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CHRONIQUE PAR ...

16
Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 16 novembre 2012
Sa note : 15/20

LINE UP

-Andreas Babuschkin
(chant)

-Wolfgang Tewes
(guitare)

-Jan Bertram
(guitare)

-Jan Bünning
(basse)

-Christian Gripp
(batterie)

TRACKLIST

1) The Last Day on Earth
2) Iron Will
3)
 Tornado
4) Gods of Thunder
5) Bulletstorm
6)
 Blood & Iron
7) Blades of Hell
8) Dynasty
9) Rising from the Black
10) Demon's Lair
11)
 Secrecy

DISCOGRAPHIE


Paragon - Force of Destruction
(2012) - heavy metal - Label : Napalm Records



Il ne faut pas se voiler la face : le dernier Grave Digger est une daube. C'est malheureux, mais c'est ainsi. Ceci dit, tout espoir n'est pas perdu. Regardez les séries Z sur la TNT par exemple : les derniers téléfilms de Steven Seagal sont désespérants, mais il y a plein d'autres mecs prêts à reprendre le créneau du film de castagne sans scénario mais bourré de punchlines à mourir de rire tellement elles sont aussi mal écrites que jouées. Pour le heavy allemand, c'est pareil : même si Grave Digger est fini (et ce n'est pas encore prouvé), on pourra toujours compter sur un bon Wizard ou Paragon.

Le premier truc à savoir sur Paragon, c'est que ce groupe n'a pas grand-chose pour lui à la base. Son chanteur Andreas Babuschkin n'a rien de remarquable, lui qui semble hésiter constamment entre un registre heavy classique avec pas mal de montées dans les aigus et un style rocailleux à la Chris Boltendahl, le tout avec une voix nasillarde pas du meilleur effet. Pas franchement un cador, comme vous l'aurez compris. Du côté des instrumentistes, ce n'est pas beaucoup mieux. Les guitaristes Wolfgang Tewes et Jan Bertram ne savent faire que dans le frontal, donc pas la peine de leur demander d'apporter un peu de couleur et de variation par l'ajout d'éléments mélodiques. Les solos, c'est pareil : aucun touché, aucune recherche de phrasé (il y en a très peu sur cet album), c'est tout en force, comme une sacoche de 35 mètres de Schweinsteiger. Quant au batteur Christian Gripp, c'est simple : il est allemand, ce qui signifie double pédale plus ou moins en continu. Le tableau est bien sombre pour vous ? Alors c'est que vous n'aimez pas le heavy allemand, car sinon vous auriez remarqué que cette description correspond exactement à la formation idéale pour ce style !
Autre preuve du manque total de personnalité du groupe, cette tendance à se faire complètement bouffer par la personnalité du producteur. Sur Screenslaves, produit, mixé et masterisé par Uwe Lulis (pas franchement une réussite d'ailleurs, surtout au niveau du mixage), Paragon avait le son Uwe Lulis ; pour ce nouvel essai, le groupe a fait appel à une autre sommité du heavy allemand, Piet Sielck… et se retrouve donc avec le son Piet Sielck (de toute façon, il ne sait faire que celui-là, tous les albums qu'il produit sonnent pareil). Mais encore une fois, ce son très rugueux au niveau des guitares sied parfaitement aux compositions de l'album. En revanche, Paragon a un peu craqué sur "Bulletstorm", un titre ultra speed avec des bruitages futuristes façon fusillade dans Star Wars : impossible de ne pas penser à Iron Savior avec une combinaison pareille ! Sielck en profite pour pousser la chansonnette sur "Blood & Iron", le pavé de l'album, 8 minutes qui donnent dans le lourd de chez lourd. Et comme plus on est de fous, plus on rit, Kai Hansen intervient lui aussi sur ce titre : paie ta dream team de chanteurs complètement à l'arrache !
Sauf que si en principe, Paragon est un groupe assez limité, il a dû cette fois bénéficier du même alignement d'étoiles que Primal Fear pour Nuclear Fire. C'est bien simple, hormis "Dynasty" qui est juste sympa, tout tue sur cet album ! On y trouve bien évidemment du heavy 100% l'allemand, donc soit rapide ("Iron Will", Tornado", "Blades of Hell" ou "Secrecy"), soit… très rapide ("Bulletstorm" et "Rising from the Black"), avec du refrain bien mastoc comme sur les deux premiers titres. Ces titres alternent avec des morceaux au tempo un peu moins soutenu, comme "Gods of Thunder" ou "Dynasty", voire des morceaux carrément lents comme le menaçant "Blood & Iron" ou le plus mélodique "Demon's Lair". A partir de cette matière première de qualité, les Allemands ont construit un album au tracklisting très bien pensé : des changements de rythme pour ne pas lasser l'auditeur, mais jamais deux morceaux "lents" d'affilée. Et puis après un long pavé comme "Blood & Iron", quoi de mieux pour relancer la machine qu'un titre comme "Blades of Hell", un morceau basique digne du vieux Primal Fear, le vrai, celui qui ne se demandait pas si sa musique manquait de raffinement ?


Je ne peux décemment pas vous dire que Force of Destruction est un bijou ou un must du heavy metal que tout fan du genre se doit d'écouter et même de posséder. Par contre, pour tous les déviants fan de heavy teuton, sachez ceci : si vous avez trouvé le dernier Grave Digger mou et lourdingue, le dernier Primal Fear mou et naze et le dernier Iron Savior mou mais pas mal quand même, alors ce nouvau Paragon vous redonnera la foi. Les trues auront compris et se jetteront sur cet authentique miracle musical qui ne se reproduira pas de sitôt de la part de ce groupe ; les autres… je ne peux plus rien faire pour vous.


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