5566

CHRONIQUE PAR ...

103
Amdor
Cette chronique a été mise en ligne le 04 novembre 2012
Sa note : 12/20

LINE UP

-Alvaro Lillo
(chant + basse)

-Claudio Illanes
(guitare)

-Pablo Cortes
(batterie)

TRACKLIST

1) Intro (SLM)
2) El Triunfo de la Muerte
3) At the Gardens of Hatred
4) Black Magik Witches
5) Dead Human Flesh
6) Ruins of Gomorrah
7) Legions of Beelzebub
8) The Art of Vengeance
9) Empalando Al Invasor
10) Outro (Drained by Succubi)


DISCOGRAPHIE


Undercroft - Ruins of Gomorrah



Pendant leur carrière longue d’une vingtaine d’années, les Chiliens d'Undercroft ont eut l’occasion de côtoyer du beau monde : première partie dans les années 90 de Kreator, de Therion ou encore de Morbid Angel lors de leurs passages en Amérique latine puis, dans les années 2000, de Amon Amarth, Suffocation, Crowbar, Hatesphere et Kataklysm entre autres.  Ajoutons à cela un chanteur/bassiste qui a joué en live avec Watain et on a un CV quasi parfait, et pourtant le groupe est resté assez confidentiel dans nos contrées jusqu’à aujourd’hui. Leur signature chez Season of Mist devrait agrandir leur notoriété, pour peu que la qualité soit au rendez-vous de ce Ruins of Gomorrah, sixième opus du combo.

La pochette, bien plus belle que celles des précédents albums du groupe, est déjà de bon augure quant à la musique. Evoluant dans un death / thrash gras et puissant à l’ancienne, la musique d’Undercroft rappelle un grand nom, lui aussi en provenance d’Amérique du Sud : Sepultura. En effet l’exil européen du groupe, qui a posé ses valises en Suède en 2000 puis à Hambourg plus récemment, n’a pas eu raison de ses influences latines. Sur cet album, les Chiliens évoquent à plusieurs niveaux la belle époque des maîtres brésiliens, principalement en ce qui concerne le chant et la batterie qui rappellent par moment les frères Cavalera, notamment sur "Empalando Al Invasor". On retrouve aussi quelques percussions sur une bonne partie du morceau éponyme, peut-être les réminiscences d’un amour pour Roots, qui sait ?
Ce n’est toutefois pas sur le créneau de l’originalité (et heureusement pour eux…) que se bat Undercroft qui mise tout sur des riffs simples mais couillus et efficaces. Supportées par le très bon mix du célèbre Daniel Bergstrand (Meshuggah, Strapping Young Lad, Darkane, In Flames, ...), les guitares sont acérées et puissantes à défaut d’être subtiles. Et puis de toute façon, nos lascars s’en cognent pas mal de la subtilité : entre "Dead Human Flesh" et son titre cliché scandé et le bruit de femmes très (très) heureuses dans l’outro, ne vous attendez pas à ce que votre cerveau s’emballe. On se contentera donc de secouer la tête par intermittence sur les pistes qui claquent, à savoir principalement "Black Magik Witches" et son envolée finale jouissive ou l’endiablée "Empalando Al Invasor".
Cependant, si les 40 minutes de l’ensemble s’écoutent avec un plaisir non dissimulé, le manque global d’originalité pénalise l’effort des Chiliens qui risquent d’avoir quelques difficultés à se démarquer de la concurrence dans un genre déjà saturé, ce qui est d’autant plus dommage qu’on sent bien que les gars ont de la bouteille et pourraient proposer quelque chose de carrément intéressant. Ici, les riffs sont tout à fait solides mais ne permettent pas d’affirmer la personnalité du groupe, ce qui a pour conséquence quelques titres qui sont, au final, un peu plus anecdotiques. Les bonnes idées disséminées un peu partout sur l’album devraient néanmoins convaincre l’auditeur de tout le potentiel d’Undercroft, qui en a, à n’en pas douter. Il ne reste alors plus qu’à attendre et espérer que le prochain essai concrétise les attentes.


A conseiller aux fans de death / thrash qui pulvérise de la testostérone à tout va, Ruins of Gomorrah se révèle être un bon disque même si ça ne devrait pas être avec cet album qu’Undercroft gagnera l’amour du public. Il devrait néanmoins susciter un certain intérêt chez les fans du genre, en espérant que le regain de qualité après un Lethally Growing moyen et la signature chez un grand label soient les indicateurs d’une montée en puissance du groupe. C’est bien tout le mal qu’on leur souhaite.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 2 polaroid milieu 2 polaroid gauche 2