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CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 08 novembre 2012
Sa note : 14/20

LINE UP

-Toby Hitchcock
(chant)

-James Michael "Jim" Peterik
(guitare+chant+claviers+basse+percussions)

-Mike Aquino
(guitare)

-Bobby Lizik
(basse)

-Klem Hayes
(basse)

-Kelly Keagy
(batterie)

-Ed Breckenfeld
(batterie)

TRACKLIST

1) Immortal
2) Delusional 
3) Tie Down The Wind 
4) Shine On 
5) Everything That Money Can’t Buy 
6) Coin Of The Realm 
7) Sending My Love 
8) Vital Signs 
9) If It Doesn’t Kill Me
10) Are You The Same Girl
11) Ask Me Yesterday

DISCOGRAPHIE

Immortal (2012)

Pride of Lions - Immortal
(2012) - hard FM - Label : Frontiers Records



Il serait tentant de débuter cette chronique en glissant quelques lourdes allusions à l'âge de Jim Peterik - « À quand la maison de retraite pour hardos décatis ? - Non mais "Eye of the Tiger", ça fait trente ans : tu t'es pas reconverti dans les assurances ou l'expertise comptable depuis le temps ? ». Sauf qu'en fait, le sexagénaire est fringant. Car depuis son départ de Survivor, le multi-instrumentiste a ressuscité sa formation précédente (The Ides of March), entamé une carrière solo, multiplié les collaborations et mis sur pied deux nouvelles sections dont Pride of Lions, qui sort ici son quatrième LP judicieusement intitulé Immortal. Est-ce que cette figure tutélaire du hard FM a encore quelque chose d'intéressant à dire en 2012 ? On frémit un peu avant de lancer le lecteur et puis... On soupire.

La question sur les facultés intactes d'écriture concernant un type qui arpente le circuit depuis près de cinq décennies (!) mérite d'être posée: est-ce que ça vaut le coup de remettre ça, un quinquennat après la dernière production du duo - Pride of Lion = Peterik + le chanteur, complétés par des musiciens de studio ? La chanson-titre qui ouvre le recueil rassure: un tempo soutenu ainsi qu'une production impeccable mettent en valeur un vocaliste puissant et chaleureux. La plupart des pistes seront du même métal. Impossible à prendre en défaut, la réalisation ne souffre en effet d'aucun temps faible, à l'exception d'"Are You The Same Girl" un peu too much dans le style « non mais tu as trop brisé mon cœur d'homme sensible, bébé ». Il faut dire que le boss sait ce qu'il fait et ce qu'il veut: un format couplet / refrain non-négociable, des mélodies aisément mémorisables propulsées par une rythmique béton mais priée de s'en tenir au minimum syndical et un chanteur qui ne le lâchera pas en route. Tous les points sont validés, particulièrement de la part de l'autre tête de proue du collectif, Toby Hitchcock, qui se taille la part du lion tant les interventions solos de Peterik restent discrètes aussi bien à la guitare qu'aux claviers. Refrains et couplets reviennent donc avec insistance, de sorte qu'on se surprend à les chantonner dès la première écoute.
Dans ces conditions, quelques bons moments sortent du lot. Il en va ainsi des harmonies soyeuses sur le refrain doux-amer de "Tie Down The Wind" ou du solo vigoureux qui électrise le véloce "Ask Me Yesterday" proposé en clôture. De même, passée une amorce lente qu'Hitchcock attaque péniblement dans les graves, "Shine on" s'emballe soudain – la marque de fabrique de Peterik – puis se pare d'un magnifique refrain serti de chœurs bienvenus avant de s'achever sur une intervention nerveuse à la guitare, bien qu'en decrescendo et couverte par le chant, là encore un gimmick du compositeur qui sent quand même un peu le réchauffé. Et puis le natif de l'Illinois a réservé une petite surprise à ses fans de longue date en proposant "Vital Signs", le titre qui a donné son nom à l'album de Survivor sorti en 1984 mais qu'il n'était pas parvenu à terminer. Et comme par hasard, il s'agit d'un des meilleurs morceaux de cette sélection, qui bénéficie de la recette ô combien éprouvée et maîtrisée du « calm before the storm », avec les « oh-oh-oh » sur le refrain qui vont bien. On saura gré au passage à Peterik de confiner ses claviers au rôle de soutien mélodique et ainsi d'éviter les sonorités trop clinquantes typiques des années quatre-vingts auxquelles les bavardes envolées de certains de ses collègues font irrésistiblement songer.


On l'aura compris, le soupir évoqué plus haut était de soulagement. Non, Jim Peterik n'est pas encore prêt pour l'hospice et son savoir-faire permet de hisser sans peine Immortal au sommet de sa catégorie. Alors, réussite quasi totale susceptible de convertir les réfractaires à l'AOR ? L'absence de prise de risque se traduisant par l'application à la lettre d'un unique modèle de composition ne permet malheureusement pas d'éviter l'ultime écueil, celui d'une redondance qui – malgré la qualité d'ensemble – risque de lasser ceux qui ne tiennent pas forcément Foreigner ou Journey pour les plus grands groupes de tous les temps. Reste que le niveau de cet enregistrement ne trahit aucune baisse de forme et renforce une discographie qui commence à avoir une jolie petite gueule d'incontournable du hard fm.


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