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CHRONIQUE PAR ...

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RuboubartacsimeuS
Cette chronique a été mise en ligne le 20 novembre 2012
Sa note : 9/20

LINE UP

-James Farwell
(guitare+chant)

-Dan And
(guitare+chant)

-Masa Anzai
(basse)

-Matt Wood
(batterie)

TRACKLIST

1) An Old Friend
2) Anxiety Puke / Lovelessness
3) Last and First Things
4) Blood Music
5) Clozapine Dream
6) Finally Asleep

DISCOGRAPHIE

Quiet Earth (2008)
Dark Ages (2010)
Lovelessness (2012)

Bison B.C. - Lovelessness



Dans la vie, il faut parfois prendre des risques et se jeter à l’eau, notamment quand on veut faire partie de la tribu des Eternels. Donc on chronique des choses que l’on ne connait pas, ni d’Eve ni des dents histoire d’impressionner les z’eterboss (et aussi pour éviter les châtiments corporels mais ça c’est une autre histoire). En même temps, c’est également l’intérêt de cette mission de chroniqueur, découvrir des groupes, des styles musicaux… J’ai donc jeté mon dévolu sur un gros z’animal (j’aime bien mettre des z partout, j’ai du trop regarder Zorro quand j’étais petit), un bison, qui plus est canadien. Alors c’est parti, pour l’autopsie de la bête. 

Apres radiographie, on se rend compte que ce Bison est constitué d’un peu de heavy, d’une dose de stoner, de beaucoup de rock’n’roll tout cela agrémenté d’un chant (trop rare à mon goût) plaintif et désespéré (c’est clair que c’est pas cet album qui va te filer la pêche, ami dépressif, passez ton chemin). Et là, vous vous dites que ça doit être un beau bordel. Ceci n’est pas faux ! Alors dans cet album, seulement six morceaux, mais certains font plus de dix minutes ! Bizarrement, quand j’ai vu ça, j’ai eu comme un drôle de pressentiment… Résultats des courses, on se retrouve avec des plages très inégales, parfois découpées à la va-vite en plusieurs parties, ce qui laisse à penser qu’il aurait peut-être été plus intéressant de faire des morceaux plus courts mais moins alambiqués. Là on se retrouve parfois avec beaucoup de variations de tempo en peu de temps, à tel point qu’on à parfois l’impression d’être sur les montagnes russes un soir de cuite.
Après ça, vous devez penser que ce Lovelessness est dénué d’intérêt ; et bien détrompez-vous, on retrouve d’excellents passages, notamment quand Farwell et And daignent mettre leurs voix au service de leur musique (on se retrouve parfois sur certains morceaux avec plus de trois minutes d’instrumental, perso ça me saoule, sinon je serais fan de Jean-Michel Jarre). Et c’est bien dommage car les parties chantées sont plutôt bien foutues, et le traitement réalisé sur les voix renforce le coté old school. Par exemple, dans "Last and First Things" après plus de quatre minutes d’intro (quand même !), on a le droit à un petit bout de morceau, très sympa qui rappelle les eighties (rien à voir avec un film à la con), comme la première minute de "Anxiety Puke / Lovelessness". Le chant donne vraiment corps au morceau et casse un peu le coté bordelique (parfois franchement pénible) des longues parties instrumentales. "Clozapine Dream" est pour moi le meilleur morceau de l’album, sans aucune hésitation, peut-être parce que sa construction est un peu moins expérimentale.


Pour résumer ce bison est énervant. Lorsque l’on écoute cet album on a l’impression que cet animal se laisse vivre. Si on était à l’école, on lui mettrait un avertissement travail et on lui dirait de bosser un peu et d’arrêter d’être « un branleur qui passe son temps à jouer au baby-foot et à fumer des pétards » dans la prairie. On ressort de l’écoute de cette galette avec un goût d’inachevé (malgré l’atmosphère déprimante de l’album, reprendre plusieurs fois le même thème semble limiter le coté créatif), parfois suffisant. C’est vraiment dommage car ce groupe montre avec trop de parcimonie qu’il est capable de beaucoup, mais alors beaucoup mieux…


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