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CHRONIQUE PAR ...

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Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 06 février 2013
Sa note : 18/20

LINE UP

-John Haughm
(guitare+chant+batterie)

-Don Anderson
(guitare)

-Shane Breyer
(claviers)

-Jason William Walton
(basse)

TRACKLIST

1) She Painted Fire Across The Skyline, Part 1
2) She Painted Fire Across The Skyline, Part 2
3) She Painted Fire Across The Skyline, Part 3

4) The Misshapen Steed
5) Hallways of Enchanted Ebony
6) Dead Winter Days
7) As Embers Dress The Sky
8) The Melancholy Spirit

DISCOGRAPHIE


Agalloch - Pale Folklore
(1999) - black metal folkisant - Label : The End Records



Continuant dans la voie que From This Oak montrait, à savoir de longues pièces alternant mélodies électriques avec des relents de doom et de black metal, et des parties acoustiques délectables pour l’amateur d’Opeth ou Enslaved post-Mardraum, Agalloch livre ici son premier véritable effort de longue durée. Un album qui a pu être marqué par les Katatonia et autres Paradise Lost dans leur période doom/death. En n’oubliant pas le chant féminin de Gothic d’ailleurs...

Ecouter Pale Folklore, c’est se retrouver au milieu d’une forêt d’octobre, au petit matin, lorsque la rosée coulant le long des racines et mousses se mêle à la brume caractéristique de l’automne tardif ("She Painted Fire Across The Skyline Part 1"). L’avancée au sein de ces tableaux est aisée, même si plusieurs passages sont nécessaires afin de saisir correctement toutes les grâces subtiles qu’ils recèlent. Bien que le temps semble avoir eu emprise sur tout ceci, le constat après plusieurs traversées est finalement que ce côté daté confère un charme supplémentaire, alors qu’un placement hors du temps aurait rendu le tout si peu naturel. Narcotique puissant, l’opus premier d’Agalloch nécessite tout de même une adaptation pour que l’immersion soit totale. Mais la communion avec la nature qui en résulte justifie totalement les « efforts » fournis par l’auditoire. Paré d’une robe rousse, le folklore pâle figure le ballet des feuilles automnales, narré par une voix susurrée et languissante, que les âges auraient polie. Les mélodies s’entrelacent, pareilles aux racines, servant de fondation à l’édifice qu’elles soutiennent, tout en ajoutant à sa magnificence. Lutter contre ces sonorités qui parlent directement aux viscères, serait vain, et l’auditeur n’a d’autre choix que de se laisser pénétrer par le chant de la mélancolie que Pale Folklore figure si bien.
Les guitares acoustiques au son boisé nous régalent de motifs imitant parfaitement le Verbe de la gent sylvestre ("She Painted Fire Across The Skyline Part 2"). Et il peut arriver que cette épopée forestière laisse entrevoir une clairière illuminée par de frêles rayons de l’astre solaire ("Hallways Of Enchanted Ebony"), permettant une contemplation béate et transcendante des alentours. Et lorsque la lumière meurt doucement, particule par particule, c’est pour amener un doux éveil, à la tombée de la nuit, lorsque le millénaire chemin de ces bois a enfin livré son secret, permettant une échappée vers l’enfer actuel, le tout sous un clair de lune vivifiant ("As Ember Dresses The Sky"). Les souvenirs accumulés durant cette escapade constituent autant de palpitantes histoires, que l’on peut, par la suite, narrer à d’éventuel curieux ("Dead Winter Days"). Ils constituent le pâle folklore, l’âme d’un disque qui fut enfanté pour être ensuite ouï devant des paysages champêtres, qui décupleraient son potentiel contemplatif, permettant à l’esprit de s’élever, hors de la chape des vicissitudes humaines. Enfin, pour peu que les conditions soient réunies, permettrait-il en son terme l’apocatastase de l’esprit, après que les considérations futiles et mortelles y aient été effacées par les poussières de la forêt, et l’épiclèse dont le Saint-Esprit aurait été remplacé par une entité sylvestre.
 

Laissant de côté toute considération musicale technique pour une approche atmosphérique et émotionnelle de la musique, Pale Folklore se pose comme la première perle d’une courte discographie remplie d’éclats de génie. Cependant, chaque album étant unique chez Agalloch, on ne retrouvera plus par la suite de disque possédant les mêmes caractéristiques que Pale Folklore. Mais, au vu du temps que celui-ci mettra à lasser, cela laisse une marge conséquente.


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