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CHRONIQUE PAR ...

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Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 31 janvier 2013
Sa note : 8/20

LINE UP

-Vince
(chant)

-Johnny
(guitare)

-Eddy
(basse)

-Jezzie
(batterie)

TRACKLIST

1) Road To Nowhere (instrumental)
2) Secret Highways
3) Hotter Than You
4) Locked n’ Loaded
5) This Time
6) Hit The Ground
7) Thrill Me
8) Where The Angels Go To Die
9) Hollow Life
10) Sounds Of The City
11) Black Rose

DISCOGRAPHIE

Showdown (2013)

Rust n' Rage - Showdown
(2013) - glam sleaze - Label : Ektro Karkia Mistika Records



Pouf pouf devinette : ils sont jeunes, Finlandais et jouent du glam metal. De qui ces « garçons avec une attitude » - ce sont eux qui le disent - se sont faits les tronches ? Des mecs d'Hanoi Rocks, pardi. Qui étaient, rappelons-le, de jeunes Finlandais au look parfait qui jouaient du glam metal au début des années 80. Sauf que le chanteur de Rust n' Rage fait un peu tache avec sa coupe de cheveux d'employé de banque, son vrai métier si ça se trouve. Et puis, attention, ils ont pris des pseudos. Moins drôles que chez Steel Panther. Ils sont d'ailleurs moins drôles que Steel Panther. Et moins talentueux, aussi. Ce qui est nettement plus embêtant.

La comparaison avec le quartette californien n'est pas fortuite tant celui-ci, dans la lignée des Frenchies de Fancy, a su remettre au goût du jour un style aussi connoté et daté que le glam metal à un moment où on n'y croyait plus, ce tournant des années 2010 qui semble marquer une pause – ou du moins une incartade – dans la course effrénée à la noirceur qui sert souvent d'unique motivation à nombre de phalanges métalliques. La bande à Lexxi Foxxx a en effet su relancer le barnum en distillant une bonne dose de dérision dans son big rock de qualité, ce qui l'autorise à exhiber dès que l'occasion se présente des nanas qui ignorent jusqu'à l'existence même du mot pudeur. Comme sur la pochette de Balls Out (2011), par exemple. À côté, celle du premier album des Finlandais – une paire de fesses molles évoquant un verso féminin de Too Fast for Love (ou Sticky Fingers) – est à peu près aussi excitante que l'annonce d'un calendrier topless de Susan Boyle. Eh les mecs, la prochaine fois, pensez à récupérez une photo côté pile de Risa Yoshiki - ce n'est pas votre notoriété qui risque d'attirer l'attention sur d'éventuels reversement de droits d'auteur !
Oui parce qu'assez tristement, le contenu de ce Showdown est raccord avec ce que suggère son contenant : du glamour de troisième zone. C'est certes un peu sévère si l'on tient compte d'une indéniable énergie – la dernière arme des désespérés, dit-on. La guitare empile les riffs avec gourmandise sur des tempos généralement élevés pour un résultat qui évoque une mixture de Mötley Crüe, Guns 'n' Roses, Iron Maiden (si) et surtout - what a surprise ! - Hanoi Rocks. Sur "This Time", le groupe fait illusion en ramassant son propos sur une piste courte qui rappelle le Mötley des tout débuts (le meilleur), agrémenté d'un très bon solo et de chœurs rafraîchissants. Le reste n'est qu'une succession de plans archi rebattus d'autant plus pénibles qu'étirés inutilement et plombés par une production écrasée par la basse qui bride un dynamisme qu'on sent pourtant prêt à éclore. Et puis il y a le chanteur. Sa voix fluette intrigue avant de trahir sur les titres lents – le terrible "Where The Angels Go To Die" en tête - ce que l'on pressent dès les premières mesures : ce type chante faux. Pas tout le temps, pas horriblement, mais faux quand même. Et en plus il oublie de nous gratifier de ces fameux hululements qui faisaient craindre l'accident de braguette chez ses glorieux aînés. Frustration.


Visiblement désireux de prendre en marche le train « sleaze » (ou glam revival) mené tambour battant par leurs voisins suédois de Hardcore Superstar, HEAT et Crashdïet, Rust n' Rage, malgré sa fougue, accuse un sacré retard sur ces derniers en terme de songwriting et d'interprétation. Pourtant, les ressources sont là. Mais il va falloir que les résidents de Pori fassent preuve d'une sévère remise en question pour les exploiter. Alors les gars, si on peut se permettre : misez sur le guitariste, remisez le chanteur (ou payez-lui des cours de chant), trouvez-vous un vrai producteur et bossez vos chansons. Quant à la bad boy attitude, soit on l'a, soit on s'amuse de ne pas l'avoir et on fait rigoler le public comme Michael Starr et ses potos. Vu le degré zéro de dangerosité de vos morceaux, essayez la seconde voie, vous aurez au moins une chance, paradoxalement, d'être pris au sérieux. Et de mater des boobs à vos concerts.


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