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CHRONIQUE PAR ...

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Moumou le hibou
Cette chronique a été mise en ligne le 11 janvier 2013
Sa note : 17.5/20

LINE UP

-Yann Lignier
(chant)

-Guillaume Bernard
(guitare)

-Mika Moreau
(guitare)

-Matthieu Metzger
(claviers+saxophone)

-Jean Etienne Maillard
(basse)

-Florent Marcadet
(batterie)


TRACKLIST

1) Rocket Smoke
2) The Dreamer's Hideaway
3) Into the Void
4) Siren's Song
5) Corridors
6) Rising
7) Stratum
8) Walking on Clouds
9) The Worst is Over
10) A Finger Snaps
11) At the End of the Bridge

DISCOGRAPHIE


Klone - The Dreamer's Hideaway
(2012) - death metal metal atmosphérique - Label : Klonosphere



Après l'écoute du très bon Black Days, on se disait que le metal français avait franchement de la gueule. La musique proposée était à la fois classe, puissante et extrêmement bien ficelée. Les nombreuses influences étaient prestigieuses (Tool et Alice in Chains pour ne citer qu'eux). Cette fois-ci, ils sont de retour (pour nous jouer un mauvais tour ?) avec The Dreamer's Hideaway mais il n'est plus question de parler d'autres groupes, les Poitevins bombent le torse et s'affirment avec assurance. La chronique de Klone l'affranchi, c'est maintenant !!

L'album démarre avec l'un des tout meilleurs titres de cette année 2012, un missile nommé "Rocket Smoke" (vive la première boutade de 2013 !). D'emblée, une chose frappe par rapport à leur œuvre précédente : c'est lumineux à souhait. A l'image de la sympathique pochette, on se retrouve très loin dans les airs. La mélodie entêtante ne vous lâche pas, le crescendo sur le refrain est tout bonnement divin (mais quel chanteur ce Yann !) et le break juste avant la "jouissive explosion brise-nuque" (expression soumise à des droits d'auteur) tombe à point. Bref, premier titre, première claque. Le groupe enchaîne avec deux autres tueries : "The Dreamer's Hideaway" et "Into the Void". L'imposante piste éponyme durcit quelque peu le propos dans sa première partie avec un riff lourd et groovy avant de calmer le jeu avec un superbe solo de saxo. La troisième piste, quant à elle, renoue avec le climat sombre de Black Days et permet d'ajouter des nuances et un regain de profondeur (c'est bien connu, trop de lumière est dangereux pour nos petit yeux de metalleux). Un seul titre vient ternir légèrement le tableau, il s'agit de "A Finger Snaps" qui, sans être honteuse, dénote dans l'exceptionnelle qualité ambiante malgré la courte mais remarquable intervention de Doug Pinnick (chanteur / bassiste chez King's X). Mais cet écart s'oublie en un claquement de doigts (celle-là c'est pour les anglophones !), l'album recelant un véritable bijou onirique en fin de parcours avec "At the End of the Bridge".
Si on s'intéresse de près à la prestation personnelle de chaque membre, on se rend vite compte que le talent est grand, très grand même. Mention spéciale au chant bien sûr, le bonhomme peut vous faire décoller comme vous faire redescendre en une fraction de seconde (et ce n'est même pas un escalator, c'est dire). Prenez le refrain de "Rocket Smoke " ou les lignes vocales de "Siren's Song", on croirait planer par-delà les montagnes et les nuages alors que sur des titres comme "Corridors" ou "Rising", la colère et la tristesse nous mettent plus bas que terre. Klone est un groupe qui groove à s'en démonter les hanches et ce en grande partie grâce à une batterie d'une souplesse étonnante pour un groupe de metal ainsi qu'à une basse omniprésente et bien distincte des guitares. Mais Klone est également un groupe d'ambiances, c'est ici qu'interviennent les guitares, le saxophone et les claviers. Les riffs sont toujours complémentaires, tour à tour puissants (notamment sur la redoutable "Rising") et planants avec toujours des leads ambiants magnifiquement agencés. Le travail de composition est d'une richesse incroyable et la cerise sur le gâteau (ou l'inverse selon les goûts) correspond aux interventions de Matthieu Metzger qui donne ce côté "rêveries en libre service" à la musique des Français.


Certains, tout en concédant que le groupe possède un talent certain (de toute façon ils n'ont pas le choix !), semblaient embarrassés par les ressemblances avec les références des Français. Aujourd'hui, Klone n'est plus un clone et peut se targuer de prendre une place de choix  aux côtés des leaders tels que Gojira sur la scène française. Un groupe unique pour un album d'exception.


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