5709

CHRONIQUE PAR ...

3
TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 12 janvier 2013
Sa note : 10/20

LINE UP

-Hth
(chant+guitare+basse+programmation)

-kl. K.
(chant+batterie+programmation)

TRACKLIST

1) Hermetism
2) Teratology
3) The Singularity
4) Solitude
5) Antimatter
6) Solve et Coagula
7) Cypher
8) Decorporation
9) Le Vitriol du Philosophe

DISCOGRAPHIE


Spektr - Cypher
(2013) - black metal electro - Label : Agonia Records



Spektr est une entité française parisienne qui roule sa bosse depuis maintenant plus de 10 ans. Le groupe s’est fait notamment remarquer en mélangeant ostensiblement black metal et musique plus électronique ou trip hop. Le trip continue donc avec un Cypher qui vient titiller vos tympans avides de nouveautés. Billy est-il plus fort que Joe ? Cypher est-il plus black ou trip hop ? Ces vilaines questions ne seront qu’à moitié répondues.

En tout cas, l’avantage de Spetkr est qu’il met les choses au clair immédiatement. L’intro "Hermetism", au-delà d’être un bon test pour basse, verse dans le pur electro / trip hop que ne renierait pas Portishead, réellement le groupe qui a le plus inspiré Spektr dans sa partie hors metal. L’intro passe et arrive "Teratology", premier titre qui moud le grain black metal sans coup férir et ne laisse pas de place au doute : Spektr a beaucoup aimé la batterie de Wolf’s Lair Abyss de Mayhem. C’est la première chose qui saute aux oreilles. La basse est d’ailleurs également une réminiscence de Necrobutcher dans sa saturation. Au sujet de la batterie, même si les 2 musiques ne sont pas totalement équivalentes, il est à noter que la façon de jouer de kl. K. ressemble à celle de Hellhammer, la manière de marquer les temps ou les breaks appuyés. Bien sûr, nous n’évoluons pas au même niveau technique.
Pour ce qui est des riffs et du son de guitare, il serait tentant de rapprocher tout cela d’un Darkspace dans le sens où les distinctions entre les accords sont faibles et la saturation très forte dans les aigus. La façon de jouer n’est pas identique puisque point de mur sonore ici. Certains accords prennent le temps de s’égrainer pour respirer et vivre. Néanmoins, les riffs servent plus de support aux ambiances développées que de réelle création musicale car ils restent simples et peu développés. Cette ambiance donc ? Le son très froid de la guitare voudrait pousser au désespoir mais il est teinté d’indus ce qui fait penser aux machines plutôt. Malheureusement, ça sonne également creux car l’absence de réelle assise dans les basses se fait cruellement ressentir. Du coup on pense régulièrement à « quand est-ce que l’album va se terminer ? ».


Et ceci résume bien Spektr, symbole du black expérimental plus boursoufflé et hautain que réellement atmosphérique et original au final. On note de bonnes idées, de bonnes interventions, mais celles-ci sont toutes du côté trip hop, et encore, sûrement parce qu’on ne connaît rien au trip hop. Le côté black metal est bâclé sans être dégueulasse pour autant, moyen donc. Reste un album sans vie, mais également sans véritable âme qui laisse tout le monde sur sa faim.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6