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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 03 novembre 2012
Sa note : 10/20

LINE UP

-Sebastian Levermann 
(chant+guitare) 

-Tobias Kersting 
(guitare) 


-Nils Weise 
(claviers) 

-Nils Löffler 
(basse) 

-Dirk Meyer-Berhorn 
(batterie) 


TRACKLIST

1) The Frozen Few
2) To The End
3) The Things We Believe In
4)
Land of the Dead
5) The Ice Kings
6)
Till the Stars Cry Out
7) This World of Ice
8) Dying Paradise
9) Mystic Symphony
10) Angels War
11) Take This Light

DISCOGRAPHIE

Easton Hope (2010)
To the End (2012)

Orden Ogan - To the End
(2012) - heavy metal speed metal - Label : AFM Records



Alors là, franchement, c'est plus possible. Tout le monde sait que le heavy metal n'est pas dans sa phase la plus excitante : les vieilles gloires n'ont plus grand-chose dans les chaussettes, comme en témoignent les dernières livraisons du Priest de Maiden ou de Manowar ; les groupes censés prendre la relève sont déjà complètement rincés (Edguy, Hammerfall) ou carrément en état de mort clinique (Angra) ; et quand un jeune espoir sort enfin un album qui nous met un peu de baume au cœur, il se montre incapable de confirmer, comme Orden Ogan qui se vautre lamentablement avec ce nouvel album…

To The End n'est peut-être pas un naufrage complet à la Pink Bubbles Go Ape, mais il s'en faut de vraiment peu. Et franchement, ce net recul qualitatif est une vraie douche froide tant il apparaît incompréhensible. Bordel, Orden Ogan nous avait fait étalage de nombreux atouts par le passé : sur Vale, c'était avant tout une maîtrise de tous les instants, et notamment du format court avec plusieurs véritables hits comme "Winds of Vale" ou "Farewell" ; sur Easton Hope, c'était plutôt une grande richesse mélodique ainsi qu'une belle aptitude à enchaîner les plans avec cohérence, là où d'autres les empilent n'importe comment. Or c'est bien simple, on ne retrouve aucune de ces qualités sur To The End. Orden Ogan s'est mû en un groupe de heavy speed lambda, même pas mélodique tant les gars cherchent avant tout à avoiner. Quel gâchis quand on voit la beauté des mélodies sur les deux précédents albums… Est-ce que les gars ont voulu se débarrasser de l'étiquette encombrante de « pussy metal » dont ils s'étaient eux-mêmes affublés ? Eux seuls ont la réponse…
Ce qui est sûr en tout cas, ce qu'il n'y a pas grand-chose à retenir sur ce nouvel album, dont les meilleures cartouches sont brûlées assez rapidement. Comme on est sympas, on va les citer : il y a d'abord le morceau-titre, celui qui s'inscrit le plus dans le style d'Easton Hope, sans toutefois égaler les meilleurs moments de celui-ci ; il y aussi "The Things We Believe In", un mid tempo réussi dans une veine folk / épique ; enfin, on citera "The Ice Kings", une jolie ballade avec un des meilleurs refrains de l'album. Point commun à ces morceaux : il ne s'agit pas de speed metal ! C'est un peu con quand on sait que ce dernier est le style dominant de l'album… Sur ce point, c'est "Land of the Dead" qui lance les hostilités, et cette fois encore, on va avoir du mal à éviter les comparaisons entre Orden Ogan et Blind Guardian ; la différence, c'est qu'on parle cette fois du début de carrière de la bande à Hansi, et qu'il ne s'agit pas de leur période la plus intéressante. Alors c'est sûr, ça speede et ça envoie du chœur par-dessus, mais l'intérêt reste très limité.
De plus, si ce titre passe plutôt bien, ce n'est pas forcément le cas de ses petits collègues. Ainsi, "Till the Stars Cry Out" n'est autre que son petit frère, déjà un peu moins doué, parce que les mélodies sont moins fortes et que le tout traîne inutilement en longueur. A la limite, "Dying Paradise" et ses faux airs de "Welcome to Dying" (tiens, encore Blind Guardian…) s'en sort déjà beaucoup mieux. Le problème, c'est qu'il s'agit du seul titre valable de toute la deuxième moitié de l'album. "This World of Ice" se signale surtout par cette flagrante et désagréable autorepompe du refrain de "Welcome Liberty", tandis que le réenregistrement de "Mystic Symphony" et "Angels War" montrent surtout à quel point le groupe a progressé depuis ses débuts : le premier est construit avec les pieds, avec ce couplet speed et ce refrain heavy mélodique collés à la truelle, tandis que le second n'a rien d'autre à offrir qu'un bon refrain, ce qui fait franchement léger pour un pavé de 7 minutes 20. Quant à la ballade finale avec ses paroles gnangnan, zZzZz…


Orden Ogan, c'est un peu les Benjamin Button du heavy metal. Imaginez si Blind Guardian avait sorti d'abord Somewhere Far Beyond, puis Tales from the Twilight World et seulement ensuite Follow the Blind : et bien vous aurez un aperçu de la trajectoire d'Orden Ogan depuis la sortie de Vale. Une première moitié d'album valable sans non plus être extraordinaire, une seconde mêlant l'insipide au catastrophique (sans déconner, ce tiercé final…) : oui, on peut bien parler de grosse gamelle à propos de To The End, surtout quand on connaît les qualités d'Orden Ogan. Espérons qu'ils se ressaisissent rapidement…


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