la polémique, donnant aux détracteurs des arguments supplémentaires. Les textes également, sont marqués par un fort aspect martial, et seules "Rance Black Metal de France" et "Soleils Couchants", tirée du poème de Verlaine, traitent de sujets différents.

La production ne s'est guère améliorée depuis
Folkfuck Folie. Les guitares ne sont pas aussi raw que précédemment, mais il arrive que le son sature par moments. Ce n'est pas réellement un problème en soi, et les puristes s'en réjouiront, mais les oreilles fragiles devront s'adapter. La musique prend aussi un aspect franchement plus rock, avec des moments de mélancolie renvoyant à Valfunde, projet solo du chef d'orchestre derrière PN. La gaieté est également de mise sur certains passages ("Ballade Cuntre Lo Anemi Francor"), assez étrangement, pour un manifeste de l'Art noir. Le son grésillant aide d'ailleurs bien ce nouvel aspect, comme l'illustre "A La Mortaille!", dont le riff en arpèges ressort mieux avec cette impression de cliquetis. Plutôt court, l'album n'est constitué que de cinq réels morceaux, les autres n'étant que des interludes, dont certains ne font que renforcer l'aspect "fierté nationale" pourtant déjà largement assez appuyé par le reste.

Le ton vert de l'artwork de l'album n'est d'ailleurs pas innocent : Peste Noire cuvée 2009 nous renvoie encore plus que précédemment au Moyen-Âge, où la nature était encore partie intégrante de la vie. Bas ou haut, peu importe, du moment que les festoieries païennes et autres batailles conquérantes soient de la partie. Contrairement à ce qu'il affirmait haut et fort dans une interview (à savoir qu'il ne voulait pas faire de black humaniste), Famine se rapproche ici plus que jamais de l'homme, en prônant la fraternité générale contre les ennemis de la France. Prenant sa couronne de ménestrel fou, il se fait le narrateur d'épopées guerrières épiques, tout en rendant hommages à la terre de ses ancêtres, oubliant presque que ça tend la bite (j'ai honte), et ne faisant pas référence à Sa Grandeur plus d'une ou deux fois. Peut-être l'harmonica démoniaque de "Rance Black Metal de France" joue-t-il des notes impies afin de l'invoquer ?


Opus versant franchement dans le nationalisme idéologique, et n'offrant qu'un contenu limité par rapport à ses deux prédécesseurs, Ballade peut décevoir, malgré des morceaux témoignant d'une évolution intéressante. Les nostalgiques de la Sanie regretteront les longues incartades acoustiques de "Phalènes Et Pestilence", tandis que les fans de Folkfuck (ça existe?) trouveront le son trop propre. Peste Noire poursuit son évolution, se fichant de désappointer ou non ses auditeurs, et n'obéissant qu'aux caprices de son versatile maître.


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