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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 18 février 2013
Sa note : 16/20

LINE UP

-Jonatan Johansson
(chant+guitare)

-Matti Jalava
(guitare)

-John Finne
(basse)

-Mikko Josefsson
(batterie)

TRACKLIST

1) Impetuous Fires
2) Death's Stains
3) Rabid Blood
4) Thriving Darkness
5) Evil Seed
6) In Obscurity Revealed
7) Dance of Heresy
8) Poisoned Void

DISCOGRAPHIE


Vorum - Poisoned Void



« Blooooodddd…. Fiiiiiirrrreeeee…. Deaaaaath !! » s’époumonait Quorthon pour le plus grand plaisir des fans de Bathory et de metal obscur en général, sous les quolibets de nos détracteurs. Parmi ces derniers, on passera sous silence le spécimen pudibond et bien pensant qui ne veut surtout pas remettre en cause ses petites certitudes étriquées, pour s’intéresser à l’ironique qui pense que tout ceci n’est qu’un grand cirque. Ce dernier ne sent pas que la musique, grand régulateur de l’harmonie cosmique, ne sort pas toujours en mélodies cristallines et riantes et qu’elle peut revêtir un aspect plus sombre, plus inquiétant, mais pas plus méprisable pour autant. Il ne comprendra donc jamais ce que l’on peut ressentir en écoutant ce qui vient tout droit des ténèbres intérieures. Il n’appréciera jamais un album comme ce Poisoned Void.

Et c’est bien dommage pour lui, car le premier album de ces Finlandais, déjà auteurs d’un EP il y a presque quatre ans, professe un death metal très old school teinté de raw thrash aussi noir que décapant. Poisoned Void est un monstre vivant dans une crypte abandonnée, autant dire que les amateurs de modernité et de sonorités high-tech peuvent passer leur chemin. Aidé par une production crasseuse et grésillante à souhait, Vorum puise son inspiration à une époque où le death se différenciait à peine du thrash et où des albums comme Hell Awaits ou Schizophrenia faisaient le bonheur des metalheads et si le trio y rajoute une dose de « modernité » en intégrant un nombre élevé de blast-beats souvent furieux, ces derniers ressemblent plus souvent à des roulements des tambours de l’enfer qu’aux percussions d’une précision chirurgicale des groupes de deathcore. Si l’on y ajoute quelques bons vieux solos façon « brutal thrash » ("In Obscurity Revealed" par exemple) et un chant rauque et haineux sorti du plus profond des entrailles du vocaliste Jonatan, on obtient un cocktail mortifère et vraiment convaincant.
Du coup, dans Poisoned Void, c’est comme dans le cochon : tout est bon. Néanmoins, l’enchaînement de "Rabid Blood" et son démarrage furieux en provenance directe de l’abysse, des progressions d’accord simples mais dévastatrices de "Thriving Darkness" rappelant vraiment Napalm Death époque Suffer the Children et de "Evil Seed" est sans doute ce que l’album propose de plus fort. Ce dernier morceau est d’ailleurs certainement le sommet musical de l’oeuvre : après un début au rythme catchy presque dansant (oui, oui, dansant...), on part pour une petite virée du côté d’un proto death-thrash noirci au charbon évoquant avec grand bonheur une créature enfantée durant leurs jeunes années par Possessed et Ancient Rites, le tout servi par un refrain absolument hallucinant d’intensité. Le reste de l’album est d’un très bon niveau également et, à vrai dire, seule l’entrée en matière ("Impetious Fires") est quelque peu timide puisque autant les imprécations très slayeriennes de "Death Stains" que les brutaux "In Obscurity Revealed" ou "Dance of Heresy" font mouche, tandis que "Poisoned Void" termine le travail avec un peu plus de retenue mais tout autant de venin que le reste des titres.


Vorum a réalisé avec Poisoned Void une œuvre noire, crue et très convaincante. Le seul reproche que l’on pourra faire à nos Finlandais est de ne pas avoir inventé quoi que ce soit, mais pour le reste il n’y a absolument rien à reprocher à ces trente-cinq minutes de violence musicale old-school. La première œuvre de longue durée du quatuor fleure bon les candélabres, le cuir et les ceintures cloutées et autres cartouchières (au choix hein, on n'est pas des dictateurs...). Elle donnerait presque envie de se refaire cette permanente à la Schmier tant à la mode jadis et de ressortir ce petit pantalon serré que l'on met une demi-heure à mettre et le double à enlever. Bref, pour remonter dans le temps, oubliez Marty Mc Fly et ses machines en carton-pâte, choisissez Vorum, c’est autrement bon.



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