5683

CHRONIQUE PAR ...

102
Moumou le hibou
Cette chronique a été mise en ligne le 19 décembre 2012
Sa note : 14/20

LINE UP

-Tony Kaikkonen
(chant)

-Wille Naukkarinen
(guitare)

-Tapio Vartiainen
(guitare)

-Tommi Kiviniemi
(basse)

-Pasi Pasanen
(batterie)



TRACKLIST

1) Faceless
2) Cold waves
3) Burden
4) Enemy of the Souls
5) The Centre
6) Havoc and Catharsis
7) Weakness
8) Seeds of Destruction
9) Wolf Eyes
10) Black Sheep Process

DISCOGRAPHIE

Sons of Aeon (2013)

Sons of Aeon - Sons of Aeon
(2013) - metalcore - Label : Lifeforce Records



Du metalcore... encore (oui je sais c'est nul et je ne suis certainement pas le premier à la faire) ! Style mal aimé (et c'est souvent justifié) qui compte en ses rangs certainement le plus grand nombre de jeunes chrétiens tous styles confondus. Le plus marrant, c'est que souvent quand on entend ces groupes, on s'imagine les pires des brutes épaisses vomissant leur tripes au fond d'une cave (cliché sur le metal numéro 1) mais non, ils sont jeunes, ils sont beaux et sentent bon le sable chaud. Et leur musique aux gars de Sons of Aeon, qu'est ce qu'elle sent ?

Pas si mauvaise que ce qu'on aurait pu imaginer. En même temps, si on s'arrête un seconde sur le line-up, on remarque qu'il y a du beau monde : Pasi Pasanen, l'ancien batteur de Swallow The Sun, ainsi que Wille Naukkarinen et Tommi Kiviniemi qui officient chez Ghost Brigade. A ce moment, on se demande ce que ce supergroupe finlandais, ayant des membres qui excellent dans le doom / death, un style jouant sur les émotions pour faire chialer les gros durs au cœur tendre (cliché numéro 2), viennent faire dans du metalcore qui est uniquement basé sur l'efficacité pour exciter les jeunes boutonneux (cliché numéro 3). Si le mélange est bien équilibré, on pourrait obtenir un metal imposant, efficace et racé qui nous titillerait la corde sensible, n'est ce pas ? Eh bien pas tout à fait mais presque. L'ouverture ("Faceless") impressionne d'abord avec son intro instrumentale de trois minutes d'une grande classe puis nous terrasse par sa puissance une fois le chant arrivé. C'est carré, puissant (mon Dieu, "Cold Waves" !), le vocaliste assure (même s'il varie peu), on aime ! La suite oscille entre plans metalcore façon Chimaira et parties death mélodique, qui sont de loin les plus réussies. Au menu des réjouissances, on a même droit à des morceaux beaucoup plus death ("Havoc and Catharsis" par exemple, qui envoie sévèrement) et même du blast pour réjouir les plus assoiffés de violence sur l'énorme "Seeds of Destruction". Les seuls moments d'accalmie se présentent au milieu de l'album ("The Centre", logique non ?) et à la fin ("Black Sheep Process"). Le premier renvoie par ailleurs directement au doom des groupes cités plus haut, avec un lead ressemblant étrangement à celui de "Clawmaster" du dernier Ghost Brigade.
Bon, on est rassuré, globalement c'est du bon mais au vu des qualités de composition des Finnois au sein de Ghost Brigade, cela aurait été surprenant. La production est impeccable (certains râleront, la trouvant trop propre), on pourra soigneusement ramasser ses dents après une paire d'écoutes à haut volume. Venons-en à ce qui fâche, car comme vous le savez, le chroniqueur n'est autre qu'un être frustré qui ne peut s’empêcher de trouver des choses à reprocher à tout ce qu'il entend, voit, mange, respire même. Premièrement on observe une certaine redondance, certains morceaux sont même presque aussi semblables que deux albums d' AC/DC ("Burden" et  "Weakness"). Deuxièmement (voyez le processus imparable de "reprochage", hé hé !) le groupe semble parfois ne pas savoir sur quel pied danser ou plutôt pogoter pour être précis. Effectivement, l'alternance de parties purement metalcore avec celles doom / death mélodique n'est pas toujours très habile et à tendance à tomber comme une mèche sur la soupe (c'est d'ailleurs assez flagrant sur "Burden"). Enfin, quelques riffs sentent le réchauffé, ce qui à tendance à fortement énerver l'auditeur au moment des bilans de fin d'année. Vous savez c'est comme avec les examens, le dernier à passer morfle toujours plus que le premier mais ce n'est pas le sujet (j'ouvrirai un topic là dessus pour recevoir vos avis, c'est promis !). Cependant, n'allez pas croire que ces maladresses gâchent le plaisir, elles sont largement compensées par la qualité globale de l'écriture car ces Finlandais savent composer et ne sont forment pas un énième groupe de metalcore lambda.


Vous l'aurez donc compris, ça le fait ! Il ne s'agit surement pas d'une œuvre incontournable mais Sons Of Aeon produit pour son premier album quelque chose de tout à fait respectable. Si vous vous ennuyez chez mémé durant ces périodes de fêtes, proposez donc cette galette en musique d'ambiance pour animer votre repas de famille (évitez quand même si certains de vos proches sont cardiaques !). A l'année prochaine !


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7