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CHRONIQUE PAR ...

90
Seth
Cette chronique a été mise en ligne le 11 novembre 2012
Sa note : 14/20

LINE UP

-G.Eisenlauer 
(chant clair+guitare+basse)

-R.Seyferth
(chant+batterie)

TRACKLIST

1) Regenjahre
2) Der Trauersturm

3) Neue Wege
4) Letztes Wort
5) Sterbenswert
6) Nichtssagend
7) Wenn Alles Zerbricht


DISCOGRAPHIE

Regenjahre (2012)

Freitod - Regenjahre
(2012) - black metal - Label : Van Records



Groupe : Freitod - en français, « Suicide ».  Album : Regenjarhe, autrement dit l’année de la pluie. Je ne vous fais pas un dessin, ces gens-là ne sont pas heureux de vivre. Mais cela n’empêche pas, et Keanu Reeves le sait bien, d’exercer son art de la meilleure des façons.

Freitod joue ce que l’on appelle communément du black metal dépressif, puisant ses influences autant auprès de Forgotten Tomb que de Baudelaire. Un black metal à grosse tendance dépressive et pluvieuse donc, avec des riffs parfois rapides, parfois lancinants et douloureusement lents ("Nichtssagend"), Freitod n’est également pas sans rappeler des groupes tels que My Dying Bride lorsque se mêlent voix claires et voix black. Une musique douloureusement harmonique, qui se complait dans l’absence de lumière et qui est parfaitement exécutée. Et c’est avec joie que l’on constate que l’influence de ces groupes n’est pas dramatique sur la musicalité propre au groupe, car en aucun cas il ne s’agit là d’un sous My Dying Bride ; c’est différent, tout en faisant partie de la même famille de groupe.  Il est cependant certain que ceux qui apprécient l’un apprécieront surement l’autre, surtout s’ils ont un penchant pour le chant allemand (ce qui arrive étrangement assez souvent chez les amateurs du genre – Empyrium ?).
La superbe complainte d’ouverture qui fait également office de chanson titre, "Regenjahre", aura tôt faire de vous immerger totalement dans l’ambiance pluvieuse de Freitod, ou la voix doucement triste de Gerd Eisenlauer adopte progressivement un rythme à la limite de l’organique, du vital, pour au final créer une atmosphère obscure très intimiste, même si l’on est dehors sous la pluie avec lui. Organique, cela le devient lorsque l’on retient son souffle en appréhendant la prochaine note, la prochaine goutte de pluie, le prochain cri déchirant. L’univers confortablement sombre de Freitod nous enveloppe effectivement sans peine, et la douceur de leur son, tout comme la saveur d’un alcool romantique et traitre à la fois, s’insinue progressivement et nous entraine vers les profondeurs douces / amères que chacun, par commodité, enfouit la plupart du temps, mais auxquelles il est toujours si facile de succomber.
De magnifiques mélodies en plongées obscures et désespérées dans les méandres de la tristesse, cet album n’admet pas la fausse note ni la naissance d’une lueur d’espoir. La lumière n’est admise que sous la forme du faible miroitement de la froide lueur du jour à travers les eaux sombres de la mélancolie, que le chant du triste maître de cérémonie aura tôt fait d’éloigner de plus en plus, donnant à la lueur une saveur lointaine et romantique. Freitod joue de la musique mélancolique parfaitement exécutée qui ne frustrera pas ceux en quête de sombres atmosphères. L’expérience commence avec la pochette évocatrice de cet album (qui constitue en soi une véritable œuvre d’art et un reflet parfait de la musique qui se cache derrière), et ne s’arrêtera que si vous le souhaitez. Regenjahre est un album sans surprise pour ceux qui se sont déjà aventurés dans les ambiances des groupes du genre, mais certes pas sans saveur.


Regenjahre est donc une belle découverte et donne vraiment beaucoup de plaisir à l’écoute tant Freitod s’applique à rendre chaque chanson, chaque voyage unique et parfaitement mené. Le chant allemand ne sera qu’un ajout justement en accord avec l’ambiance sombre et froide, et Freitod est certainement en passe de devenir une référence du genre.


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