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CHRONIQUE PAR ...

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Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 03 février 2013
Sa note : 18/20

LINE UP

-Vitaliy Hlopov
(chant)

-Aleksander Sidorchik
(guitare)

-Vladimir Pzhenkov
(basse)

-Vasiliy Shapovalov
(batterie)


TRACKLIST

1) Intro
2) It Came (Aspid)
3) Towards One Goal
4) Give Me (Play For A Ballet)
5) Hey You!
6) Where The Night
7) Comatose State
8) Extravasation

DISCOGRAPHIE

Extravasation (1992)

Aspid - Extravasation
(1992) - thrash metal technique - Label : Ritonis



La Russie… sa vodka, son moustachu ultra-connu, ses clips de propagande (*)… Mais aussi un vivier de groupes méconnus. Les fans de slam death penseront à Abominable Putridity. Et les fans de thrash ? Au vu du passé communiste du pays, on pourrait s’étonner qu’un groupe de ce genre ne se soit pas élevé, armé de ses paroles engagées socialement, pour pourfendre fièrement le pourpre étendard au marteau et à la faucille. A vrai dire (attention révélation apocalyptique maya 2012 à venir !), si, dans un petit village d’irréductibles guerriers, quatre gus ont décidé qu’ils formeraient un groupe qui resterait underground pour toujours. Connu par quelques centaines (milliers avec beaucoup de chance) de personnes, le groupe de Volgodonsk (à vos souhaits) a pourtant livré avec son unique album une petite perle oubliée, à l’instar de Withered Beauty pour la scène black suédoise des 90's. Heureusement le gentil chevalier chroniqueur pourfendeur de promoz tout nazes sur son fidèle destrier de lumière étincelante est là pour rétablir la justice et l’équité !

Aspid, donc, est un quartet formé en 1988 qui accoucha de ce seul Extravasation en 1992 sans donner de suite à ce seul essai. Un fragment live venant d’une VHS est disponible sur Youtube, le reste étant perdu à jamais à cause de dommage à ladite cassette. Aspid est un de ces groupes très recherchés par les puristes sur les sites de ventes. Au-delà du Grin de Coroner presque introuvable à moins d’une trentaine d’euros, c’est le simple fait de localiser un exemplaire original d’Extravasation qui relève de l’épopée homérique. Au départ uniquement sorti en cassette et en vinyle, en petite quantité qui plus est, l’album a été réédité par Stigmartyr Records en CD en 2007. Tout ça pour un petit album de thrash méconnu ? Et bien… s’il avait eu la chance de pouvoir être correctement promu et distribué, il aurait très bien pu figurer aux côtés des Ride The Lightning, Rust In Peace, Agent Orange ou autres Mental Vortex, oui, rien que ça. Car, qu’on ne s’y trompe pas, cet album tue. Transpirant la classe, il mêla la vélocité d’un Megadeth période Rust In Peace avec la technicité des albums de Coroner, en gardant l’abrasivité d’un Reign In Blood ou d’un Pleasure To Kill en ligne de mire.
Et ce mélange surprenant de prime abord fonctionne. Notons aussi le chant, presque identique à celui de Vektor, très aigu et… en russe. Aspid a réalisé un exploit : mélanger sur un premier album violence et technicité, avec une intensité apte à maintenir l’attention de l’auditeur sur le disque du début à la fin. Cependant, ces Russes savent freiner le tempo quand il le faut, à l’exemple de "Give Me (Play For A Ballet)" qui commence de façon assez pépère avant l’arrachage de papier peint de rigueur. Que ce soit la tuerie "Towards One Goal" et son solo de batterie supersonique, ou encore la versatilité de l’instrumentale éponyme, tout y est. Notons aussi les blast beats de "Where The Night", pour ceux qui seraient en manque de violence. Ambitieux et bien construit, Extravasation a tous les arguments pour plaire à n’importe quel amateur de musique sauvage et dantesque. De plus, le remaster offert par la réédition est de bon aloi, loin du simple rehaussage des basses des rééditions de Death. Il offre de la visibilité à tous les instruments, dans un registre où cela est nécessaire, pour un résultat très appréciable qui laisse pleinement profiter de la virtuosité individuelle de chaque instrumentiste.


Bref, thrasheurs de tout poil, jetez-vous sur la petite bombe que voici, vous ne serez pas déçus. Marquant par sa technicité, rivalisant par son intensité avec la horde de deathsters qui pullulait, et surtout profondément génial, cet album se range facilement dans la première division du thrash, chose assez rare pour valoir ici un 18 mérité.

(*) http://www.youtube.com/watch?v=UPw2iS41LAA
 



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