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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 10 novembre 2012
Sa note : 12/20

LINE UP

-Simon
(chant+guitare)

-Harry
(chant+basse)

-Perra
(batterie)

TRACKLIST

1) Conjure the Legions
2) Masters of Deceit
3) Satanic Uprise
4) Thrash Them All
5) Cold Scythe
6) Sanctify the Morbid
7) Antichrist
8) Stand Up
9) Robe and Crown

DISCOGRAPHIE


Die Hard - Conjure The Legions
(2012) - thrash metal raw, raw, raw - Label : Agonia Records



« -  Monsieur a-t-il fait son choix ?
-  Eh l’autre, comment y parle ! Fais pas tant de manière et apporte moi une binouze et de la barbaque crue ! Et fissa !
-  Mais enfin Charles Edouard, qu’est-ce que c’est que ce langage ? Et ces manières ?
-  Oh, veuillez m’excuser Marie-Soisic, c’est que je viens d’écouter le dernier Die Hard et je me sens…
» 
Gras, sale. Charles Edouard vient de tester l’effet Midas inversé. Si ce roi transformait tout ce qu’il touche en or, ces lointains cousins suédois de Bruce Willis salissent et pervertissent tout ce qu’ils touchent. Sûr qu’à leur contact, l’orchestre philarmonique de Berlin se mettrait à reprendre en entier Pleasure to Kill. Vous aimez patauger dans la fange et vous rouler dans l’huile de moteur ? Vous pouvez tenter Conjure The Legions.


Die Hard fait partie de ces groupes actuels qui vouent un culte aux pionniers du thrash metal version raw. A des milliers de kilomètres des mélodies léchées et des rythmiques propres que pouvaient proposer des groupes comme Flotsam and Jetsam ou Heathen à leurs débuts, le trio puise son inspiration dans les premières heures de groupes teutons beaucoup plus bruts comme Kreator, Sodom et Destruction sur leurs premiers albums. Comme sur les œuvres citées, un nombre élevé de cavalcades thrash à l’ancienne jalonne Conjure the Legions. Comme sur les œuvres citées, on éprouve parfois une sympathique sensation de joyeux foutoir en écoutant cette succession effrénée de riffs exécutés bien souvent à haute vitesse. Mais à l’inverse de ces premiers vinyles (et oui, vinyles…) cultes, l’inspiration n’est pas toujours au rendez-vous. Le début de l’album peut être même qualifié de pauvre : après un premier titre décent, "Masters of Deceit" et "Satanic Uprise" envoient du lourd, mais avec une tendance à juxtaposer les séquences en mode random.
Heureusement, les choses s’arrangent par la suite. Le temps de trois morceaux, Die Hard ralentit le rythme et offre successivement : des riffs carrés bien posés, agrémentés des typiques chœurs thrashcore ("Thrash Them All"), l’inévitable hommage au Frost ("Cold Scythe") puis le meilleur morceau de l’album, à savoir le très efficace "Sanctify the Morbid". Après cela, la cavalcade reprend et apparemment la pause lui a fait du bien : si "Stand Up" ne casse pas trois pattes à un canard, "Robe and Crown" et surtout "Antichrist" expriment la fougue de ces jeunes chiens fous d’une manière plus agencée et crédible, "Antichrist" se permettant même le luxe de ressembler le temps de l’emballage initial à "The Source of Icon-E" d’Emperor, il y a des comparaisons moins flatteuses. Au final, on ressort de l’écoute de Conjure the Legions avec la satisfaction de ne pas avoir écouté l’insipidité musicale que les premiers titres promettaient et une sensation plutôt positive, même si l’œuvre est clairement dispensable.


Y avait-il besoin de conjurer les légions pour arriver à ce résultat ? Pas sûr, déranger un démon mineur aurait sans doute suffit pour produire ce qui reste tout de même une œuvre décente, assez accrocheuse même, par moments. L’amateur avisé de thrash metal cru estampillé 80's (ce ne sont pas les quelques coups de blast qui rendront l’œuvre plus moderne) fera tout de même bien de commencer son écoute directement à la piste 4, ce qui lui permettra de ne garder que le meilleur de l’album. Quant au non-amateur de ce type de musique graisseuse, le mieux est qu’il s’abstienne. D’ailleurs, si vous ne supportez que Devin Townsend ou les derniers Anathema, qu’est-ce que vous fichez en train de lire cette chronique ?


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