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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 29 mars 2013
Sa note : 11.5/20

LINE UP

-Pete
(chant+guitare)

-Carolyn
(batterie)

TRACKLIST

1) Maleficia Lamiah
2) Grave Cardinal

DISCOGRAPHIE


Pombagira - Maleficia Lamiah



- Le gourou regarda ses adeptes et sourit. Il caressa un instant sa barbe taillée en pointe et reboutonna le haut de sa chemise orange à pois vert. Il allait saisir le poignard doré incrusté de rubis pour procéder au sacrifice rituel de la jeune demoiselle capturée la veille, mais une voix se fit entendre parmi les adeptes : « Oh grand gourou, disait cette voix, pourquoi ne pas d’abord reprendre une dose de LSD et attendre que le soleil soit haut dans le ciel ? » C’était Starkus, le héros aux dents en or, qui essayait de gagner du temps à tout prix…
- Pépé, elle est vraiment bizarre ton histoire…
- Mon petit, tu as trop été habitué par tes parents à écouter Blanche-Neige et les Septs Nains. Il est temps que tu découvres le meilleur des années où les gens étaient libres… Et puis, dans le fond tu l’aimes mon histoire, non ?
- Ben euh…


Tout comme l’histoire du grand-père, Maleficia Lamiah, cinquième album des Anglais de Pombagira, nous plonge dans un univers bigarré très seventies, agrémenté de quelques éléments plus récents et, si Pombagira est le nom d’une déesse afro-brésilienne (qu’on supposera pas très gentille), la musique proposée ici n’a rien de très tropicale. Le duo de la perfide Albion offre en effet à l’auditeur un mélange assez bariolé de stoner, de doom, de sonorités post-rock et de rock psychédélique qu’on jurerait tiré tout droit de la discographie des allumés de The Grateful Dead. Autre point marquant de l’opus : le son. Très très sale et un peu malingre, il ferait passer celui de Dopethrone d’Electric Wizard pour le puissant flot d’une cascade limpide. A ce point de la chronique, il est probable que seuls les amateurs chevronnés de mixtures frelatées et périmées continue à lire ces lignes. Ont-ils raison de persister ? Cela dépend. S’ils cherchent, sous ces oripeaux un peu repoussants, la perle rare, le joyau musical de l’année, il vaut mieux qu’ils arrêtent tout de suite. Dans le cas contraire, ils peuvent continuer leur lecture car tout n’est pas à jeter sur "Maleficia Lamiah".
Le premier des deux titres de l’album est en effet bien sympathique : utilisant un peu la basse comme maître de cérémonie guidant l’auditeur d’une ambiance à l’autre, le groupe alterne avec un certain bonheur mélodies plombées très stoner, délires typiquement Grateful Dead (le coup des chants d’oiseaux au milieu du morceau est assez amusant) et passages ambient que les plus jeunes d’entre nous qualifieront certainement de post-rock. On ne s’ennuye pas tout au long des vingt minutes que dure la chanson et on en viendrait presque à être indulgent sur certains choix de production (pourquoi diable avoir mis la voix du chanteur tant en retrait ?). Ca se gâte hélas sur le second morceau qui, malgré quelques jolies mélodies et un beau passage rappelant le prog italien des Le Orme, PFM et compagnie, n’est pas vraiment exempt de remplissage : le temps s’y écoule plus lentement, la faute à certaines longueurs, l’argument « post- » ou de la destructuration ne pouvant pas non plus tout justifier. Du coup, devant ce second morceau ressemblant à une boisson coupée à l’eau, l’auditeur fronce un peu les sourcils et quand il se rend compte qu’au bout de guère plus de quarante minutes, l’affaire est pliée, il a un petit peu le sentiment de s’être fait avoir.


A peine trois quarts d’heure pour ce genre d’œuvre, ce n’est pas beaucoup, surtout quand la seconde moitié de l’album est un peu ennuyeuse. Si on ajoute à ça, une production, certes adaptée au genre, mais même ainsi assez souffreteuse, on ne peut pas être complètement satisfait de ce Maleficia Lamiah. C’est dommage : au vu de la première partie, il est certain que Pombagira avait le potentiel pour réaliser un album plein et varié. L’opus ne devrait donc pas rester des les annales et servira surtout à dépanner les amateurs de doom cradingue et de sonorités psychés les soirs d’ennui discographique. « C’est mieux que rien », « Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras », « Faute de grives on mange des chauve-souris », etc., etc...


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