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CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 22 octobre 2012
Sa note : 17/20

LINE UP

-Jacob Bannon
(chant)

-Kurt Ballou
(guitare)

-Nate Newton
(basse)

-Ben Koller
(batterie)

TRACKLIST

1) Aimless Arrow
2) Trespasses
3) Tender Abuse
4) Sadness Comes Home
5) Empty on the Inside
6) Sparrow's Fall
7) Glacial Pace
8) Vicious Muse
9) Veins and Veils
10) Coral Blue
11) Shame in the Way
12) Precipice
13) All We Love We Leave Behind
14) Predatory Glow

DISCOGRAPHIE


Converge - All We Love We Leave Behind
(2012) - hardcore punk chaotique Converge-core - Label : Deathwish Records



Converge. Ce simple nom, si vous avez déjà écouté du hardcore dans votre vie, vous touche forcément. Converge, c'est la crème de la crème, la folie et la violence comme forme d'art. La crasse, la haine, mais pas seulement. Un groupe à la technique fabuleuse, au hurleur ultra-charismatique et à la discographie d'une cohérence magnifique, jalonnée de chefs d’œuvre ayant marqué le genre plus que tout (totalement au hasard, Jane Doe par exemple ?) et ayant toujours maintenu un très haut niveau de qualité et d'exigence. Bref Converge c'est le boss, le kraken, le triple-whooper-bacon-fromage, l'indépassable parrain, t'entends ? Et ils reviennent, bénis soient-ils, avec un album encore une fois de très haute tenue.

Au-delà d'un activisme musical et artistique forcené (le label Deathwish Records de Jacob Bannon, également artiste illustrateur de grand talent et responsable de toutes les magnifiques pochettes du groupe, les nombreuses productions en acier trempé de Kurt Ballou, les side projects de grande qualité tels le Doomriders de Nate Newton, etc.) et d'une folie furieuse en concert qui n'est absolument pas qu'une simple légende, Converge représente LA définition moderne du hardcore chaotique. On peut même dire que Converge fait du Converge-core, à savoir un alliage aussi fou que totalement maitrisé entre punk, hardcore, mathcore, screamo, etc, bref un amalgame de tous les genres les plus sombres et désespérés que l'on peut imaginer, et ce depuis plus de vingt ans, le tout sans jamais perdre la foi. On ne peut que respecter l'immense chemin parcouru par la bande à Bannon (à ne pas confondre avec la bande à Baader). Oui, tout cela n'est pas une chronique, c'est un hommage, mais quand on voit le manque de notoriété dont peut parfois souffrir ce groupe souvent jugé à la hâte comme le vilain petit canard barré du hardcore, cela ne semble pas inutile. Bref, en cette fin d'année 2012, Converge sortait son dixième album studio, All We Love We Leave Behind, et le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils ne se sont, une nouvelle fois, pas loupés. Premier constat assez hallucinant : la mélodie, qu'on commençait timidement à apercevoir sur You Fail Me, No Heroes et Axe To Fall, est plus que jamais de la partie, et même de plus en plus prégnante. C'est flagrant sur deux des plus grosses réussites de l'album, les fabuleuses "Aimless Arrow" et "All We Love We Leave Behind", chanson titre en forme de synthèse parfaite de tout ce que Converge est capable d'insuffler comme émotions extrêmes dans ses compositions. Un album toujours aussi nerveux, mais plus à fleur de peau que par le passé, clairement, et cela se ressent dans la voix de Bannon.
Plus uniquement faite d'agression frontale, elle commence à se parer d'atours plus mélodiques tirant presque, on dit bien presque (on parle tout de même de Converge), vers la voix claire type screamo à la Defeater ou Touché Amoré par moments. On sent que le bonhomme a encore à progresser dans ce « champ de chant » assez nouveau, mais très excitant pour l'auditeur car rendant les écoutes de l'album moins exigeantes que par le passé, quand Bannon hurlait à en perdre la voix sur tous les morceaux avec son timbre si abrasif et dérangeant (à la Envy quoi). Second constat : Converge n'a pas perdu son mode privilégié de composition, à savoir des tracks soit complètement malades de violence et de technique (rho mais ce Ben Koller tout de même, quel foutu batteur, toujours aussi incroyable) comme sur les ultra-violentes "Tender Abuse" ou "Sparrow's Fall", soit des pistes beaucoup plus lourdes et tirant vers le post-métal, généralement assez malsaines, et surtout très ambiancées ("Empty On The Inside", "Coral Blue", grosse réussite), soit encore, et c'est en général là que Converge atteint sa puissance maximale, de parfaites synthèses de ces deux éléments fondamentaux (hystérie et lourdeur), avec bien souvent la mélodie en plus : les deux tubes "Aimless Arrow" et "All We Love...", ou encore l'excellente "Sadness Comes Home" en sont le parfait exemple. Un mot enfin sur le design, encore une fois somptueux, comme bien souvent quand Jacob Bannon s'attaque à un  projet (comment oublier la merveilleuse pochette de Jane Doe, une des images les plus marquantes du genre), et sur la prod', parfaite, typique du groupe et parfaite pour le genre, dont on ne doute pas qu'elle est évidemment l’œuvre de Kurt Ballou. Converge est une entreprise familiale, chacun met la main à la pâte car l'énorme paquet de talent personnel de chaque membre le permet sans problème, et ce depuis plus d'un quart de siècle. Encore une fois, respect, et bravo les mecs. Que dire de plus ? Converge est un groupe mûr depuis longtemps, une bande de mecs matures, en roue libre et ne se refusant plus rien en termes de composition.


Avec un line up d'une stabilité presque sans égal, on sent un groupe totalement sûr de ses forces et qui s'est avant tout fait plaisir sur cet album. Une belle synthèse de tout ce dont est capable Converge, mais pas que, puisque cet opus héberge rien de moins que certaines des toutes meilleures compos du groupe. Et ça, après 10 albums, je ne sais combien de splits, d'EP et de maxis, c'est juste incroyable. Bref, le genre de groupe dont le nom continue de rimer et rimera toujours avec les mots « qualité » et « intégrité », le genre de groupe qui ne lâche pas le morceau, et auquel il est primordial de continuer à apporter un important soutien, car qu'on ne s'y trompe pas, cela fait déjà un moment que Converge fait partie des gardiens du temple, et vu l'album génial qu'ils viennent encore de sortir, ce n'est pas prêt de changer.


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