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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-Jan Chris de Koeyer (chant+basse)

-Frank Harthoorn
(guitare)

-Boudewijn Bonebakker (guitare)

-Ed Warby
(batterie)

TRACKLIST

1)Revolt
2)Rise to Ruin
3)The War On Stupidity
4)A Question Of Terror
5)Babylon's Whores
6)Speak When Spoken To
7)A Grim Charade
8)Murder Brigade
9)The End Of It All

DISCOGRAPHIE

Rise To Ruin (2007)

Gorefest - Rise To Ruin
(2007) - death metal - Label : Nuclear Blast



Gorefest est un groupe à l’histoire assez atypique. Fleuron du death-metal dans le début des années 90, le groupe s’orientera – à la plus grande surprise (et déception) de nombreux fans – vers un style beaucoup plus rock’n’roll, quoique gras. Quelques années après, conséquence plus ou moins directe de cette réorientation musicale, le groupe est en crise et splitte. Depuis 98, au sortir de leur tournée avec Judas Priest, le groupe disparaît pour réapparaître en 2005 avec un album (La Muerte) plutôt bien accueilli par les amateurs, surpris de ce retour au source vers un death-metal un poil rétro mais efficace. Et nous voila en 2007 avec ce Rise To Ruin, titre qui semble résumer une partie de l’histoire de Gorefest…

…même si en ce moment, le groupe néerlandais semble être sur la pente ascendante. Cette reformation qui avait fait légitimement craindre le pire se déroule plutôt bien, et Gorefest renoue avec le succès et la qualité musicale que les fan de False (en 1992) ne cessaient de regretter. Mais depuis cette époque bénie par certains, les choses ont changés, et en particulier le paysage musical environnant. Depuis une poignée d’année, la mode semble être à la résurrection des géants du death (avec les excellents albums récents de Deicide, Immolation, Vader ou Cannibal Corpse) ou à la naissance de nouveaux groupes qui puisent le gros de leur inspiration dans les références incontournables des groupes du début de la décennie passée - souvent sans succès, d’ailleurs.

Hé bien ce Rise To Ruin fait partie des deux univers à la fois : une réactualisation de la musique de Gorefest à tous les niveaux (composition, production…) mais aussi une plongée dans le passé. Tous ceux qui avaient connu Gorefest à l’apogée de sa gloire ne peuvent qu’avoir été marqués par l’identité du groupe, et plus particulièrement celle de son bassiste-chanteur à la voix si caractéristique, Jan Chris de Koeyer. On le retrouve ici plus en forme que jamais (en ce qui concerne le chant, parce que la basse comme trop souvent dans le death metal, ne se démarque pas du tout), marquant de son empreinte vocale unique les neuf titres de cette galette. Au niveau du son, la production a connu – par rapport à False – un relifting partiel, c'est-à-dire qu’on a conservé ce son de guitare lourd et légèrement crunchy, mélange entre du Vader récent et du old-Entombed, mais remis au goût du jour, c'est-à-dire beaucoup plus puissant et percutant que ce qu’on pouvait faire il y a quinze ans.

Au niveau de la musique, c’est un peu plus contrasté. Encore une fois, la patte Gorefest est là, tant au niveau des riffs que des mélodies, mais le tempo a sensiblement accéléré. Les blast beats sont très présents et on note rapidement que la brutalité a été mise en avant, peut être au détriment de l’originalité. Heureusement, Jan Chris de Koeyer reste unique, avec ce timbre de voix si particulier qui contribue pour beaucoup à détacher la musique de Gorefest du reste de la production death du moment. Plus violent, donc, mais aussi plus varié : on notera (entre autres) les passages mélodiques de "A Grim Charade" et "Murder Brigade", l’intermède d’ambiance de "Revolt" et celui acoustique de "Babylon’s Whores", ou encore le refrain mélodique et puissant de "A question Of Terror". Ces passages aèrent avec succès des compositions parfois un peu étouffantes et permettent à l’ensemble de respirer.


Nul doute que l’accueil de ce Rise To Ruin sera plutôt chaleureux de la part des fans de la première heure, mais qu’en sera-t-il de l’amateur d’extrême qui n’aurait pas eu la joie de connaître Gorefest par le passé ? Il y a des chances pour que l’album soit là aussi bien accueilli mais il serait surprenant qu’il se classe d’emblée parmi les grands classiques du death. Les années ont passé, Gorefest est longtemps resté sur la touche, et ce retour un peu tardif semble avoir été programmé pour rattraper le temps perdu. Résultat, Gorefest reste un poil derrière ses concurrents avec un album ni totalement mauvais ni réellement indispensable, qui se pose là en tant qu’objet efficace à défaut d’être fondamentalement original.


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