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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 02 décembre 2012
Sa note : 14/20

LINE UP

-Meyna'ch
(chant)

-Arkdaemon
(guitare)

-T. Persecutor
(guitare)

-Dave Terror
(batterie)

TRACKLIST

1) Jacob's Ladder
2) Jonah
3) Sternenfall
4) Death Worship
5) The Black Projector
6) The Second Coming of the Pig
7) Deus Irae
8) Jericho

DISCOGRAPHIE


Hell Militia - Jacob's Ladder
(2012) - black metal - Label : Season Of Mist



Mais qui est Jacob ? Ca va être la question à beaucoup d'euros qui certains risquent de se poser à la lecture du titre étrange de cet album. L'échelle de Jacob. Mais que nous veut Jacob ? Plus prosaïquement, c'est simplement l'échelle qui mène de la Terre au Paradis. Evidemment un thème biblique pour un groupe nommé Hell Militia, quoi de plus normal.

Hell Militia s'est également un groupe qui compte en son sein T. Persecutor (issu d'Arkhon Infaustus) à la guitare et Meyna'ch, éminence derrière feu Mütiilation. Il ne s'occupe que du chant ici, pour une performance honnête qui fait un peu trop la part belle aux effets pour être honnête, mais pourtant cela indique clairement la direction du groupe : black metal toute. Effectivement nous ne sommes pas dupés et c'est une production assez énorme dans son style qui nous emmène dans un monde black metal très froid, avec une consistance palpable pour chaque instrument et une distinction de tous les instants. Bref le style de production à la Immortal ou Dark Funeral voire Funeral Mist, tout en étant plus saturée.
Musicalement on fait du ping avec des blasts classiques et du pong avec des riffs bien plus lourds portés par une batterie pachydermique. Hell Militia sait jongler entre les deux avec brio et c'est immédiatement que l'album fait mouche. Dès la première écoute s'installe dans le cœur du black metalleux cette larme de désespoir qui lui sied si bien. Ce ne sont pas les passages à la Forgotten Tomb, où les accords plus éthérées s'égrainent, qui vont le ressortir de sa pénombre. A chaque variation de rythme se trouve un riff solide, bien exécuté et superbement supporté par une batterie sobre mais juste. Du coup on se prend d'envie d'aimer l'album, chose qui finit fatalement par rapidement arriver. Entendre en 2012 un tel manifeste black metal qui a compris qu'il faut savoir embrasser la modernité est touchant.
Ne nous laissons pas emporter pour autant, car l'accessibilité manifeste de ce disque, pour le fan de black metal s'entend, fait que rôde l'ennemi intime : la lassitude. Et effectivement, Jacob se prend les pieds avant d'atteindre le sommet de son échelle. Jamais il n'atteindra le Paradis (ou plutôt l'Enfer on suppose) car il pêche dans le dernier geste. Au moment de transformer son essai, on sent qu'il lui manque ce brin de folie furieuse et incontrôlable qui lui ferme les portes du grand. Jacob's Ladder est trop policé dans son approche des riffs et c'est peut-être une conséquence néfaste du trop gros travail apporté à la production. Peut-être une conclusion stupide, mais le résultat est que l'album ne sonne pas aussi « evil » qu'il le devrait pour nous faire chavirer définitivement.


Voilà un bel album de black metal traditionnel moderne, si on accepte la dénomination. Malheureusement il y perd ce supplément d'âme, surtout sur la durée en fait. Ce trop bel enrobage nous plonge trop rapidement dans ses moindres recoins, si bien qu'il n'y a rapidement plus de surprise.


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