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CHRONIQUE PAR ...

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Broken Glass
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 12.5/20

LINE UP

-Jean-Benoît Dunckel
(tout)

-Nicolas Godin
(tout)

+guests

TRACKLIST

1)Electronic Performers
2)How Does It Make You Feel
3)Radio #1
4)The Vagabond
5)Radian
6)Lucky and Unhappy
7)Sex Born Poison
8)People in the City
9)Wonder Milky Bitch
10)Don't Be Light

DISCOGRAPHIE


Air - 10 000 Hz Legend
(2001) - pop electro - Label : Virgin



De nos jours, rares sont les groupes français de renommée internationale… C’est pourtant le cas d’Air, duo électro-pop, devenu célèbre par delà nos frontières grâce à un premier album, Moon Safari, qui propulse ses pères fondateurs au rang de chefs incontestés de la French Touch. Après la composition de la BO du film Virgin Suicides de Sofia Coppola, Air revient avec un deuxième album, 10 000 Hz Legend.

L’électro et la pop sont toujours au programme, mais c’est un album bien plus diversifié que nous offre Air. Alors que l’écoute de Moon Safari coulait toute seule (easy-listening diront certains), que ses 10 titres formaient un ensemble cohérent, à l’ambiance uniforme, 10 000 Hz Legend explore une à une les planètes de l’univers d’Air, qui est bien plus riche qu’il n’y parait au premier abord. Il suffit pour s’en convaincre de visiter la planète "Radian", aux paysages de dunes et aux redoutables tempêtes de sable, d’aller à la rencontre des extraterrestres qui peuplent "Don’t Be Light" et des androïdes d’"Electronic Performers", ou encore de rendre visite au cow-boy mélancolique (incarné par Beck) de "The Vagabond"…

Les éléments restent les mêmes : des mélodies on ne peut plus pop, résultats d’un mix maîtrisé entre instruments synthétiques (rythmique, voix, nappes, samples…) et acoustiques (piano, guitare, violon, flûte, harmonica…). C’est donc bien au niveau des atmosphères que s’opère une évolution. Si la sérénité demeure ("Wonder Milky Bitch") et que l’album s’achève sur un sentiment de quiétude ("Caramel Prisoner"), Air n’a désormais plus peur de s’aventurer sur des terres plus hostiles comme le prouvent les angoissantes "Sex Born Poison" et "Lucky and Unhappy". Et visiblement moins de craintes pour varier les tempos : l’enchaînement "Wonder Milky Bitch" / "Don’t Be Light" (qui semble presque trop rapide pour être du Air), en est un bon exemple.

Air a réussi le pari de diversifier ses ambiances. Cela dit, il faut bien avouer qu’il y a des planètes qui se ressemblent dans cet univers, fait qui tient en partie à l’utilisation récurrente de voix synthétiques : privées des variations qu’apporterait une voix 100% humaine, les chansons manquent parfois d’authenticité (le problème avait été contourné sur Moon Safari en invitant une chanteuse sur 2 titres et en laissant sa voix telle quelle). Ce côté trop lisse peut rapidement lasser, même si l’effet se prête bien à des titres « surnaturels » comme "Electronic Performers" ou "Sex Born Poison". En outre, les titres les plus banals ("Radio #1") sont vite oubliés. Il reste du chemin à parcourir pour qu’Air parvienne à créer un album où chaque chanson soit réellement mémorable.


10 000 Hz Legend nous aura donc appris qu’Air sait se renouveler, en a le potentiel, mais prend son temps dans l’exploration de son univers rempli de peuples extra-terrestres aux allures étranges mais pacifiques. Messieurs Dunckel et Godin nous en dévoilent un peu plus à chaque album : Talkie Walkie montrera encore de nouvelles facettes du duo sans pour autant partir dans une toute autre direction musicale.


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