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CHRONIQUE PAR ...

103
Amdor
Cette chronique a été mise en ligne le 08 avril 2013
Sa note : 14/20

LINE UP

-Chris McMahon
(chant)

-Tom Brown
(guitare)

-Andy Marsh
(guitare)

-Sean Delander
(basse)

-Lee Stanton
(batterie)

TRACKLIST

1) Reign of Darkness
2) The Purest Strain of Hate
3) Vile Creation
4) Shadow of Eternal Sin
5) Immolation
6) Infinite Forms
7) Dead Sun
8) Gates of Misery
9) Defective Breed
10) Doomed from Birth

DISCOGRAPHIE

Hate (2013)
Holy War (2015)

(2013) - death metal deathcore brutal - Label : Nuclear Blast



Dur dur de se creuser une place au soleil dans la scène deathcore. Manquant cruellement de leadership assumé, le genre a vu ces dernières années de nombreuses formations s’élever un temps avant de s’effondrer aussi vite qu’elles s’étaient formées ou bien changer de bord vers un death metal un peu plus old school, comme Job for a Cowboy, ou s’adoucir pour faire du metalcore. De l’autre bout du monde, les mecs de Thy Art is Murder, apparus aux yeux du monde en 2010 avec un album plutôt remarqué, montent vite et fort et se sont d’ores et déjà imposés comme un des grands noms du genre.

Hate. Ce titre situe d’emblée la teneur du propos tenu par ce nouvel album, se nourrissant de violence pure et s’abreuvant de destruction. Avec ce deuxième essai, les Australiens poursuivent sur leur lancée, proposant une musique dans la directe lignée de leur premier enfant, le dénommé The Adversary, qui proposait un deathcore particulièrement burné et bas du front ne laissant aucun répit à l’auditeur. Amateurs de finesse, de chansons à texte et de structures alambiquées, au revoir : la quarantaine de minutes qui arrive éclabousse d’un mélange de sang et de testostérone dans ce qu’il y a de plus bête comme musique… et ça marche. Difficile en effet de ne pas headbanguer frénétiquement sur des titres certes pas intelligents pour un sou mais d’une efficacité à toute épreuve, avec pour meilleur exemple le morceau d’ouverture "Reign of Darkness" et ses mosh parts imparables. Et la liste ne s’arrête pas là ! Entre "Shadow of Eternal Sins", "Immolation" ou encore "Gates of Misery", un peu plus ambiancé, le fan de deathcore aura de quoi se faire plaisir, quoiqu’on puisse regretter la répétition des structures au fil des morceaux. Ce schéma se répète en effet sans réelle variation tout du long de l’album, mais la recette fonctionne assez bien pour résister à l’épreuve de la lassitude, d’autant plus que la qualité est une autre constante.
Mais si ce n’est pas avec une originalité débordante qu’ils font mouche, les gars peuvent néanmoins s’appuyer sur des qualités techniques indéniables, avec au menu une poignée de solos biens sentis ainsi qu’une précision rythmique absolument impeccable sur des titres dans l’ensemble très véloces. On retiendra entre autres l’impressionnante introduction de "Doomed From Birth", à la fois jouissive et insaisissable. Le chant puissant de Chris McMahon n’est pas en reste et a bénéficié lui aussi d’une attention toute particulière. Mise particulièrement en avant dans le mix, sa prestation est, de fait, tout à fait convaincante, alternant assez bien entre growls et scream. A vrai dire, c’est surtout au niveau de la batterie que se trouve la faille. Si c’est tout l’ensemble qui est assez surproduit, comme bien souvent malheureusement dans le metal moderne, c’est bien ce son de batterie triggée à l’extrême et sonnant artificiel au possible qui fatigue à la longue et focalise les regrets, d’autant que la performance de Lee Stanton est de qualité. Ajoutons au menu des bémols des featurings (les chanteurs de War From a Harlots Mouth et de The Amity Affliction respectivement sur "Dead Sun" et "Doomed from Birth") pas forcement très judicieux car peinant à s’accorder avec la musique du combo, mais qui ne sont finalement qu’un point de détail face au déballage de qualités sur le reste de l’album.


Avec cette nouvelle débauche de breakdowns et de gros riffs, Thy Art is Murder confirme et, à défaut de transcender le genre, nous pond un album bien au-dessus de bien des standards actuels du deathcore. Brutal, froid et dévastateur, Hate, qui devrait se tailler une place de choix en live, frappe très fort. Si le résultat est au final encore imparfait, il ravage tout sur son passage et confirme la position du groupe dans le peloton de tête des formations à suivre dans ce style, en espérant toutefois que ça ne soit que le début de l’ascension.


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