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CHRONIQUE PAR ...

103
Amdor
Cette chronique a été mise en ligne le 16 février 2013
Sa note : 10/20

LINE UP

-Andrea Scaglia
(chant)

-Giulio Castruccio
(guitare)

-Daniele Molinari
(guitare)

-Nicolo Rossi
(basse)

-Federico Buzzetti
(batterie)

TRACKLIST

1) Theta
2) Ostrakon
3) Demonized
4) Wake the Apathetic
5) Dreadful Eyes
6) Initiation
7) He Spreads Hypocrisy
8) Synesthesia
9) Palms Leaves Reader

DISCOGRAPHIE

Pharmakos (2013)

Straight on Target - Pharmakos
(2013) - death metal deathcore - Label : Bakerteam Records



Dans la famille « deathcore aux breakdowns plus gras, lourds et massifs que ta mère », je demande le clone. Eh bien, voici Straight on Target mon petit, parce que les Italiens ont beau vénérer le lyrisme, ça va bien deux minutes à la fin. Ici, pas de place pour les sentiments mielleux, juste de la testostérone, des riffs massifs à l’américaine jusqu’à plus soif ainsi que des mosh part à n’en plus finir. Vous voilà prévenus, allergiques au style, fuyez vite, fuyez loin, la suite de cette chronique ne vous convaincra pas.

C’est en effet tout un savoir-faire d’être capable de tenir un auditeur pendant une quarantaine de minutes avec 3 notes (en exagérant un tout petit peu quand même), et bien des groupes qui se sont essayés au style par facilité se sont ensuite plantés en beauté. Les exceptions existent mais se font rares et la majeure partie de ces formations se cantonne à enchaîner les plans monocordes jusqu’à écœurement avant de splitter dans l’indifférence générale au bout de trois ans. C’est pourtant dans ce cadre risqué et pas franchement accueillant que s’inscrit Straight on Target. En effet, les Emiliens n’ont assurément pas usurpé ce nom, synonyme à la fois d’efficacité et de violence. « Droit au but » sonnerait presque comme une devise pour le combo qui, en dépit de la pochette et du nom assez ésotérique de cette galette, joue une musique simple, brutale et primaire, s’inscrivant dans la droite lignée d’une formation comme Thy Art is Murder qui s’affirme de plus en plus comme le leader d’une scène deathcore brutale toujours endeuillée par l’arrêt de Despised Icon.
Cependant, entre théorie et pratique, il y a tout un monde et s’inspirer de bons groupes ne fait pas de la bonne musique (sinon, ça se saurait) mais force est de constater que les gars s’en sortent plutôt bien. Passé le dyptique introductif formé par "Theta" et "Ostrakon", pas très intéressant car beaucoup trop simpliste, le groupe élève le niveau avec des compositions qui, malgré l’absence de toute trace d’originalité, sont tout à fait efficaces. Pas de surprise en effet, le growl est assez impersonnel et les riffs composés à partir de pas grand chose, mais étrangement ça fonctionne bien sur la majorité des titres comme, en particulier, sur le puissant "Demonized", "Wake the Apathetic" et son groove pas désagréable du tout en fin de morceau ainsi que sur "Dreadful Eyes". En revanche, vous ne retrouverez à aucun instant la précision chirurgicale ou la technicité de Thy Art is Murder et c’est finalement là où le bât blesse car la comparaison s’effectuera naturellement avec les Australiens et elle n’est pas à l’avantage de ce Pharmakos qui n’avance pas le même niveau de maîtrise et de professionnalisme. Alors si l’effort reste appréciable pour un premier album, Straight on Target est encore loin de son maître et risque d’avoir des difficultés à s’imposer.


Absolument pas désagréable, le goût de ce Pharmakos ne reste malheureusement pas assez longtemps en bouche, vite dépassé par celui de ses concurrents directs. Encore trop amateur pour pouvoir s’affirmer pleinement, Straight on Target nous livre un album encore assez moyen mais qui nous laisse espérer à certains moments que la musique du combo puisse prendre de l’ampleur à l’avenir. En attendant, seuls les morts de faim de deathcore y trouveront leur compte, les autres passeront leur chemin sans rater grand chose.


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