5783

CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 06 février 2013
Sa note : 15/20

LINE UP

-Helmuth
(chant+guitare)

-Sigurd
(guitare)

-Barth
(basse)

-Torturer
(batterie)


TRACKLIST

1) The Crueifixus - Anus Dei
2) Bleeding Salvation
3) Fornicationum Et Immundus Diabolus
4) Sepulture Of Hypocrisy
5) Goatreich - Fleshcult
6) Swarm Of Rats
7) Kings Shall Be Kings
8) The Crown Massacre
9) Festum Asinorum/Chapter 2

DISCOGRAPHIE


Belphegor - Goatreich - Fleshcult
(2005) - black metal à tendances death notoires - Label : Napalm Records



Autrichiens, patibulaires, anticléricaux, énervés, radicaux. Autant d’adjectifs que l’on peut poser sur le démon à quatre têtes Belphegor. Déjà auteur de quatre albums avant ce Goatreich - Fleshcult, le groupe est connu notamment pour son penchant pour les chèvres et autres boucs (jouant en live avec des os et des crânes des bêtes sus-citées), qui est encore confirmé par le titre de cette nouvelle offrande. 

Lucifer Incestus marquait déjà un net tournant dans la musique du groupe, avec ses couches de blasts synthétiques, qui faisaient mal et amenait un côté plus death dans la musique, après un Necrodaemon Terrorsathan encore bien engoncé dans le terreau d’un black putride. Cependant, thématiquement, la bête n’a pas changé : on prêche la chute de la chrétienté, en mélangeant tout ça à un côté zoophile / sadomasochiste qui fait tout le jus et le charme de la formation de Salzbourg. Témoignent de ces sujets les prestations live du quatuor, qui se finissent presque toujours sur "Bondage Goat Zombie", jouée avec un masque en cuir pour Helmuth. Une autre des particularités du groupe est son utilisation de trois langues, à savoir l’anglais, l’allemand, qui rajoute une touche assez jouissive, « arsch » et « tier » sonnant mieux que « ass » et « animal », ainsi que le latin ("Fornicationum et Immundus Diabolus"). A côté de cela, on a droit à un black / death assez sauvage, mais qui en contrepartie ne lésine pas sur la mélodie, chaque titre ayant son passage mémorable. Ou plutôt, ses passages mémorables, vu la qualité ambiante qui règne tout du long. Mais on garde tout de même le côté malsain propre à Blutsabbath notamment, comme sur le rampant "Sepulture Of Hypocrisy" et son refrain mémorable.
Le chant aussi est puissant, se trouvant parfois doublé, et martelant avec conviction ses imprécations anticléricales et sexuelles (je retiens notamment le « Dead, Your God Is Dead » du même "Sepulture Of Hypocrisy". Et, cette fois-ci, la batterie n’est pas surmixée, en dehors de la caisse claire qui claque trop. L’efficacité de la formule n’est pas à prouver, mais on regrettera une seule chose : la durée de l’ensemble. Trente-cinq petites minutes et rideau. Quand on voit les albums suivants plafonner à presque cinquante, il devient clair que c’est trop peu. Cet argument se trouve appuyé par la sortie l’année suivante de Pestapokalypse VI, considéré comme leur meilleur disque, et d’une longueur bien plus honnête. En revanche, l’album est rempli de petites tueries, qui n’entachent nullement un parcours de vieux briscards rempli de disques dont les plus décevants sont seulement bons. Et c’est bien dommage de n’avoir plus de matériel à disposition. On sent le groupe au sommet de son potentiel d’écriture, la maturité est là. Et la nique est faite bien fort à Behemoth, autre formation du genre, qui entamait déjà un léger déclin après un Zos Kia Cultus et un Demigod explosifs
.

Le verdict s’impose de lui-même pour Goatreich - Fleshcult (et ça aidera bien ceux qui ont eu la flemme de lire les quelques lignes ci-dessus). C’est un très bon album handicapé seulement par une durée trop réduite qui laisse sur sa faim.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7