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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-Randall
(guitare+programmation)

-Richard
(chant)

-Scott
(chant)

-Schultzcore
(chant)

TRACKLIST

1)N/A (y'a 99 titres!)

DISCOGRAPHIE


Agoraphobic Nosebleed - Altered States Of America
(2003) - grindcore - Label : Relapse Records



Amateurs de grind, voilà un disque susceptible d’entrer dans votre légende. En effet, une petite mise en bouche s’impose. 99 chansons – 20 minutes de musique (cette chro vous prendra donc plus de temps à lire que d’écouter le disque) – un CD de 3 pouces (c’est petit 3 pouces). C’est bon, la came a l’air de bonne qualité, et même si non, on est rassuré sur l’intégrité de la marchandise. Ce sera du « true grind » yerk ! yerk ! yerk ! Ici il ne sera donc question que de douceur, d’amour et d’eau fraîche et de plus belles choses de l’existence comme l’émerveillement devant son premier cadavre éventré.

Rapide présentation : trois chanteurs (qui en fait hurlent) et un guitariste. On ne s’encombre pas d’un batteur (dont le drum kit est bien chiant à transporter) et d’un bassiste (parce que de toute façon, la basse ça sert à rien). La batterie ils la programmeront et la basse ils… ben euh… ils s’en branlent méchant. Passé cela, voyons ce que le disque a dans le ventre. Et bien de la bonne bidoche élevée à la frite bien grasse malheureusement massacrée à coup de cuillère à café (ce qui est beaucoup plus douloureux car immensément plus long). Ca donne des « morceaux » variants de 4 secondes (et encore, la chaîne a à peine le temps d’afficher le chiffre 4 qu’on passe à l’autre piste) au morceau épique de 1 minute (!!). Rassurons les puristes, le morceau épique est celui qui ouvre le skeud et il est bien isolé, la norme se situe plus dans les 4-5 secondes, sauvé !

La première fois que j’ai écouté cet ovni (que j’ai acheté par pure curiosité, qu’est-ce que le grind peut donner de mieux ?), je comprenais rien à ce qui se passait. Mais qu’est-ce qu’ils foutent donc ?? Accompagné par l’émerveillement de la découverte couplé à un amusement palpable. Oui, j’ai rigolé la première fois que j’ai entendu le premier blast beat du disque. C’est quoi c’te vitesse ??????? Ca se voit que c’est pas un batteur humain. De la bonne vieille boîte à rythme. Et pour une fois elle est super bien utilisée. Car quitte à utiliser une boîte à rythme, autant faire des trucs qu’un être fait de chair (grasse) et de sang (qui dégouline) ne peut accomplir.

Et donc ces fameux blast beats. C’est simple, ils les ont programmés à une telle vitesse que la première fois qu’on entend ça, on capte rien, on croit à un vague fond bruitiste et notre oreille n’est pas accoutumée à entendre un pareil truc de malade. Mais on se rend compte qu’en fait c’est bien un blast beat, rapide certes. Pour vous donner une idée, prenez le plus rapide roulement de double pédale que vous ayez entendu, et vous avez à peu près la vitesse de ce blast. Bien sûr, l’intérêt de ce disque n’est pas dans ces blasts, mais c’est une curiosité affriolante (autant qu’une magnifique zombie dans sa robe de mariée). Mais la boîte à rythme n’est pas qu’une affaire d’éclatage de gueule et de défonçage de crâne, non elle offre sur un plateau quelques breaks énôôôrmes et bien sentis. Ce serait insoutenable d’être à fond tout le temps. M’enfin faut quand même pas trop rêver, ce sont pas des breaks de tapettes, ils frappent bien la tête.

Les guitares quant à elles ont le grain si particulier de Entombed période Left Hand Path, ce truc si granuleux qui dégouline au fond de l’oreille. Au-delà de ça elles décochent du riff à toute allure (on s’en serait douté), et c’est pas n’importe quoi contrairement à ce qu’on se plairait à penser. Par contre ce qui est un peu idiot, c’est que lors des blasts frénétiques on ne les entend guère, peut-être un gros bruit de fond, mais guère plus. A noter les nombreuses plages où les chanteurs sont les seuls présents avec des voix ultra distordues. Ca dure entre 4 et 10 secondes à chaque fois et c’est… euh du beuglage. Néanmoins Agoraphobic laisse un ou deux espaces de calme avec 3 ou 4 vraies chansons qui dépassent le riff de longueur et ralentissent sous le mur du son. Cela n’empêche pas la majorité des pistes de n’être que du bruit (particulièrement les bien courtes) avec un riff (un accord ?), un blast et des cris.


Un album au final très marrant pour qui pourra le supporter et qui n’ennuie pas grâce à sa longueur parfaite qui empêche d’arriver au point où le temps est trop long. C’est du bon bourrinage, avec quelques surprises (limite neo avec scratch sur une), du brutal grind à écouter par curiosité donc. Le genre qui ne laisse pas indifférent.


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