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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 30 novembre 2012
Sa note : 16/20

LINE UP

-John McEntee
(guitare+chant)

-Alex Bouks
(guitare)

-Chuck Sherwood
(basse)

-Kyle Severn
(batterie)

TRACKLIST

1) Invoked Infinity
2) Ascend Into The Eternal
3) Progeny Of Tyranny
4) Transcend Into Absolute Dissolution
5) Haruspex
6) Vanquish In Vengeance
7) Profound Loathing
8) The Hellions Genesis
9) Legion Of Dis

DISCOGRAPHIE


Incantation - Vanquish In Vengeance
(2012) - death metal occulte - Label : Listenable Records



Incantation est le groupe le plus mal aimé de la vague de NYDM (ou New York death metal pour ceux qui n’aiment pas les abréviations). Pourtant, il fait office de tête de gondole du style, avec Immolation et Suffocation. Mais rien à faire, le joyeux quartet mené par Mc Entee depuis déjà 20 ans reste cloîtré au rang de groupe pour trve. Le côté légèrement monolithique du groupe y est peut-être  pour quelque chose.

6 ans pour pondre un nouvel album : que c’était long. Et surtout on se demandait ce que ça allait donner. Une énième déclinaison chiante de la désormais célèbre formule façon Dominate Christendom, ou bien un retour à plus d’explosivité à la Primordial Domination ? Rien de tout ça, ils sont carrément revenus à la glorieuse époque des Onward To Golgotha et autre Diabolical Conquest. Déjà, ce premier "Invoked Infinity" qui rentre directement dans le vif du sujet avec un riff evil direct et sans concession typique du groupe enchaîné sur une bonne séance de blasts, donne le ton. Pas de pitié, que les faibles [chrétiens] courent se cacher. Le tout saupoudré du growl de Mc Entee, qui a encore gravi un échelon dans l’échelle des chanteurs de death, avec des grognements putrides explosifs. Le blast intensif était déjà présent dans Blasphemy, mais là le propos n’est pas tout à fait engoncé dans cette ligne directrice. En effet, les ambiances sont encore là, par le biais de passages plus lents ou faisant la part-belle à des « mélodies » (l’intro de "Ascend Into The Eternal"), mais la violence n’est jamais loin, à l’exemple de "Vanquish In Vengeance" qui pose une frontière très ténue entre les deux, alternant bourrinages et passages à la gloire du Malin. En vérité (sur la tête de ma mère), cet album se poserait presque en synthèse des trois premiers albums.
Reprenant le côté effréné d’Onward, riche en blasts, en y adjoignant les ambiances marécageuses ("Progeny Of Tyrany" et son refrain plutôt embourbé et aliéné, "Transcend Into Eternal bidule-chose" et ses larsens qui rappelleront la fin de "Emaciated Holy Figures" aux plus connaisseurs) du culte Mortal Throne Of Nazarene, et un petit côté conquérant tout droit sorti de Diabolical Conquest (rah mais le début de "Transcend Into Absolute Dissolution" avec la batterie qui n'a même pas besoin de blaster tellement ça te met à genoux, "Haruspex" lancée comme un char d’assaut démoniaque). Cependant, même si l’ensemble de l’album prend à sec toutes les sorties du genre qui se revendiquent un peu dark, le groupe rate pour une fois son exercice préféré. Catastrophe, mais d’abord, quel exercice préféré ? Celui du morceau fleuve doomisant d’au moins 8 minutes (allant jusqu’à plus de 15 sur celui de Diabolical) qui clôt habituellement les albums de la formation. Disons que, une fois n’est pas coutume, l’inspiration manque à partir de la cinquième minute, et on se repose trop sur la lenteur, quitte à ne plus réellement créer une atmosphère, mais plutôt provoquer l’ennui. Ah oui sinon, vous avez vu le solo qui sonne légèrement céleste avant de retomber dans l’immondice sur "Haruspex" ? Original pour une formation qui n’use vraiment pas souvent de cet artifice.


En bref, ce Vanquish In Vengeance est le meilleur album qu’ait sorti Incantation depuis Diabolical Conquest, addition efficace des éléments qui ont fait la réputation (renommée est bien malheureusement un trop grand mot pour eux) de la formation. Dans une année 2012 plutôt pas mal servie en death (entre Spawn Of Possession, qui aura lui aussi mis 6 ans à servir de la nouveauté, Dying Fetus, Hour Of Penance ressuscité, Gorod, Napalm Death et quelques autres gros noms), on pourra ajouter fièrement cette cuvée des bûcherons new-yorkais. 



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