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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 23 novembre 2012
Sa note : 15/20

LINE UP

-V.I.T.R.I.O.L.
(chant)

-Irrumator
(guitare+basse+programmation)

TRACKLIST

1) The Blood-Dimmed Tide
2) Forging Towards the Sunset
3) To Spite the Face
4) Todos Somos Humanos
5) In Coelo Quies, Tout Finis Ici Bas
6) You Can't Save Me, So Stop Fucking Trying
7) Make Glorious the Embrace of Saturn
8) Feeding the Beast
9) Of Fire, and Fucking Pigs
10) A Metaphor for the Dead

DISCOGRAPHIE


Anaal Nathrakh - Vanitas
(2012) - black metal résolument brutal - Label : Candlelight



Cela fait des années que vous expliquez patiemment à votre entourage que non, le metal ce n’est pas du bruit. Vous avez tout tenté : le hard FM, le black folk, le metal à chanteuse, mais rien n’y fait, on continue à vous contrarier avec les sempiternelles remarques : « Ah ben vu ce que t’écoutes… (rires) », « Oh de toute façon, toi et ta musique… (autres rires) ». Il est temps de passer à la seconde phase, celle de l’électrochoc, le coup de poing qui rentre par une oreille et sort par l’autre, le « Mamie Tromblon ! » de Polevoorde dans C’est arrivé près de chez vous. Il est temps de sortir Vanitas, le dernier Anaal Nathrakh, qui fera autant d’effet que ses prédécesseurs. Le duo britannique continue à prêter main forte aux adeptes des thérapies radicales.

Anaal Nathrakh ne fait pas dans le compromis. Le projet de Dave Hunt / V.I.T.R.I.O.L. et Mick Kenney / Irrumator, également aux manettes de l’intrigant Professor Fate, a un but clair : faire que la violence musicale soit poussée à des extrêmes rarement atteints, tout en préservant une clarté de son d’une limpidité faisant passer l’Evian pour de l’eau croupie. Pour atteindre son objectif, la recette employée est assez simple, tout au moins sur le papier. Il s’agit de faire coexister une rythmique comparable à un marteau piqueur ayant passé quelques jours dans les mains du préparateur médical d’une équipe cycliste, des hurlements d’un sanglier auquel on arrache les testicules avec les dents et, dans une proportion moindre mais tout de même très significative, des mélodies léchées, presque raffinées, tout à fait dans la veine des mythiques chorus de Dimmu Borgir. Ce dernier point et la clarté de la production sont d’ailleurs les différences fondamentales entre Anaal Nathrakh et l’immense majorité des groupes de brutal death / black ou de grindcore. Vanitas est à des années-lumière du F.E.T.O. de Napalm Death, par exemple, et un peu plus proche du With No Human Intervention des Italiens fous d’Aborym.
Alors bien sûr, certains titres de cette septième livraison se contentent de bastonner à mort ("The Blood-Dimmed Tide", "Make Glorious the Embrace of Saturn","Of Fire, and Fucking Pigs"), mais Vanitas n’est pas monolithique, les Anglais prenant le soin d’aérer nos tympans sanguinolents par quelques mélodies bien venues. A l’exception du brutalissime et jouissif "Todos Somos Humanos" et son intro électro-orientalisante, ce sont d’ailleurs les morceaux les plus mélodiques (enfin bon on se comprend…) qui sont les plus accrocheurs : "Forging Towards the Sunset" possède un refrain superbe qui contrebalance avec beaucoup d’élégance l’agression perpétuelle, tout comme "In Coelo Quies, Tout Finis Ici Bas" (avec un -s- à la fin de Fini, les vilains…). La clôture de l’album est également d’un niveau remarquable avec le très heavy "A Metaphor for The Dead" dont le refrain lyrique est là encore une véritable merveille. L’autre morceau joué sur un tempo relativement lent, "Feeding the Beast", est également appréciable, non seulement parce qu’il permet de souffler un peu, mais encore parce que l’ambiance black / indus' qu’il dégage est en parfaite harmonie avec les vocaux du sieur V.I.T.R.I.O.L.. Bref, Vanitas ne déçoit pas : il tue à mains nues il extermine même, mais avec classe, une rose accrochée à la boutonnière.


« Alors chérie, alors les gars, vous avez compris ? A chaque critique de mes goûts musicaux, je remets Vanitas» Merci Anaal Nathrakh pour mettre un terme aux éternelles querelles musicales ! Vous allez pouvoir installer au sein de votre famille et de votre cercle d’amis le règne de la terreur et enfin passer tous vos CD (tous !) sans que personne ne se plaigne. A la moindre rébellion, il vous suffira de montrer au mécontent la pochette du dernier album du Thrakh… Peut-on espérer mieux, à savoir que certaines de vos relations, aux penchants masochistes prennent goût à la punition ? Vanitas est un album de qualité, plus raffiné que ce que l’on pourrait croire à la première écoute, donc on ne sait jamais…


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