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CHRONIQUE PAR ...

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Alexis KV
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Azathoth
(chant)

-V. Santura
(guitare)

-Asvargr
(guitare)

-Draug
(basse)

-Paymon
(claviers)

-Seraph
(batterie)

TRACKLIST

1)Ghastly Indoctrination
2)CataWomb
3)Requiem Grotesque
4)While They Sleep
5)To Harvest The Artefacts Of Mockery
6)Poltergeist
7)Revolution: Vanity
8)Incide
9)Shardfigures
10)Insomnia

DISCOGRAPHIE

Séance (2006)
Eidolon (2008)
Ylem (2009)
Venereal Dawn (2014)

Dark Fortress - Séance
(2006) - black metal - Label : Century Media



On ne peut pas dire de la scène black metal allemande qu'elle soit considérée comme particulièrement influente, créative ou même prolifique. Il est donc d'autant plus plaisant de constater qu'à force d'efforts et de persévérance, certains de ses membres arrivent à produire des albums qui, à défaut d'avoir le potentiel pour être considérés comme des pierres angulaires, ont la capacité de s'élever au-dessus de la masse des productions du genre. Séance, nouvel album de Dark Fortress, acquiert cette capacité non pas grâce à une approche révolutionnaire, mais essentiellement par le biais d'un ensemble cohérent et d'ambiances démentielles et glaciales. On sent que du chemin a été parcouru depuis les albums assez efficaces mais plutôt bas du front qu'ils nous ont livré précédemment.

Premier acteur de l'ambiance glaciale: les sonorités et la production. Tout en étant loin des groupes prétendument "true" ou "raw", car le travail sur le son est ici très soigné, le guitariste V. Santura - responsable de la production - arrive à un résultat qui combine une certaine dose de puissance et d'agressivité dans ses bourdonnements avec une froideur, un sentiment de vide et de mort qui rend les mélodies particulièrement efficaces. Il faut faire toutefois nuancer la notion de mélodie dans ce contexte, car Dark Fortress n'est pas un groupe s'amusant à faire des doubles leads à la Maiden en justifiant son statut de "black" seulement par une voix écorchée et quelques blasts beats occasionnels. Les compositions restent particulièrement dérangeantes, sinistres, nous invitant à un voyage au pays des ombres et entités surnaturelles.

Même si le groupe ne renie pas les traditionnels maquillages "corpsepaint", les thèmes centraux de leur musiquent évoluent dans des contrées bien différentes d'une basique haine du christianisme, se concentrant plus sur les thèmes purement mystiques ou ayant trait à la mort, et la musique essaye de ce point de vue d'être au diapason. On pourra certes y retrouver quelques passages où la batterie se fait très martiale - par exemple l'introduction de "Ghastly Indoctrination" - et le tempo reste souvent élevé, mais une bonne moitié des compositions sont orientées vers des tempos moyens voire lents et des ambiances proches d'un suicidal black. Cela se manifeste principalement par de petites nappes de synthé, discrètes et minimalistes, rappelant par moments le légendaire Filosofem de Burzum (surtout sur "While They Sleep"), ainsi que des sections de cordes utilisées avec parcimonie, sans aucune prétention pompeuse ou grandiloquente.

Le très surprenant morceau (interlude?) "Incide", composé de cris inhumains éructés par Azathoth, de ce qui pourrait s'apparenter à de la musique de chambre contemporaine et de quelques riffs en tremolo étouffés, ajoute une dimension de folie supplémentaire, tandis que les parties acoustiques (avec une basse légèrement jazzy) sur les deux derniers morceaux confèrent à l'ensemble un petit éclat de beauté permettent de compléter et achever le tableau dépeint par nos teutons. La manière dont tous les éléments sont intelligemment équilibrés, l'exécution plutôt inspirée de la part des musiciens et des mélodies dépeignant habilement les thèmes choisis font qu'à défaut d'être un chef-d'oeuvre du genre, ce disque sera particulièrement recommandé pour ouvrir votre année black metal.




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