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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 29 octobre 2012
Sa note : 14/20

LINE UP

-Grand Procureur Van Drunen
(verdicts, sentences + chant)

-Grand Juge Daniels
(décapitateur à la hache + guitare)

-Grand Greffier Zuur
(runes sanglantes + guitare)

-Grand Exécuteur Van Eekelen
(instruments de torture + basse)

-Grand Magistrat Bagchus
(commandant du peloton d'exécution + batterie)


TRACKLIST

1) All Rise!
2) Bow Down Before The Blood Court
3) There Shall Be No Acquittance
4) Veredictum Sanguis
5) Behead The Defence
6) Grand Justice, Grand Pain (instrumental)
7) Fed To The Boars
8) Circus Of Mass Torment
9) Public Castration
10) Piled Up For The Scavenger
11) ...And Thus The Billions Shall Burn

DISCOGRAPHIE


Grand Supreme Blood Court - Bow Down Before The Blood Court
(2012) - death metal très old school - Label : Century Media



Grand Supreme Blood Court c’est quoi? Tout simplement Asphyx déguisé en un autre groupe. Décortiquons le line-up : au chant, on retrouve Martin Van Drunen, aux guitares, Alwin Zuur, d’Asphyx, et Eric Daniels, ex-membre de la formation, à la basse Theo Van Eekelen (de Hail Of Bullets, l’autre groupe de Van Drunen) et enfin à la batterie Bob Bagchus, batteur chez les mêmes Asphyx. Bref, voilà une jolie petite partouse musicale entre amis dans la tradition d’un Bloodbath. Et derrière tout ça, le groupe développe un genre de concept qui ferait que chaque membre représente une partie du tribunal (à savoir magistrat, juge, procureur, greffier ou exécuteur) chargé de faire respecter la loi de la Cour. Bref, sachant que le tout a été mixé par le désormais bien connu Dan Swanö, on attend juste le verdict (huhu) apporté par la musique.

Et ça ne rate pas : avec une pochette pareille, avec un logo pareil, avec un line-up pareil, Grand Supreme Blood Court joue un metal très subtil et atmosphérique, aussi influencé par le Opeth des grands jours que le Dream Theater le plus en... Non je déconne. Evidemment que c’est du death old school dans la tradition finlandaise / hollandaise. Maintenant se pose la question de la filiation avec Asphyx. Ce Bow Down Before the Blood Court n’est-il qu’un Last One On Earth ou Deathhammer déguisé ? Et bien pas vraiment en fait. La court sanglante a beaucoup plus tendance à accélérer de façon spontanée, pas seulement pour briser un côté pachydermique développé tout au long d’un morceau trop long. Non, ici la concision prime. Il arrive que certains riffs écrasent tout (bien aidés par la production qui donne un rendu puissant et en même temps old-school et "crayeux" aux guitares, tout en donnant à la basse un son énorme, comme sur "Grand Justice, Grand Pain") en s’étalant légèrement, mais ce côté est limité. Enfin si, puisque vous le voulez tant, il y a une exception qui rapproche beaucoup les deux formations, et son nom est "…And Thus The Billions Shall Burn". Pour l’occasion, on sort le côté doom de la musique, et on produit un morceau de 10 minutes comme ne l’aurait pas renié le groupe de qui dérive la pratique.
D’ailleurs le son est très bien (OK, le début de phrase bateau sans aucun sens), Dan a fait du très bon boulot : la modernité se marie aux vieux vinyles poussiéreux de Demigod et autres Adramelech. On remarquera aussi que Van Drunen tient toujours fièrement sa place derrière le micro, avec ses lignes de chant hurlée donnant l’impression qu’il est au bord de la syncope. A garder à l’esprit, d’ailleurs, que les gratteux (et ça y est, il va encore nous faire le coup du line-up) n’ont pas oublié d’ajouter un élément fort appréciable pour le genre : un peu de groove dans certains passages ("Fed To The Boars", "Piled Up For The Scavenger", "Public Castration"). On aurait presque l’impression d’écouter Rompeprop par moment ! On remarquera aussi quelques leads sombres ("Piled Up For The Scavenger", "...And Thus The Billions Shall Burn"), assez typées Incantation parfois, qui ajoutent un plus indéniable à l’ensemble. Pour ce qui est de la notation, il faut tenter de trouver un juste milieu. En effet, Grand Supreme Blood Court se contente de reprendre des formules déjà fortement éprouvées par le temps. Cependant, il le fait de si heureuse manière qu’il trouvera même grâce aux yeux de l’auditeur déjà assez gavé par tant de skeuds d’old-sküll se posant en tribute du genre.


En bref, un album très respectueux des vieilles traditions européennes, qui malgré une bonne dose de gras typique du death, montre encore une ossature résolument thrash. dans le respect des vieilles traditions européennes donc. Avec un chanteur, un batteur, des guitaristes et un bassiste qui respectent les vieilles... comment ça, « ta gueule » ?


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