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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 10 novembre 2012
Sa note : 8/20

LINE UP

-Szymon Kostro
(chant)

-Gunsen
(guitare)

-Karol Mania
(guitare)

-Arkadius Ruth
(basse)

-Kacper Stachowiak
(batterie)

-Slawomir Belak
(claviers)

TRACKLIST

1) Ventus Ignis Terra Aqua
2) Fifth Element
3) Ready to Die Between Stars
4) The Day When I Turn Back Time
5)
Chronokinesis
6) March to the Darkest Horizon
7) Yin-Yang
8) Elemental Power
9) Ad Futuram Rei Memoriam
10) When the Sunrise Breaks the Darkness
11) Vita

DISCOGRAPHIE

Fifth Element (2012)

Pathfinder - Fifth Element
(2012) - metal symphonique speed metal bordélique - Label : Sonic Attack



Rhapsody of Fire a fait de nombreux enfants dans le power metal, desenfants qui cherchent d'ailleurs à s'élever à un rang au-dessus de ce réputé géniteur. On pense à Dragonland, Ancient Bards, Fogalord ou encore, en provenance de Pologne, Pathfinder. Ces-derniers ont suscité beaucoup d'espoir avec un très bon premier album qui montrait que dans l'Est, on pouvait talonner les plus grands. Mais était-ce un coup d'une fois ou pas ? Réponse avec The Fifth Element, le second brûlot du sextet.

Pouf. Ça, c'est le bruit de la chute, qui illustre très bien la descente aux enfers que représente ce successeur du prometteur album originel des Polonais. Là où Beyond the Space, Beyond the Time nous présentait des compositions cohérentes, solides et maîtrisées, le chemin emprunté par cette nouvelle offrande prend le sens inverse : place désormais à un grand bordel sans nom, peu accrocheur et dans lequel il est difficile d'extirper un minimum de qualité. Il faut bien avouer que la production, très peu avantageuse, n'aide pas à comprendre quelque chose à ce qu'il se passe. Plus les morceaux se succèdent, et plus un sentiment se dégage de ce brûlot dans la fadeur est extrême : un ennui profond.
Trop peu de morceaux accrochent l'oreille et nous permettent de savourer la performance des musiciens polonais. Bien sûr, "The Day When I Turn Back Time" et "Elemental Power" sont clairement à sauver du lot, grâce à un dynamisme qui ne disparaît pas dans un manque évident de maturité, et un chanteur qui, encore perfectible, évite d'en faire des tonnes pour montrer qu'il est compétent. Et ce frontman se prend dans son propre piège : si son chant restait le point noir du précédent opus, encore un peu trop fragile, là, il n'arrive pas à convaincre du tout. Szymon Kostro est l'exemple même du vocaliste de power qui veut en faire des caisses mais peine à atteindre ses notes ou délivrer des lignes appréciables. De growls instables à des aigus qui nécessitent encore du travail, force est de constater qu'il n'a pas bossé sa technique comme il se doit …
Résultat, on ne sait plus où donner de la tête. Outre des influences plus que flagrantes sur les grands noms du genre, tant dans les orchestrations symphoniques que dans les riffs et autres mélodies, on ne peut s'accrocher à aucun refrain de ce foutoir sans nom. Sur la ballade "Yin-Yang", la prestation de la chanteuse Agata Lejba-Migdalska remonte le niveau, son chant étant magnifique de justesse et d'émotion, contrastant donc avec le chanteur. Voilà une recette à essayer : une dualité chant masculin / féminin, non seulement pour limiter les expérimentations douteuses de Szymon, mais également pour offrir davantage de diversité sans que le résultat tourne au casse-gueule. Cela ajouterait une idée supplémentaire à Pathfinder.
Car des idées, ils en ont, mais pas suffisamment développées. Preuve en est sur l'éponyme "Fifth Element", aux influences progressives, longue de presque 9 minutes (pour les mauvaises langues, neuf minutes de trop). Les musiciens savent jouer, délivrent des plans plaisants mais le titre en lui-même pêche par un manque de cohérence et de structure. Preuve en est donc que savoir jouer ne rime pas toujours avec bien composer. Car le potentiel y est, mais toujours noyé par cette production peu avenante et par les clins d’œil à répétition aux grands noms du power. La formation tente pourtant de jouer sur quelque chose de plus orchestral parfois : on retrouvera cela sur "Vita", ou sur "Ventus Ignis Terra Aqua". Un peu trop synthétiques, mais pas foncièrement inintéressantes, dommage que ce ne soit que l'opener et la conclusion.


Pathfinder a voulu trop en faire et, surtout, sortir cet album bien trop rapidement pour surfer sur la vague du petit buzz lancé par leur premier méfait. Malheureusement, les moyens n'y sont pas : la production est faible, les compositions vides et le chant en berne. Qu'est-ce qu'on sauvera de Fifth Element ? Des idées exploitables, des musiciens inspirés dans leurs parties mélodiques et les interventions féminines. Le groupe polonais va devoir travailler pour nous faire oublier cette cruelle déception, sans quoi ils resteront une déception supplémentaire.


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