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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 10.5/20

LINE UP

-Hans Vancouillie
(chant)

-Niek Devos
(guitare)

-Olivier Claeys
(guitare)

-Jürgen Elias
(basse)

-Peter Gaelens
(batterie)

TRACKLIST

1)Intro
2)When Worlds Collide
3)Dod Damn Right
4)As The Days Turn To Black
5)Road To Ruin
6)Fucking Deranged
7)Demon Inside
8)Poison For The Mind
9)Outcast
10)Unbroken
11)Bleed Me Dry

DISCOGRAPHIE

Demon Inside (2006)

Distorted - Demon Inside
(2006) - hardcore death metal - Label : Apache



Après le groupe de prog grec, le groupe de hardcore belge... les nouveautés de ces dernières semaines ont tendance à sortir du cercle sacré USA/Angleterre/Allemagne/Scandinavie et ce n'est pas plus mal. Les Distorted ont quatre ans d'existence et cette jeune carrière est déjà riche d'une présence en première partie de Pro-Pain en 2005. Pas mal pour un groupe qui n'avait à l'époque qu'EP six titres (Devil To Pay) à son actif! Se targuant de la présence de Tue Madsen (The Haunted, Dagoba...) au mastering, Demon Inside est donc leur premier véritable album et marque l'arrivée dans le groupe d'une seconde guitare en la personne de Niek Devos, pour un mélange hardcore/death version « straight in your face ».

Que les amateurs d'ultraviolence satanique ne s'emballent pas en lisant la référence au death de l'intro : il est question ici de hardcore avant tout. L'élément death le plus flagrant est le chant d'Hans Vancouillie qui est un cas intéressant : il utilise un growl caverneux qui pourrait passer sur du brutal-death voire du grind mais pose son phrasé d'une manière fondamentalement hardcore. Il suffirait de remplacer son timbre d'outre-tombe par un hurlement aigu à la Jamey Jasta pour que le tout sonne instantanément comme du hardcore classique. Le son de guitare est l'autre élément métal du tout : gras au-delà de toute expression il va à l'encontre de la production hardcore crue classique et pourrait tout à fait être utilisé tel quel par un groupe de power-thrash. Le son de batterie est très spécial : la caisse claire résonne beaucoup (pensez à Life Is Peachy de Korn) alors que la grosse caisse est triggée (pensez Fear Factory), ce qui donne un son d'une clarté extrême où tout se détache parfaitement. Et ce n'est pas forcément une bonne chose...

... car ce faisant on réalise que Peter Gaelens est à la lutte. Dès le début du premier titre "When Worlds Collide" quelque chose saute aux oreilles et on finit par mettre le doigt dessus après quelques instants : la batterie n'est pas tout à fait dans le temps et le son choisi fait ressortir ce défaut comme pas possible. Ce n'est pas constant sur l'album mais il y a un nombre conséquent de rythmiques et de breaks où on sent l'homme malhabile, à peine en retard ou en avance sur le temps. Peut-être qu'un non-musicien ne remarquera rien, mais pour peu qu'on ait l'oreille ce constat rend l'écoute de l'album pénible... sachant que le problème de Demon Inside outre cette batterie parfois hasardeuse est une tendance plus que gênante à la répétition. Les gimmicks du groupe sont nombreux et leur retour chronique finit par gonfler : le placement rythmique du chant est incroyablement peu varié et les riffs se ressemblent entre eux quand ils ne ressemblent pas à un autre groupe.

L'ombre de Pantera plane sur les riffs d'intros de "Road To Ruin" et "Outcast" et le riff d'entrée du titre final "Bleed Me Dry" évoque très fort Slipknot, ce défaut étant rattrapé par la présence de Gary Meskill de Pro-Pain au chant. Mais les limites de Distorted sont posées : les titres sont tous très directs, basés sur un nombre assez faible de riffs jumpy ou violents et des refrains qui reviennent souvent. La platitude rythmique du chant annihile son côté « growl de porc » et ce n'est que dans les incursions de mélodie (et en gros de métal) que le groupe insuffle ça et là au détour d'un énième riff pour moshpit qu'il devient vraiment intéressant. Le groupe possède également un sens certain de l'hymne : beaucoup de refrains sont entêtants et la simplicité des paroles permet de délivrer des messages bruts et forts comme dans "Fucking Deranged" qui sera forcément le titre culte des fans et un grand moment live. Car l'énergie est énorme et chaque chanson de cet album de Distorted dégage un potentiel live plus que conséquent... mais ce n'est pas ça qu'on demande à un album studio.


Un groupe orienté efficacité à 200%, ce qui rend l'écoute attentive assez inintéressante. Demon Inside n'est pas assez original pour qu'on le salue, mais Distorted devrait être un groupe de scène à ne pas rater... en espérant que le batteur ait appris à être plus carré d'ici-là. Réservé aux fans de hardcore.


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