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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 11 décembre 2012
Sa note : 14/20

LINE UP

-Sabine Hamad-Linfoot
(chant)

-Shane Linfoot
(guitare)

-Nathaniel Smith
(basse)

-Matthew Shriffer
(batterie)

TRACKLIST

1) Hour of Judgement
2) Drown the Wood In Blood
3) Standing In the House of Suffering
4) Childhood's End
5) The Spell of Doom

DISCOGRAPHIE


Rituals of the Oak - Hour of Judgement
(2009) - doom metal - Label : Eyes Like Snow



Quoi ?! Encore un groupe de doom de seconde zone ? Le genre n'est-il pas censé être confidentiel ? Si. Et c'est justement pour cela que l'on retrouve tant de groupes confinés dans cette horrible "seconde zone", sorte de purgatoire musical. Autant prévenir: en matière de doom traditionnel, l'expérience m'a rendu exigeant. C'est que j'en ai mangé des groupes estimant que le doom n'est qu'un heavy joué au ralenti : « LOL, on fait comme Sabbath, on est trop doom ». Et bien non messieurs, il ne suffit pas d'être lent pour être doom. Tout ceci étant clarifié, laissons aux Australiens de Rituals of the Oak le bénéfice du doute et accordons leur un peu de notre temps. 

Chouette pochette non ? Bien doom, bien noire. C'est déjà ça de pris, félicitations. Ouvrons désormais l'objet... Un coup d'oeil au line-up intrigue : Sabine serait-il un nom d'homme en Australie? Pas que je sache... Ce serait donc une chanteuse qui officierait sur cet album? A la bonne heure, voilà qui suscite autant d'intérêt que de crainte : pitié, pas de cris suraigus, pas de diva reconvertie. Vous imaginez Marcolin version féminine? Sans le talent, on court droit au calvaire. Le reste de l'objet ne nous apprenant pas grand chose d'autre, il est temps d'entrer dans le vif du sujet. Et Rituals of The Oak ne nous ment pas sur la marchandise. La musique est lente, le ton est funèbre et la musique sans artifices. Pas de claviers ici, pas de flûtiau, pas d'originalité : roots est le maître mot. Cela permet même d'entendre la basse, pour une fois ! Et le pire, c'est qu'elle assure ("Standing In The House of Suffering"). Première impression : pas mal du tout.
Sur cette musique résolument doom, qui n'accélère qu'en de rares mais pertinentes occasions (ah, ce riff sur "Drown the Wood In Blood", classique mais jouissif), le chant est effectivement assuré par une voix féminine. Et surprise, ce n'est pas du tout désagréable, loin de là. Sans être la voix du siècle, Sabine tient son rôle juste comme il faut, sans jamais trop en faire. Ni montées dans les ondes réservées au peuple canin, ni vibrato à n'en plus finir. Tout est juste comme il faut. Et si cela semble simple, c'est en réalité surement aussi complexe que d'obtenir un fondant réellement fondant (et pas juste moelleux). Autant de retenue est donc quelque chose de remarquable et, vraiment, merci pour ça. Qui plus est, cette voix s'articule à merveille avec l'esprit épique des compositions. Car à la différence de beaucoup de formation de "seconde zone", le fluide du doom s'écoule ici avec classe. Ce n'est pas sur-joué, c'est simplement joué. Avec les tripes. Mince : voilà décidément une bonne surprise. 
« Mais est-ce que c'est triste tout ça au moins? », s'impatiente Dr. Doom, amateur de musiques qui vrillent son petit coeur.. Et bien oui et non. Non parce que le doom traditionnel est rarement si sombre que ça. Mais oui car le poids de la vie, tu vas le sentir sur tes épaules Doc', t'inquiète pas. D'ailleurs le batteur est là pour te le rappeler. Bah ouais, il y a un batteur qui ne fait pas que poum-tchak. Sympa. Et si les riffs, de très bonnes factures (le final de "Standing In The House of Suffering" ou ceux de "Childhood's End": merci au doom-fluide, encore une fois!), ne suffisent pas, le groupe a pensé  bon d'incorporer quelques interludes acoustiques (voir la deuxième moitié de "The Spell of Doom", pfiou !). Et c'est lent. Très lent. Et beau aussi. D'ailleurs, ce final est tellement classe qu'il pourrait continuer sans problème quinze minutes de plus. 


C'est drôle car sur le papier, mis à part la présence d'une voix féminine -qui ne surjoue pas de cette particularité et c'est tout à sa gloire-, Rituals of the Oak fait exactement comme tout ses petits potes de l'ombre. Sauf que si j'avais à parier un kopeck sur l'avenir du courant, nul doute que les Australiens feraient partis de mes poulains. L'écoute de ce Hour of Judgement donne le sourire: enfin quelqu'un capable de prendre la relève ! C'est tout bête, mais en enchaînant des bons riffs, des bonnes lignes de chant, le tout aidé d'une bonne section rythmique et doté d'une chouette production, on obtient un bon album. Et merci, merci beaucoup pour ça.


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