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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 07 février 2013
Sa note : 14/20

LINE UP

-Niels Adams
(chant)

-Rob Oorthuis
(guitare)

-Patrick Boleij
(basse)

-Seth Van de Loo
(batterie)

TRACKLIST

1) Thou Shalt Bleed for the Lord Thy God
2) Crown of Bones
3) Feast of the Cross
4) Judas Among Twelve
5) Antinomian
6) The Will of the Torch
7) Sin Upon Man
8) Damnatio Memoriae
9) Adversus

DISCOGRAPHIE


Centurian - Contra Rationem



Autant mettre les choses au point tout de suite : je n’ai jamais écouté Liber Zar Zax, le précédent album de Centurian. Oh, pas la peine de lever les yeux au ciel et de se demander quel type de false je suis, hein ! Il se trouve qu’à cette époque j’avais pris une année sabbatique sur une île paradisiaque du Pacifique, entouré toute la journée de superbes cré… mais je m’égare. Voyez plutôt le côté positif de la chose, cette chronique n’est pas biaisée par l’émoi que suscite en général la sortie du successeur d’un album de très haute volée (à ce qu’on m’a dit). Elle ne contient  ni dépit ni  messages de soutien aveugle au groupe.  Elle se contente de dire ce qui est : Contra Rationem est un bon album de death metal. Solide et bien campé sur ses pattes arrières.

Et vraiment sans fioritures. Parce que si l’on peut à la rigueur qualifier de « frivolités » quelques sifflements diaboliques à la fin de "Crown of Bones" et un passage parlé sur "Damnatio Memoriae", tout le reste relève de la plus stricte orthodoxie death metalleuse. Très Morbid Angel dans l’âme, Contra Rationem expose d’emblée son programme avec un "Thou Shalt Bleed…"  multipliant riffs tarabiscotés, blast beats et solos chaotiques, et garde cette ligne de conduite, ne déviant pas d’un pouce, assénant des  baffes sans faiblir le long de la petite demi-heure que dure l’album – durée convenant assez bien au propos brutal des Hollandais. Si les passages très heavy sont de sortie, le rythme global de l’album est assez élevé et on n’est pas loin du brutal death par moment. Centurian garde toutefois une clarté dans ses riffs qui le fait rester plus près du combo de Trey Azagthoth que des Suffocation and co. La production un peu « légère » donne à l’ensemble un côté volatile assez efficace : l’auditeur a plus l’impression de se prendre un escadron de la mort dans la face qu’une division de blindés dans le bas-ventre, ce qui convient finalement assez bien aux accords gémissants distillés par les gratteux.
Si le niveau de l’album est bien homogène et qu’aucun morceau ne prendra par surprise toute personne ayant trempé un tant soit peu dans les marais fétides du metal de la mort, certains morceaux se révèlent vraiment efficaces, grâce  notamment au bel organe vocal de Niels, dont le timbre rappelle le David Vincent de la belle époque. L’enchaînement du presque mélodique "Judas Among Twelve" et du puissant “Antinomian” est à ce titre parfaitement réussi et devrait même réussir à arracher quelques explosions gutturales et autres pantomimes de grattage de guitare aux fans les plus aguerris. "Feast of the Cross"  attend quant à lui un peu plus longtemps pour exploser à la tête de l’auditeur mais son rythme saccadé et la frappe lourde de Seth, la machine humaine de service, font de ce titre un autre moment fort de l’oeuvre. On soulignera également l’élégante clôture de l’album, intitulée "Adversus", qui finit le travail sur une touche inquiétante. Bref, Centurian  se base exclusivement  sur les ingrédients de base du death metal, mais les exploite de fort belle manière, pour concocter un opus  puissant et maîtrisé de bout en bout.


Pas de Mouton-Rothschild 1976, encore moins de Villageoise en Tetra-Pack. S’il était un vin, Contra Rationem ferait partie de ces bons pinards que l'on peut trouver au supermarché pour un prix raisonnable et qui servent à animer un bon repas. Centurian livre ici une prestation solide et racée de bout en bout avec un death agressif bien fait. Sera-ce suffisant pour combler les fans du groupe hollandais qui espéraient monts et merveilles de l’album ? A eux de juger. Pour ma part, si la qualité de l’album ne suffit pas à me faire regretter mon année sabbatique, elle me donne tout de même envie d’aller jeter une oreille du côté de Liber Zar Zax.


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