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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 21 octobre 2012
Sa note : 12/20

LINE UP

-Elvyne Lorient
(chant)

-Régis Morin
(guitare)

-Vynce Leff
(guitare)

-Marc Ruhlmann
(claviers)

-Xavier Corrientes
(basse)

-Nico Chaumeaux
(batterie)


TRACKLIST

1) The Lighthouse
2) Dancing With Lucifer
3) Cassandra's Mirror
4) On the Road to Babylon
5) Paper Princess
6) The Spider
7) The Wolves
8) Venom and Frustration
9) Lonely Roads
10) The Foreseer
11) Cathedral of the Damned

DISCOGRAPHIE


Whyzdom - Blind?
(2012) - metal symphonique - Label : Scarlet Records



Quand on parle de metal symphonique de l'Hexagone, l'un des groupes qui fait sensation, c'est bien sûr Whyzdom. Cette formation a dépassé le cadre des inconnus en seulement un seul brûlot, From the Brink of Infinity, prometteur mais, pourtant, ne manquant pas non plus de défauts. De l'eau a coulé sous les ponts, et un poste a changé, c'est la voix : de Telya, nous sommes passés à une brève année avec Clémentine Delauney (aujourd'hui chanteuse du groupe autrichien Serenity), puis une nouvelle venue, la jeune Elvyne Lorient. Assez d’événements qui retiennent l'attention et, notamment, celui du label italien Scarlet Records, qui signe leur deuxième méfait : Blind ?

Et pourtant, Ô grand malheur, les choses ne commencent pas si bien que ça. Pour ainsi dire, des craintes surviennent dès la première piste du brûlot. Autant commencer par les défauts pour mettre les choses au clair. "The Lighthouse" n'est pas un bon titre, tout simplement car le son de gratte, pour commencer, y est dégueulasse, avec une dissonance très mal venue. Puis vient le refrain, trop plat, manquant réellement de saveur, sans parler du titre qui tourne un peu en rond. Si cette piste est dans le bas du panier, elle ne sera pas seule : elle sera accompagnée par "Paper Princess" qui n'éveille pas l'intérêt escompté (toujours cette même platitude et sa longueur exagérée), et "The Foreseer" n'échappe pas non plus à cette cruelle règle. Les mauvais moments passent vite à la trappe, une bonne raison d'oublier ces titres ci-dessus le plus vite possible.
Ceci dit, le son de Whyzdom est reconnaissable dès le premier abord. Le mélange des influences progressives avec les chœurs si caractéristiques font qu'on identifie la formation assez rapidement, lui permettant de se démarquer un peu du lot sur ce point-là. On parlait d'inspirations prog', cela explique une bonne partie des structures, qui ne sont pas alambiquées, mais suffisamment complexes pour éviter la redondance et la simplicité. Parfois, c'en est même excessif, preuve en est avec "Cathedral of the Damned" et ses onze minutes. Se voulant la pièce maîtresse de Blind?, le titre gagnerait pourtant à être amputé de quelques minutes, se vautrant trop dans des longueurs qui n'aident définitivement pas à maintenir l'attention. Celle-ci se relâche un peu trop souvent dans des pistes qui manquent cruellement de simplicité. Pour preuve : aucun morceau n'ira chercher sous les 5 minutes. Ce qui, à la longue, finit par lasser.
Mais il y a aussi un lot de bons titres, et, bizarrement, ce sont soit ceux qui développent le plus d'ambiances, soit les plus heavy qui se démarquent. Et trois répondent au cahier des charges du titre complexe mais prenant. Le premier, c'est l'imparable "Cassandra's Mirror" et ses notes celtiques du plus bel effet, soutenu par un refrain habité où la prestation d'Elvyne est plus appréciable que jamais. La seconde, c'est "The Spider" où quelques vocalises orientales aident à pénétrer dans l'ambiance. Pour ainsi dire, à se faire coller dans la toile d'araignée pour espérer ne plus en sortir. Voilà deux morceaux bien efficaces ! La troisième, c'est "Dancing With Lucifer", qui démarre en trombe, aux orchestrations puissantes et prenantes, et toujours un chant qui rehausse le tout. Ces titres-là sont les plus meilleurs de l'opus, car décidément plus inspirés, et se jouant de leur durée.
On parle de cette chanteuse, mais qui est la blonde Elvyne ? Cette demoiselle, toute nouvelle dans le combo, s'en sort plutôt bien ! Mais une chose est à revoir chez cette jeune Française : son accent anglais, tout bêtement à couper au couteau et donnant un côté franchouillard assez désagréable. Devoir se concentrer pour comprendre ce que baragouine la belle est, de temps en temps, un peu pénible, et l'articulation semble forcée. Pourtant, elle chante bien, voire très bien, mais des efforts doivent être fait dans la prononciation de la langue de Shakespeare. Elle est capable de s'adapter aux différentes teintes des titres, et c'est certainement sa plus grande force : son côté caméléon. Séductrice, redoutable ou innocente, elle sait varier ses tonalités là où son timbre aurait pu révéler de la linéarité. Au final, elle devient une qualité de Blind ?, là où l'épreuve aurait pu être périlleuse.


Que penser de Blind ?, finalement ? Qu'il s'agit, sans aucun doute, d'un album plus que correct. Et même si, dans le metal symphonique français, il existe des efforts plus professionnels et inventifs (les excellents Asylum Pyre en sont le porte-étendard), il est fort à parier qu'une fois les défauts réglés chez les Parisiens de Whyzdom, de bonnes choses peuvent être accomplies. Cette galette est encore un peu trop empêtrée dans ses points noirs, mais peut aussi être la promesse d'un bien meilleur album au prochain essai. Patience, donc. Qui sait ce que Whyzdom peut nous réserver...


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