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CHRONIQUE PAR ...

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Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 06 février 2013
Sa note : 16/20

LINE UP

-Riccardo Nardocci
(chant + guitare)

-Dario Di Pasquale
(claviers)

-Enrico Sandri
(basse)

-Luca Urbinati
(batterie)

TRACKLIST

1) Mechanical Mixtures 
2) Flooding Blood 
3) Coverin’ Thoughts
4) Wait4more 
5) Fallen Angels
6) Stronger 
7) Where The Silence Remains… 
8) Sliver 
9) Hariel 
10) Ego’s End 
11) A Paraphreniac Menticide 
12) Still Alive ?

DISCOGRAPHIE


Karnya - Coverin' Thoughts
(2013) - metal prog - Label : Bakerteam Records



Afin d’enrichir ma chronique, j’ai cherché des informations sur Karnya sur un moteur de recherche. Ce dernier me répond effrontément que j’ai dû me tromper et que je devais vouloir avoir des informations sur le Kenya, c’est dire la notoriété du groupe… Et pourtant, ce dernier ne manque pas de qualités. Il me fallait à tout prix en dire tout le bien que j’en pensais, afin que la sphère internet cesse de considérer Karnya comme une faute de frappe. Ainsi, leur dernier album, appelé Coverin’ Thoughts, est une mélange d’influences diverses : rock progressif des années 70, métal moderne et musique classique. Et j’ajouterai bien une touche de heavy et de power-metal pour clore le tout. Alors, la mayonnaise va-t-elle prendre ?

C’est d’Italie et plus précisément de Rome que nous provient Karnya. Cette origine se ressent essentiellement dans les passages acoustiques d’inspiration classiques ("Fallen Angels", "Where the Silence Remains", "A Paraphreniac Menticide"). Mais ce que l’on retient d’abord de Karnya, c’est que le groupe envoie du lourd. De nombreux morceaux enclenchent directement le mode headbanging de l’auditeur. Et pourtant, la musique du groupe n’est pas directe, loin de là. D’inspiration progressive, les morceaux sont assez longs et plutôt tortueux. Malgré tout, Coverin’ Thoughts n’oublie pas d’être efficace avec des riffs plombés et des refrains entêtants. Les diverses influences du groupe sont plutôt bien intégrées. Si on retrouve des passages sacrément heavy, l'influence majeure est plutôt à voir du côté du power-metal. Ainsi, le groupe peut se faire très lourd ou très épique selon les moments. Cette variété est bien maîtrisée et fait toute la force de cet album. Car, malgré tout, ce dernier reste très cohérent du début à la fin. Les structures, plus complexes que le tout-venant, laisseront quand même les auditeurs adeptes du couplet/refrain sur le carreau. Mais Karnya produit une musique qui est accrocheuse dès la première écoute et s'enrichit avec le temps. La longueur des morceaux oscille de quatre minutes à seize minutes, mais seules deux chansons dépassent les sept minutes. D’ailleurs, après la pièce maîtresse "A Paraphreniac Menticide", qui avoisine le quart d’heure, Karnya nous gratifie d’une petite ballade : "Still Alive ?". Une pointe d’humour peut-être ?
Tous les instruments sont bien représentés. On appréciera les incursions remarquées de la basse par moment, notamment dans le semi-instrumental "Hariel". C'est toujours agréable d'entendre un groupe qui ne sous-mixe pas son bassiste. Malgré tout, ce sont majoritairement les guitares qui se taillent la part du lion, soutenu efficacement par les claviers, faisant souvent office de lead. Quelques éléments électro, utilisés avec parcimonie, enrichissent encore un peu le spectre. 
Sans remettre en cause le mérite des autres instrumentistes, force est de constater que Riccardo Nardocci fait des merveilles au chant. La variété et la qualité de ses parties enrichissent énormément la musique du groupe. On peut le retrouver agressif et grave sur "Stronger" (avec des relents de Sully Erna de Godsmack)très cristallin sur l’intro de "Where the Silence Remains" (avec des relents d’Andre Matos période Angra) ou alors plus old-school sur "Flooding Blood". Son large registre impressionne tout au long de l’album. Juste dans l'émotion et dans l'agressivité, il donne une vraie identité à Karnya. S'occupant également des guitares, ses soli sont également très réussis, toujours à propos et sans démonstration aucune. Du grand art. Quelques voix féminines, rares mais remarquées, s'intercalent dans les passages les plus évanescents du groupe.

Varié, riche en moments forts et non-dénué d’émotion, Coverin’ Thoughts déborde de qualités. Karnya montre toute l’étendue de son talent en parvenant à mixer de multiples influences dans un maelström cohérent et accrocheur. Et la richesse de l’ensemble fait que chaque écoute apporte son lot de surprises. Un grand groupe qui gagnerait à sortir de son anonymat.


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