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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 28 octobre 2012
Sa note : 17/20

LINE UP

-Bill Robinson
(chant)

-Matt Sotelo
(guitare + basse + claviers)

-KC Howard
(batterie)

TRACKLIST

1) The Living Doorway 
2) Reflections Of Emotions
3) Diminishing Between Worlds
4) Dimensions Interwine
5) The Enigmatic Form
6) A Gathering Of Imaginations 
7) Through Alchemy Bound Eternal
8) ...And Time Begins
9) Await The Unending
10) Essence Of Creation
11) The Morpheus Oracle (Outro)

DISCOGRAPHIE


Decrepit Birth - Diminishing Between Worlds
(2008) - death metal technico-mélodique - Label : Unique Leader



Un an après Odious Mortem et son Cryptic Implosion qui renvoyait les groupes de death technique potasser leurs leçons, concentrant la brutalité de Suffocation et la finesse de Necrophagist, un jeune groupe arrivait avec à son actif un seul méfait, un …And Time Begins très bas du front et assez inintéressant. Seulement, ils n’étaient pas venus seuls, car ils tenaient sous le bras un album, Diminishing Between Worlds… et, surprise, c’est l’album le plus susceptible de faire concurrence au pavé cité au début. Premier point commun entre les deux formations donc, un premier album anecdotique suivi d’une méchante pierre angulaire du genre.

On retrouve aussi KC Howard, cogneur chez Odious Mortem, qui fait toujours preuve ici d’un jeu épileptique jouant très souvent sur les rafales de double pédale. La musique, pour enfin l’évoquer, est particulière : …And Time Begins proposait un brutal death basique et gras orienté aussi bien par Deeds Of Flesh que Suffocation, mais qui souffrait d’une production faible et d’une linéarité effrayante. Changement radical, un peu comme si Jason Voorhees se lassait de poursuivre des adolescentes dénudées avec sa machette et son masque de hockey et décidait de passer au club du troisième âge avec une débroussailleuse, afin de se rendre enfin utile. La formule subit une refonte radicale, ou plutôt, on garde le caractère extrêmement changeant propre aux influences principales du premier album mais en plus on rajoute l’élément qui va faire de Decrepit Birth un groupe assez unique : de la mélodie technique et spatiale à foison.
Et en disant à foison, ce n'est pas exagéré, 98% des morceaux (sans compter la reprise éponyme du premier album) consiste en un enchevêtrement de lignes mélodiques qui rendent l’assimilation bien plus aisée. Si on devait citer une influence pour la mélodie, on penserait tout de suite à Death, bien que la plupart du temps, on trouve une patte bien personnelle. Certaines sont particulièrement marquantes (celle survenant aprèsles trois coups de caisse-claire sur "Diminishing Between Worlds"pour ne citer que ma préférée), et toutes n’ont pas à pâlir devant des œuvres de musique classique. Car c’est bien de cela que l’on se rapproche, de musique classique : de nombreux passages utilisent l’harmonie entre les guitares et parfois la basse pour créer ces si doux ornements, et ceci de façon parfois étrangère à celle usitée dans le metal en général. 
Maintenant, il est un coup de gueuleà pousser : pourquoi diable les excellents albums de death technique ont-ils à souffrir systématiquement d’un chanteur banal et plat qui tire le tout vers le bas (la seule exception me venant à l’esprit est celui de Odious Mortem, marrant d'ailleur de voir comme on en revient toujours à lui) ? Robinson, qui entretient la même barbe que le héros du roman d’ailleurs, a un chant tellement monocorde et insignifiant que l’audition de la version instrumentale du morceau-titre ne fait pas remarquer de différence majeure.


En un mot comme en cent, écoutez de toute urgence ce Diminishing Between Worlds, véritable labyrinthe techno-mélodique marqué par le génie de Matt Sotelo, préposé à la guitare, à la basse et aux claviers. Tenant la dragée haute à la majorité des albums du genre, Diminishing Between Worlds est de cette race d’album qu’on sait qu’il ne pourra être reproduit par la suite au même niveau. Et ce n’est pas le Polarity en forme de pâle resucée sorti en 2010 qui va me contredire.


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