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CHRONIQUE PAR ...

8
Alexis KV
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Jason Blachowicz
(chant+basse)

-J.P. Soars
(guitare)

-Duane Timlin
(batterie)

TRACKLIST

1)Vowed Revenge
2)The Mauler
3)Surgical Strike
4)Dungeon Mask
5)Shadow Of Violence
6)Prelude To The Storm
7)Storm Of Hatred
8)Random Beheadings
9)Incarcerated
10)Judge, Jury & Executioner
11)Terror Zone
12)Sanctionized Homicide
13)Impervious Deception
14)Kill The King
15)Murderous
16)Reduced To Ashes

DISCOGRAPHIE


Divine Empire - Method Of Execution
(2005) - death metal - Label : Century Media



Réaliser un album de metal extrême « généraliste », c'est-à-dire incorporant des éléments de styles comme le death, le black ou le doom, est un exercice assez casse-gueule. Difficile en effet de fusionner tous ces éléments tout en proposant une musique cohérente et possédant une personnalité bien affirmée. Divine Empire essaye d'éviter l'écueil avec un Method Of Execution piochant dans tous les genres précédemment cités (et d'autres encore), mais reposant surtout sur une base solide de death brutal, dans la lignée des grands groupes américains comme Morbid Angel ou Cannibal Corpse. Un album percutant, efficace et ponctué de morceaux agréablement surprenants.

Pourtant, sur le papier, c'était loin d'être gagné: réalisé par des membres dissidents de Malevolent Creation, étiqueté « death metal de Floride » et arborant un logo d'un autre âge, Method Of Execution est le genre de galette qu'on enfourne dans le mange-disques avec un peu d'appréhension. Ces craintes sont hélas partiellement justifiées, car une petite moitié des titres est réalisée dans le pur style death metal, avec blast beats à volonté, changements de rythmique et riffs bien pesants, le tout agrémenté d'un bon grognement caverneux. Non pas que les membres de Divine Empire manquent de maîtrise dans leur interprétation, loin de là: la batterie martèle avec force et méthode, les riffs de guitare sont dissonants à souhait et Jason Blachowicz assure parfaitement son double rôle de bassiste/hurleur. Mais pour un auditeur un tant soit peu familiarisé avec le style, des compos comme "Random Beaheadings", "Incarcerated" ou "Terror Zone" ne recèleront pas énormément de surprises, voire même donneront une lassante impression de déjà-vu.

Là où la musique de Divine Empire se fait bien plus intéressante, ce sont ces titres où la bande originaire de Boca Raton (bourgade ensoleillée d'environ 100 000 âmes au sud de la Floride, pour les curieux) incorpore avec beaucoup de réussite des passages de black metal. Ainsi l'album s'ouvre avec un "Voved Revenge" dont l'intro n'aurait pas dépareillé sur un album d'Emperor, et Blachowicz se révèle être non seulement très bon dans le vocal death, mais également dans les hurlements haut perchés et blasphématoires. D'autres morceaux dans la même veine, tels "Surgical Strike", "Impervious Deception", "Kill The King" ou "Murderous" (ce dernier étant le moins réussi) ne constituent pas véritablement une révolution, car le mélange ne date pas non plus d'hier, mais le groupe assure particulièrement bien les transitions entre les différents riffs, assurant la bonne cohérence de l'ensemble. À noter aussi que le groupe ne pousse pas forcément le genre dans ses derniers retranchements, car les variations de tempo et de rythme restent assez rares et bien dosées, et évitent les 36 riffs par chanson, en gardant que les plus efficaces et percutants.

Une des influences (assumées) du groupe, c'est bien entendu Morbid Angel, dont l'ombre plane sur des morceaux alternant passages heavy mélodiques et bourrins, comme "Surgical Strike" et "Sanctioned Homicide", avec leurs solos très mélodiques du meilleur effet, ou encore "Dungeon Mask", au break pesant, presque doom. L'instrumental acoustique "Prelude To The Storm" rappelle dans l'esprit le "Desolate Ways" de la bande à Azagthoth, les violoncelles en plus, et sert d'introduction au morceau qui est la grosse réussite de l'opus: "Storm Of Hatred". Un début mêlant parfaitement death et black metal, puis une reprise du thème acoustique de "Prelude…" qui se meut progressivement en un riff de heavy épique à souhait, et enfin retour vers du métal extrême du meilleur effet. On regrette sincèrement que l'album entier ne soit pas de ce tonneau, car il aurait été dans ce cas une véritable bombe! En guise de conclusion, on aura le droit à "Reduced To Ashes", un instrumental bien agréable aux accents stoner, lui aussi très agréable mais un brin répétitif.


Method Of Execution est donc un album qui devrait ravir tous les amateurs du genre, car même s'il souffre de quelques longueurs (dix-sept titres et une heure de durée quand même), l'ensemble n'est pas redondant et surtout très bien maîtrisé.


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