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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Daniel Weyandt
(chant)

-Scott Mellinger
(guitare)

-Martin Lunn
(basse)

-Jeff Gretz
(batterie)

TRACKLIST

1)Cancer Eater
2)Physician Heal Thyself
3)Everything You Love Will Soon Fly Away
4)It's Hard Not to Shake with a Gun in Your Mouth
5)Kingdom of Thieves
6)Killing Time 'Til It's Time to Die
7)There Is No Such Thing as Paranoia
8)Pudgy Young Blondes with Lobotomy Eyes
9)My Love, My Love (We've Come Back from the Dead)
10)American Sheets on the Deathbed
11)A Last Time for Everything

DISCOGRAPHIE


Zao - The Fear Is What Keeps Us Here
(2006) - postcore - Label : Ferret Records



Le postcore est un genre déstructuré et ambitieux qui vit en ce moment une nouvelle jeunesse, car aux fondateurs que sont Neurosis, Isis et Cult Of Luna viennent s'ajouter une floppée de nouveaux groupes bien décidés à exprimer leur folie à leur manière. Eden Maine, Burst et Johnny Truant incarnaient déjà chacun une face de ce postcore nouveau, et Zao vient ajouter sa touche personnelle avec The Fear Is What Keeps Us Here torturé, virtuose et contrasté comme il se doit. Si vous n'avez jamais entendu parler de ce genre, vous avez une raison de plus de lire cette chronique…

Difficile à décrire, le postcore est pourtant immédiatement reconnaissable. La dissonance, la rythmique systématique brisée des riffs et un chant "vomi" aux frontières du hardcore et du true black en sont les principales caractéristiques, auxquelles vient s'ajouter un sens aigu de la mélodie incarné par ces breaks calmes imprévisibles qui cassent encore plus la dynamique d'une musique déjà basée sur la rupture. Zao possède tout cela, et commence son album par de très jolis arpèges mélancoliques avant d'infliger à l'auditeur une déferlante subite de violence renforcée par une production traditionnelle du genre, à savoir très sale et bruitiste tout en étant incroyablement précise. Paradoxe ? Non, car si ce CD semble inaudible sur un poste cheap ou une chaîne mal réglée il suffit de l'écouter au casque pour se rendre compte de la richesse et de la complexité du son.

Si vous accrochez directement sur cet album c'est que vous êtes doté d'un sens musical particulièrement ouvert, car la musique de Zao possède une tendance certaine à dérouter voire agresser sans ménagement l'auditeur. Les riffs anti-harmoniques semblent ne jamais retomber sur leurs pattes, de la batterie en break quasi-permanent, de la basse métallique et grasse, des chansons qui ne présentent rien qui ressemble à un couplet ou un refrain digne de ce nom… Vous l'aurez compris, c'est de prime abord assez indigeste. Mais une ou deux écoutes attentives permettent de percer le secret : Zao est un groupe vraiment talentueux et sa mixture corrosive finit par forcer le respect.

Il évite le risque principal lié au postcore (la dispersion) en variant énormément son propos à l'échelle de l'album mais en préservant à la plupart des titres une identité propre sans tomber dans la surenchère. Le feeling à la fois death technique, black 'n roll et nu-metal de "It's Hard Not To Shake With A Gun In Your Mouth" est exemplaire, cette mixture improbable se soudant autour d'un break mélodique pop cristallin ensuite repris en puissance avec un toucher qui rappelle Eden Maine. Le titre "Pudgy Young Blondes With Lobotomy" avec ses déferlantes de double-pédale, ses plans thrashcore et son break d'arpèges qui lance un passage doom est assez éloigné des blast-beats et du power-metal Panterien de "American Sheets On The Deathbed". Et pourtant tout ça se tient très bien, et chaque chanson sonne indéniablement comme du Zao. Pas mal !


Cet album est donc une très bonne surprise, mais une surprise planquée sous une bonne épaisseur d'emballage repoussant de prime abord. Il faut le laisser vous imprégner en plusieurs fois, et passer par-dessus le rejet initial pour percevoir une richesse insoupçonnée. Les influences de Zao transparaissent encore un peu trop mais la proportion de déchets est finalement assez faible, car le groupe a eu l'intelligence de se cantonner à des titres courts pour éviter la lassitude… Ceci n'empêchant pas l'album de tourner parfois un peu en rond car il privilégie très nettement la puissance aux incursions de la mélodie. Zao mérite en tout cas parfaitement sa place dans la poule des groupes de postcore modernes les plus prometteurs, et The Fear Is What Keeps Us Here promet des lendemains qui chantent. Gardons-les à l'œil…


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