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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 25 mars 2013
Sa note : 11/20

LINE UP

-Horaz
(chant+guitare+claviers)

-Vespasian
(guitare+basse+batterie+claviers)

TRACKLIST

1) Durch das Tor
2) Brigobannis
3) Aue der Nostalgie
4) Ave Danuvi
5) Memoria
6) Aura Silvae
7) Der Unweg
8) Striga
9) Tränen des Bacchus

DISCOGRAPHIE


Imperium Dekadenz - Meadows of Nostalgia
(2013) - black metal - Label : Season Of Mist



Procella Vadens avait posé les bases d'un black metal nostalgique bardé de mélodies. Fort apprécié par toute une frange de la population black metal et même metal en général, cet album n'en demeure pas moins le témoignage, certes mélancolique et puissant, d'un black metal version easy listening dont on s'entiche aussi rapidement que l'on s'en lasse. Meadows of Nostalgia est censé revenir à un black metal plus dur et donc nous donner à espérer une musique plus consistante. Ce sont tous les espoirs que nous pouvons avoir.

Introduction dans la forêt un soir de pleine lune, des accords délicatement égrainés sur une guitare sèche pure et claire comme de l'eau de roche entourée de sons variants entre l'étrange et l'ambiant : ce Meadows of Nostalgia débute comme on serait en droit de l'attendre d'un album de black metal atmosphérique. C'est bien exécuté et cela donne droit à une première levée d'appréciation. Lorsque la partie black metal arrive, ce sont des guitares d'un froid excessif et une batterie mid tempo qui ouvrent le bal. La nostalgie est toujours bien présente et ces guitares ne sont pas incisives mais servent plutôt de socle pour poser des nappes de son proches de l'utilisation de claviers. Le mur obtenu instille une atmosphère froide et mélancolique sans être pesante. On retrouve des mélodies en masse mais celles-ci ne sont pas aussi proéminentes que sur Procella Vadens.
Les guitares proposent parfois des riffs plus incisifs mais l'exercice n'est pas très long et l'on revient rapidement à l'exercice plus ambiant. L'auditeur est donc persuadé dès la deuxième véritable chanson, "Aue der Nostalgie", que le groupe ne dépassera pas le mid tempo. En effet, même s'il essaie de se lancer dans un rythme plus enlevé, il ne l'utilisera pas sur la longueur et la hargne est absente de l'équation. Il va falloir se contenter de cavalcades d'ambiances plus que de chevauchées inarrêtables, de riffs vindicatifs et de blasts destructeurs. Disons-le tout de go, c'est ce qui plombe cet album. Car oui, les ambiances sont là et le son proposé est d'une froideur toute black metal, mais la sensation que la musique ne décolle jamais se bloque dans notre cerveau et inhibe toute création d'endorphine signe de ralliement complet aux chansons.
Imperium Dekadenz semble donc faire du surplace dans le développement de ses compositions. L'entêtement du groupe à ne vouloir proposer que des guitares ambiantes, assimilables à des claviers plutôt que de vrais riffs qui structureraient la musique, s'avère inévitablement préjudiciable car ce black metal tombe à plat dès qu'il cherche à éveiller des sentiments chez l'auditeur. La tristesse et la nostalgie se noient dans l'attente jamais épanouie d'une quelconque envolée vers des cieux plus vigoureux. Certains se fourvoient dans le blast complaisant, Imperium Dekadenz tombe dans l'excès inverse. Néanmoins, pour amener de l'eau dans le vin acide de cette chronique, il faut noter le talent des 2 musiciens dans le domaine qu'ils ont choisi. Les ambiances sont immanquables et ceux qui aiment ce style seront certainement aux anges.


En guise de conclusion, ceci n'est pas vraiment un album de black metal. En étant absolument méchant, on pourrait dire que ce n'est pas vraiment un album de musique, plutôt du fond sonore. Meadows of Nostalgia navigue trop souvent dans les eaux terribles du ventre mou. Mid tempo permanent balladé par des guitares répétant inlassablement des mélodies semblables dans leurs intentions, cet album est à réserver aux adorateurs de la Nature et des mélodies dominantes. Les profanateurs de tombes qui se scarifient à coups de pentacles et de croix renversées iront sagement déverser leur sang ailleurs.


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