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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Haughm
(guitare+chant+batterie)

-Anderson
(guitare+piano)

-J. Williams W
(basse)

TRACKLIST

1)A Celebration For The Death Of Man
2)In The Shadow Of Our Pale Companion
3)Odal
4)I Am Wooden Doors
5)The Lodge
6)You Were But A Ghost In My Arms
7)The Hawthorne Passage
8)And The Great Cold Death Of Earth
9)A Desolation Song

DISCOGRAPHIE


Agalloch - The Mantle
(2002) - inclassable métal contemplatif et inspiré - Label : The End Records



A la recherche d’un souffle metallique d’air frais? Marre d’entendre du heavy? Marre d’entendre du black? Marre d’entendre des clones de clones? Mais quand même envie d’écouter du metal car vous n’êtes pas totalement fâché (et ce serait bien bête en plus). Vous feriez bien alors de poser vos oreilles sur ce The Mantle de Agalloch. Un peu sorti de nulle part comme groupe, Agalloch propose à son auditeur une musique fermement ancrée dans le metal mais sans pour autant arborer une quelconque étiquette précise. On peut le taxer de certains côtés black, d’autres dark et certains carrément ambiants avec une touche de doom. Pourtant Agalloch préfère choisir sa propre voie de préférence. Les multiples influences du groupe se fondent en une seule entité diablement intriguante. Du metal en fait.

Laissant languir celui qui l’écoutera avant de dévoiler sa face metal, Agalloch débute par un riff à la guitare acoustique annonciateur pourtant de ce qui se passera par la suite, pas d’effusion de joie mais une irrépressible tendance à la contemplation. Ce disque vous laissera le temps de vous évader un peu partout tant Agalloch sait ouvrir les chemins jusqu’à présent fermés dans votre esprit sans pour autant en imposer un en particulier. C’est là une grande force dont est doté Agalloch. Il arrive à vous mener en bateau partout selon sa volonté, mais pourtant vous aurez toujours le choix de laisser vaquer votre esprit où bon vous semble. Néanmoins il reste une direction forcée, celle d’écouter attentivement la musique. Plus loin encore, celle de se plonger dans l’atmosphère prenante au possible de cet album jusqu’à son terme car rarement le concept de chanson n’a pu paraître aussi flou. Il y a bien des pistes sur le CD pour vous faire passer certains passages si l’envie (malheureuse) vous en prenait, mais la continuité est maîtresse et cet album bien plus que beaucoup se doit d’être écouté d’une traite pour en comprendre la portée.

Les paroles sont au diapason de la musique, laissant une large place à la contemplation, à la réflexion posée. Elles apporteront la touche finale à quiconque les lira en écoutant le disque. Mais quid de la musique à proprement parler? Forcément lente et lancinante, elle sait pourtant se parer d’un tempo plus rapide. Mais rarement ("I Am The Wooden Doors" avec son roulement de double pédale par exemple). De toute façon, la force des compositions du groupe réside dans le temps qu’il prend pour diffuser sa musique, et qu’il laisse à l’auditeur pour méditer. Il n’y a pas de mélodie ravageuse ou d’hymne accrocheur. Le tout l’emporte sur le détail ici. Mais n’allez pas croire que vous ne serez pas happé au détour d’un riff, d’un rythme de la batterie, bien au contraire. Vous serez constamment trimballé par le flot musical de la bande d’un point à un autre, à la découverte de nouveaux lieux. Et le premier abord vous paraîtra pas mal. Mais à force de répéter le voyage vous le trouverez de plus en plus goûtu pour finalement l’apprécier totalement.

Les recoins obscurs vous brilleront aux yeux et les détours non obligatoires deviendront de petits plaisirs. Il est bien difficile de parler uniquement musique avec cet album terriblement personnel et original puisqu’il se vit plus qu’il ne s’écoute. Pourtant le groupe sait manier les ambiances et varier les riffs avec talent. Le chant orienté death/black ne doit pas décourager les plus réticents car il se veut le penchant maléfique indispensable de son homologue clair. Il n’est d’ailleurs pas repoussant en plus. Cette dualité du chant est utilisée à bon escient pour souligner la fusion entière ici faite du gras électrique et de la douceur acoustique. Bien sûr l’atmosphère épaisse omniprésente a le revers de son endroit attrayant. Pour peu que vous n’accrochiez pas, il n’est pas envisageable pour vous de trouver quoique ce soit d’intéressant à The Mantle qui se révèlera très ennuyeux du coup. C’est le risque à courir mais si vous vous y retrouvez dans cette création, alors vous découvrirez le monde d’Agalloch avec énormément de plaisir.


Une musique pas comme les autres et extrêmement originale qui utilise du metal ce qu’elle veut bien en prendre. En tout cas, un achat chaudement recommandé pour tous ceux qui en ont marre de toujours entendre la même chose et qui sont enclins à se laisser embarquer pour un magnifique voyage.


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