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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 06 avril 2013
Sa note : 12/20

LINE UP

-Nachtgram
(chant)

-Finskald
(guitare)

-Kilffjard
(guitare)

-Hjalmort
(basse)

-Samebrann
(batterie)

TRACKLIST

1) Epiclesis
2) Bringer of War
3) The Last Sermon
4) Serpents Court
5) Nergal, The Raging King
6) Carnal Malefactor
7) The Urge for Battle
8) Atonement in Blood
9) Revelation 9:11
10) Necrodaemon Terrorsathan

DISCOGRAPHIE


Negator - Gates to the Pantheon



Lorsque Gates to the Pantheon débute, on entend du pur death à la Nile. Negator semble alors loin de ses jalons posés dans le black metal et on pense l'espace d'un instant à un vol en bonne et due forme. « Nous voulions du black metal ! » s'écriait la foule en colère. Pourtant les Allemands ont déjà un bout de carrière dans le style derrière eux, et c'est très rapidement que leur réelle raison d'être apparaît : oui, le black metal. Ouf.

Ce faisant, de black metal, on ne tarde pas vraiment, en fait pas du tout pour être totalement honnête, à saisir l'influence principale du groupe : Dark Funeral. La batterie sonne comme celle de Matte Modin à l'époque tandis que les riffs sont tirés des guitares de Lord Ahriman alors que le chant traîne ses guêtres du côté de Emperor Magnus Caligula. Cela devient même cocasse lorsqu'on se plonge dans la bio du groupe pour découvrir que le chanteur / leader Nachtgram a officié également chez les Suédois jusqu'à très récemment. Son passage a-t-il influencé Nachtgram ? C'est très probable car les efforts précédents, s'ils étaient ancrés dans un black metal brutal et sans concession basé sur des riffs simples et incandescents, ne singeaient pas à ce point le son global de la troupe du Nord.
Dark Funeral lui-même n'étant pas un chantre absolu de l'originalité, on ne tiendra pas vraiment rigueur à Negator de ses ressemblances frappantes vu que comme pour AC/DC, tout se passe dans le kiff proposé par la musique et non son incroyable différence. C'est là que Negator parvient à creuser son terreau en maniant avec facilité les codes du genre pour fabriquer des riffs simples et purement black brutal. L'ambiance qui s'en dégage est froide tout en étant bardée des flammes de l'Enfer. On se dit donc que le but est atteint. Chose plus étrange, dans son ensemble d'obédience très black, Negator case de fortes influences purement death, avec un chant et des riffs typiques du genre. Le plus notable dans l'histoire est que loin de faire du black / death un temps si couru, Negator fait vraiment d'un côté du pur black et de l'autre du pur death, les 2 genres restants hermétiquement clos l'un à l'autre.
Si cela fait souffler un vent d'originalité vague et bienvenu, on n'oublie pas que la grande majeure partie de la musique provient de la Suède, sauf pour l'improbable "Nergal, the Raging King" qui chercherait presque à vous faire décrocher une larme. Le reste étant marqué au fer rouge du sceau du black brutal, on sait sans ambiguïté aucune à qui est destiné une telle sortie, les fans de black metal et encore plus particulièrement ceux de Dark Funeral. Comme l'ensemble est très bien fait, armé de riffs inattaquables et d'une ambiance au couteau on ne pourrait que le recommander. Sauf que... la blessure arrive par le biais qui se nomme ici lassitude. En effet, là où Lord Ahriman arrive sans vraiment qu'on comprenne comment à proposer des albums similaires sans pour autant se répéter ou ennuyer, Negator a tendance à tomber dans le trop facile qui lasse. Tant et si bien que la fin de l'album semble bien plus longue que son début alors qu'il n'y a pas vraiment de baisse de qualité.


Ce qu'il faut se dire à la sortie d'un tel album est que nous sommes en présence d'un groupe qui a un but unique : faire du black brutal sans concession. Le reste ne l'intéresse pas et c'est donc à vous de savoir si ça vous intéresse. Si ça vous intéresse, partez accompagnés de la certitude que ce disque ne change rien à la face du monde, si ce n'est cette singulière alliance dichotomique du black et du death par instant. Et partez prévenus que la lassitude rôde.


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