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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 17 décembre 2012
Sa note : 15/20

LINE UP

-Johannes Prem
(chant)

-Sabine Scherer
(chant+claviers)

-Thomas Huschka
(guitare)

-Gert Rymen
(guitare)

-Sebastian Reichl
(guitare+claviers)

-Tobias Graf
(batterie)


TRACKLIST

1) Demonic (Tonus Diabolus)
2) 10.000 Generations In Blood
3) The Year of the Crow
4) Everlasting Pain
5) Earth.Revolt
6) More Tragedies To Come
7) Awakened By Sirens
8) Kindgom of the Dead
9) May Angels Come
10) Harmonic

DISCOGRAPHIE

Earth.Revolt (2006)
Wolves (2007)
Manifesto (2008)
Bizarro World (2011)
The Arsonist (2013)
Hybris (2016)

Deadlock - Earth.Revolt



Au fil des albums, il n'est pas rare de voir les groupes adoucir leur propos. Tout le monde s'assagit et la fougue adolescente disparaît au profit d'une sagesse toute adulte et.. toute chiante. On trouvera bien sur quelques contre-exemples mais Deadlock n'est pas de ceux là. Souvent critiquée sur ses derniers opus pour verser dans le miaulement trop facile entre deux grognements de chat mal léché, il faut savoir que la formation avait commencé son oeuvre musicale d'une manière un brin plus rugueuse que ce à quoi elle nous habitue aujourd'hui. Earth.Revolt n'est certes pas un album de grind, mais tout de même, quelle énergie ! 

Et allez hop, on passe directement dans le vif du sujet, faisant fi de "Demonic...", morceau introductif parfaitement inutile. Au contraire, dès "10.000 Generations In Blood", le ton est donné. Claviers se voulant grandioses, riff blackisant qui tabasse, growl masculin lorgnant lui aussi vers le black et soudain... l'intrusion d'une voix claire, celle de Sabine, surnageant au dessus de quelques notes de piano, audibles malgré le magma sonore qui en arrière plan se transforme peu à peu en mélodeath suédois des grands jours : affreusement technique mais pourtant mélodique à souhait. L'équilibre parfait, finalement transformé en une fine orchestration sur la fin du morceau. En huit minutes intenses, Deadlock montre ce dont il est capable. Non vraiment, comme accroche, on a vu pire que sur ce Earth.Revolt. 
C'est que ce premier brûlot (Mita©) des Allemands ne verse pas encore, comme le feront ses successeurs, dans le mielleux de la chose (ni dans la techno, ni dans le rap, ni dans le saxophone, soit-dit en passant). Sabine, si elle est déjà présente, reste le plus souvent muette et n'intervient qu'en de rares et intelligentes occasions, exception faite de l'horrible final de "Awakened By Sirens", où la petite pousse sa voix vers des horizons lui étant encore largement inaccessibles. Le disque oscille donc entre le growl efficace de monsieur et la technicité irréprochable, et toute au service de la mélodie (pas de plan d'exhibitionnisme gratuit ici), de ses compagnons de bataille. Car c'est de cela dont il est presque question tant cet album déborde d'une énergie digne d'un champ de bataille. Enfin, un champ de bataille gentil quand même, qui se clôt sur une ballade digne d'Avril Lavigne, prémisse des dérives à venir (pas forcément désagréables, loin de là !).
Le groupe est énergique, c'est une chose. Encore faut-il canaliser tout cela pour former des morceaux. Miracle, les Allemands savent faire tout cela. Sans temps mort (allez, "The Year of the Crow" est un poil moins bon), les morceaux de bravoure s’enchaînent. "Everlasting Pain" speede comme pas deux avec ses soli / tapping irréprochables, "Earth.Revolt" se veut bourrino-mélodique comme le serait un In Flames au sommet, "Kingdom of the Dead" dévoile ses influences black (quel plaisir de scander ce « Kingdom of the dead ! ») tandis que "May Angels Come", du haut de ses 10 minutes, aligne riff sur riff comme l'étudiant enquille les bières le jeudi soir (mardi, pour certains...). A ceci près que si les bières sont de moins en moins appréciées au fil de la soirée, les riffs de Deadlock, eux, ne cessent de devenir meilleurs. Non vraiment, comme album, on a vu pire que ce
Earth.Revolt!
 
Earth.Revolt est un album technique, mélodique, efficace, et pas vendu pour un sou. Le genre d'album qui donne la pêche et qui ne dépareille pas entre ceux de The Duskfall et In Flames. (Un peu) à part dans la discographie du groupe, Earth.Revolt est plus... viril et moins accessible malgré une science sans faille du catchy et de l'urgence. D'urgence, justement, le fan de mélodeath devra écouter cet album. Et les autres peuvent le faire aussi tant qu'à faire. Allez-y sans vous soucier des critiques ultérieures puisqu'on vous dit qu'Earth.Revolt déboite ! Rha, il faut vraiment vous prendre par la main vous, hein ! 


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