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CHRONIQUE PAR ...

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Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 14 janvier 2013
Sa note : 16/20

LINE UP

-Jonas Heidgert
(chant)

-Olof Mörck
(guitare)

-Nicklas Magnusson
(guitare)

-Elias Holmlid
(claviers)

-Jesse Lindskog
(batterie)


TRACKLIST

1) Supernova
2) Cassiopeia
3) Contact
4) Astronomy
5) Antimatter
6) The Book of Shadows - Part IV: The Scrolls of Geometria Divina
7) Beethoven's Nightmare
8) Too Late for Sorrow
9) Direction: Perfection
10) The Old House on the Hill - Chapter I: A Death in the Family
11) The Old House on the Hill - Chapter II: The Thing in the Cellar
12) The Old House on the Hill - Chapter III: The Ring of Edward Waldon

DISCOGRAPHIE


Dragonland - Astronomy
(2006) - speed metal - Label : Century Media



Après quelques opus plutôt réussis, le groupe de power metal symphonique nous sort son quatrième album : Astronomy . Cette fois, c’est le cosmos qui sert d’inspiration aux Suédois. Alors, qu’en est-il ? Dragonland se serait-il décidé à évoluer ?

La musique de Dragonland a une base assez classique pour le power metal : le tout est mélodique, renforcé par des synthés orchestraux très présents et des riffs de guitare techniques. Il n’est pas rare que le groupe ajoute des voix féminines afin d’enrichir son propos ("Supernova", "Cassiopeia", "Too Late for Sorrow"). Afin d’éviter un côté trop mielleux, Dragonland sait durcir également le ton par des riffs plus lourds et puissants ("Contact", "Antimatter"). La musique est ici plus mature et évite certains écueils naïfs de leurs anciennes productions. Se basant moins sur une fougue juvénile et un enthousiasme qui les caractérisaient alors, Dragonland apporte une complexité dans sa musique. Moins directe et plus sombre, la musique gagne en maturité, au risque de perdre en spontanéité. Une évolution qui se retrouve dans la production de l’album, plus puissante et sombre.
On retrouve le côté orchestral du groupe sur "The Book of Shadows" (interlude instrumental) et le triptyque de fin "The Old House of the Hill Chapter", pour un total de près de 15 minutes de musique sans paroles, façon musique de film. Pour peu que l’on y soit sensible, il y a vraiment de belles choses à retenir. On pourra seulement regretter que cet aspect orchestral soit finalement si dissocié de l’ensemble. Le chanteur assure toujours de sa voix très agréable et puissante. Elle gagne en maîtrise sur certains morceaux et les parties de chant se font parfois moins évidentes et plus originales. Certains passages ont même des voix gutturales ("Antimatter"). Ajouté à la présence de voix féminines, le tout participe à la variété de l’album.
Mais que serait cet album sans la perle "Beethoven’s Nightmare" ? Le morceau le plus long de l’album (plus de 6 minutes) est la pierre angulaire de cet Astronomy. Démarrant sur un riff technique et accrocheur, c’est de loin le morceau le plus tortueux de l’album. Il n’est pas rare que les groupes de metal reprennent des morceaux de compositeurs classiques, mais ici, c’est fait de façon originale : des parties de différentes sonates de Beethoven se font entendre pendant le morceau (Sonates au Clair de Lune, Pathétique…). La dimension tortueuse et sombre de ce morceau permet au groupe d’atteindre un autre rang, bien plus mature que ses précédentes productions. Ironie de l’histoire, après "Beethoven’s Nightmare" suit "Too Late for Sorrow" qui sonne presque rock pour ado de par sa légèreté. 


A la fois varié, moderne, cohérent et ambitieux, Dragonland marque avec Astronomy une avancée majeure dans sa progression. Plus sombre et moins naïf, cet album permet au groupe de gagner indéniablement en épaisseur et en profondeur. Un album de power metal qui évolue vers une modernité salvatrice.


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