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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 11 décembre 2012
Sa note : 17/20

LINE UP

-Sabrina Valentine
(chant)

-Camden Cruz
(guitare)

-Kevin Byrd
(guitare)

-Aaron Sluss
(basse)

-Keith Byrd
(batterie)

TRACKLIST

1) Beyond the Wall (Intro)
2) After the Fall
3) Forever Brave
4) Flame of Olympus
5) Symphony of Stars
6) The Fire Is Mine
7) Kardia
8) Fragile Minds Collapse
9) In the Twisted Twilight
10) A Debt Paid in Steel
11) The King in the North

DISCOGRAPHIE


Seven Kingdoms - The Fire is Mine



Les États-Unis sont, en musique, connus pour leur culture mainstream et le relatif succès des groupes à consommer (entendez par-là qu'on écoute, on aime, on jette). Mais, question metal, on retrouve aussi une pelletée de formations talentueuses, plus ou moins connues. Et après des débuts en heavy / thrash à chanteur, Seven Kingdoms, d'outre-Atlantique donc, s'est recyclé dans le power teinté de heavy à chanteuse. Et donc, qu'est-ce que ça donne, cette troisième livraison du nom de The Fire is Mine ?

Premier constat : la musique n'a pas été composée par des manchots ou des amateurs, bien au contraire. Tout y est carré et en place, et nos musiciens savent comment écrire un refrain qui fait mouche, sans jamais renier leurs influences (Iced Earth, Iron Maiden ou Theocracy) tout en ne tombant pas dans le plagiat, bien au contraire. Ils tendent à créer leur propre son, notamment grâce à l'apport du chant féminin. Les titres sont catchy à mort, et ça se montre dès l'excellent opener "After the Fall" qui va donner le ton de l'opus. Puissante, inspirée et épique, la piste ne fait pas dans la demi-mesure et dévoile plusieurs recettes des sept royaumes qui sont les chœurs masculins soutenant habilement la frontwoman, un point d'orgue, une guitare au premier plan et quelques lignes mémorisables facilement, sans tomber dans la facilité.
Il faut évidemment mentionner que Sabrina Valentine est également un réel plus pour le groupe. Dans ce milieu largement dominé par les hommes, les demoiselles sont souvent obligées d'adopter une tournure à la Doro / à la Tarja pour se démarquer de leurs compères masculins. Sauf que cette chanteuse là décide de ne pas manger de ce pain-là, et d'y aller avec sa propre personnalité, tant pis si ça ne le fait pas. Et si, ça le fait bien, et même plus : c'est excellent. Non seulement Sabrina maîtrise à merveille les différents registres qu'elle utilise, parvient à sublimer les morceaux mais, surtout, en livrant une interprétation qui se veut beaucoup plus personnelle qu'à l’accoutumée, elle est loin de tomber dans la bête mode du clone. Au contraire, elle trouve sa voie, ou devrait-on dire sa voix, voix qui sied à merveille à ce power metal véloce. Preuve que les dames valent bien les hommes dans ce style.
Bien qu'on puisse craindre une certaine linéarité ou baisse d'inspiration en écoutant ce brûlot, force est de constater que The Fire is Mine résiste aux écoutes successives et que le temps n'érode pas cette belle pierre. Le combo est intelligent et semble avoir compris que délivrer un disque diversifié est la clé de la réussite. Passant rapidement du power puissant (le trio de tête sans compter l'intro + "Fragile Minds Collapse") à des titres résolument heavy ou même à une intéressante pièce longue et prenante ("The King in the North" qui ferait une bonne BO pour Games of Throne), Seven Kingdoms apporte la preuve que la qualité ne se limite pas à un seul registre quand on parle d'eux. Qui plus est, on a même droit à une ballade et, le pire, c'est qu'elle fonctionne : une guitare, Sabrina, un invité (Matt Smith de Theocracy) et vous obtenez avec "Kardia" un moment émouvant qui passe à merveille.
Si "After the Fall" fait monter l'intensité, le reste ne la fera pas redescendre ! "Flame of Olympus" et ses accents speed est un morceau impeccable, au refrain qui ne s'oublie pas de si tôt. Ne vous étonnez donc pas s'il vous arrive de le fredonner de temps en temps. Mais ce serait oublier deux autres excellents titres qui ne méritent pas l'oubli : le duo "Fragile Minds Collapse" / "In the Twisted Twilight". La seconde, particulièrement, marque. Jouant sur le contraste entre des guitares acérées et massive et une Sabrina qui se fait plus cristalline et fragile sur le refrain, la piste est prenante. Il y a ce petit quelque chose qui fait la différence. Que ce soit en terme de musicalité ou sur un chant qui ne faiblit pas, tout y est pour délivrer un super moment de power / heavy bien torché. Nul doute que tout ça prendra encore une intensité supérieure sur scène.


The Fire is Mine est un excellent album, tout simplement. Les ingrédients de la réussite sont omniprésents, mais, surtout, le quintet peut réellement compter sur un élément clé qu'est sa chanteuse, toujours en forme et à l'identité affirmée. Et sinon ? Les pistes sont franchement bonnes, les refrains puissants … que demander de plus ? Une concrétisation scénique, sans doute. Mais quoi qu'il en soit, sur ce format-là, nos cinq rois peuvent régner encore longtemps sur le royaume heavy / power.


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