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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 30 novembre 2012
Sa note : 18/20

LINE UP

-Daniel Corchado
(chant+guitare+basse)

-John McEntee
(guitare)

-Kyle Severn
(batterie)


TRACKLIST

1) Impending Diabolical Conquest
2) Desecration (of the Heavenly Graceful)
3) Disciples Of Blasphemous Reprisal
4) Unheavenly Skies
5) United In Repungence
6) Shadows of the Ancient Empire
7) Ethereal Misery
8) Unto Infinite Twilight/ Majesty of Infernal Damnation

DISCOGRAPHIE


Incantation - Diabolical Conquest
(1998) - death metal - Label : Relapse Records



Pour rappel, Mortal Throne Of Nazarene est déjà sorti depuis quatre ans. Excellent disque de death occulte, ce premier apportait un côté plus pachydermique et ambiancé à la musique du groupe. Il se passe quoi concrètement chez Incantation après ça ? On n’a plus d’idées nouvelles et on se contente de rester sur la formule précédente en pondant une copie conforme en moins bien ? Lol nope.

Diabolical Conquest est le sommet de la carrière d’Incantation. Voilà, ça c’est dit. Après avoir retourné le Vatican sans dessus-dessous en l’ensevelissant sous des tonnes de boue, le quartet décide de brûler le tout. En dehors de cette métaphore douteuse (faire brûler de la boue, facile, comme chacun le sait), il est évident que le changement vient surtout de la vitesse d’exécution. Pied au plancher, grosse cylindrée, coureur cycliste dopée aux hormones pour cheval. Autant d’expressions qui résument bien le phénomène (mieux qu’aspirateur à neutrons en tout cas) : l’auditeur mange du blast, à toutes les sauces, tout le temps. Le doom death du précédent opus s’efface devant la surenchère de violence, et seul subsiste un monolithe de 17 minutes reprenant cet aspect. S’il y a un seul problème avec cet album, il provient du line-up. Corchado est loin du niveau de Craig Pillar, légendaire gosier abyssal qui participait activement à l’ambiance des deux albums précédents, bien qu’assurant une prestation honorable à base de « BLEUARGLH » à la fin des syllabes.
Mc Entee a même eu la bonne idée de mettre de la mélodie,dissonante heureusement loin des Beatles, ici et là ("Disciples of Blasphemous Reprisal", "Unheavenly Skies"). C’est vrai que ces 45 minutes de death metal riches en blast nécessitent quelques aérations. Globalement, les compos tuent, alignant un bon paquet des riffs comptant parmi les meilleurs qu’aient sorti Johnny, alternant toujours entre le « maléfique Satan ma bite » et le « tabassage de ta tête ». La production, plus claire que celle de Mortal Throne..., restitue davantage le côté violent, elle est donc adaptée. A ceci près cependant que la batterie est assez étouffée, la principale victime de ceci restant la grosse caisse, audible très souvent, mais réduite à un simple « tum-tum ». Autant dire, ça diptérosodomise très fort dans le coin. C’est le seul album d’Incantation qui les rapproche un tant soit peu d’Immolation. L’ambiance funeste et le côté bancal de la deuxième partie d’ "Ethereal Misery" notamment, ou le passage avec le duo voix / basse sur le dernier morceau, qui fait penser à Ross Dolan. Que dire de plus ? Lorsque le vilain petit canard méconnu se mêle au vol du grand aigle immaculé, le résultat cloue bien sèchement le bec à l’opposition. Comme le reste de l’album d’ailleurs.


Bref, le sommet d’un des géants du death, pierre angulaire du genre, injustement méconnue, comme d’habitude avec eux. Si vous ne le connaissez pas encore, tâchez d’écouter rapidement ce disque.

P.S. : dédicace à ceux qui, comme moi, se font toujours avoir par la reprise de "Ethereal Misery".



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