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CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 18 novembre 2012
Sa note : 11/20

LINE UP

-Benedikt Rathsmann
(chant)

-Emmanuel Seis
(guitare)

-Bernarhd Lindner
(guitare)

-Benjamin Müller
(basse)

-Daniel Lammich
(batterie)

TRACKLIST

1) N.D.X
2) Missper
3) Cracks in the Mirror
4) Eclipse
5) Crossing the Borderline
6) One Star per Tear
7) Error Concept
8) Towards the Sun
9) My Ulysses
10) When Daylight Dies
11) Moonray Guidance

DISCOGRAPHIE


I Spit Ashes - Inhaling Blackness - Reflecting Light
(2012) - melodeath - Label : Massacre Records



Formé en 2007 à Pegnitz, Allemagne, I Spit Ashes est le genre de groupe qu'on pourrait qualifier de pas très engageant a priori : une signature chez Massacre Records (label hébergeant de très bon groupes mais aussi et surtout de sacrés tocards et des seconds couteaux en masse), des tronches à faire du heavy teuton ou du power metal aussi grandiloquent que faiblard (à base de futes en cuir et de dreadlocks blanches à la Matrix II), une pochette de premier album absolument dégueulasse (un visuel dans l'esprit « indien, veste en jean, lune et loups », version 2.0), un style a priori pas folichon pour votre serviteur (mélodeath, encore un), bref ça partait assez mal.

Et après quelques écoutes, le constat final n'est pas fatalement différent de la première impression : ce groupe sent le futur second couteau typique, à plein nez. Plusieurs éléments d'analyse parfaitement objectifs permettent d'arriver à l'implacable conclusion : absolument tout, sur cet album, sonne correctement, mais sans plus. Les guitares, le chant, la section rythmique, la prod', les  samples, et plus généralement les compos, tout est « mouais bof ». Déjà entendu mille fois ("Cracks In The Mirror" ou "Missper" auraient pu figurer sur un des derniers In Flames ou DT, dans ces chansons que personne ne retient jamais), jamais vraiment mauvais, mais mentant un peu complètement sur la marchandise : il est où, le metal 2.0 promis par le groupe et le label ? Les mecs, il s'agit de melodeath ici, rien de plus, et du plutôt basique par dessus le marché ! Ajouter des samples type synthés ne rend en rien le truc plus moderne ("Eclipse", morceau au demeurant assez réussi), ça fait plus de 10-15 ans que les groupes de melodeath font ça. C'est en cela que le groupe énerve : sans assumer son côté complètement mélodeath old school, le groupe ment un peu sur la came en la jouant moderne alors qu'absolument tout sur cet opus transpire le retour 15 ans en arrière du côté de Göteborg ("Crossing The Borderlines" aurait figuré sur Colony ou Clayman que ça n'aurait rien eu de surprenant). Alors OK, la prod' sonne plus moderne, mais sinon y a vraiment rien à attendre en termes de surprise et de modernité de la part de ce groupe, totalement dans son cahier des charges mélodeath scandinave et sans essayer d'en sortir la moindre fois (encore moins de variations de tempi ou d'ambiances que chez At The Gates ou Soilwork).
Cet album est donc sympatoche, mais complètement désuet dans son approche et le style pratiqué, ce qui au final n'est pas du tout étonnant de la part d'un label comme Massacre, qui n'a pas vraiment fait de l'innovation et de la prise de risques sa spécialité. On peut difficilement trouver des ponts jetés vers d'autres genres sur cet album ("Error Concept I" est assez nettement plus couillue, mais reste complètement dans un melodeath tel que celui pratiqué par In Flames sur un Soundtrack To Your Escape par exemple, dix ans de retard les gars...). Donc finalement, à part cette manie de coller des samples un peu nazes partout, voire d'en faire carrément un morceau de trois minutes (le fort dispensable interlude "One Star Per Tear"), on a ici affaire à un album de mélodeath de second rang, n'apportant absolument rien de neuf, mais très correctement exécuté et contenant quelques passages assez cool ("Eclipse", on l'a dit, accroche pas mal, de même que "Towards The Sun "dans une veine plus mélo). Pas grand chose d'autre à dire, si ce n'est que le chanteur pourrait tout de même un peu moins singer Anders Friden, d'autant que ce dernier est tout de même loin d'être le frontman le plus puissant et varié de la scène (sur l'intro de "My Ulysses", au passage morceau plutôt réussi au niveau des guitares et de l'ambiance mais un peu gâché par un refrain pas fabuleux en voix claire, ou sur le très, très In Flamiens "When Daylight Dies", c'est flagrant).


Bref, un groupe hommage à In Flames qui ne dit pas son nom ? Pas vraiment, mais pas loin, tant la ressemblance avec la bande à Anders est parfois gênante, voire irritante car I Spit Ashes n'atteint bien évidemment pas le niveau de qualité proposé par le groupe dont il s'inspire (attention, on parle du In Flames époque Reroute et à la limite Soundtrack, parce qu'après...bref, ne remuons pas le couteau dans la plaie). Un groupe passable donc, qui n'évite pas les grosses fautes de goût propres à Massacre Records (les samples sur "Moonray Guidance", merde quoi...) et qui n'intéressera que les fans hardcore de mélodeath. Le reste, passez votre chemin, ce truc n'a pas grand intérêt.


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